Archives
6 juillet 2015

Le haut plateau à vélo

De Saignelégier à La Chaux-de-Fonds, en passant par l’étang de la Gruère et le Mont-Soleil: une balade à vélo comme on les aime, avec de jolis paysages et sans trop de voitures.

Au milieu d’un paysage bucolique, seize éoliennes se dressent au sommet du 
Mont-Crosin.
Au milieu d’un paysage bucolique, seize éoliennes se dressent au sommet du Mont-Crosin.

Vaches et chevaux tournent paresseusement la tête au passage du tortillard rouge vif des Chemins de fer du Jura qui traverse le haut plateau des Franches-Montagnes. Dans le wagon, des Vaudois en goguette en sont déjà à l’heure de l’apéro. Quarante minutes après être partis de La Chaux-de-Fonds (NE), nous voilà à Saignelégier (JU), point de départ de cette balade à vélo.

Un air tonifiant saisit les voyageurs. Le baromètre est sur beau, pas le thermomètre. Du moins, pas encore. En selle! Nous suivons les flèches bordeaux de l’itinéraire no 7 de la Route du Jura (lire ci-contre). Après quelques tours de roue sur la voie principale, nous bifurquons à gauche pour rouler sur une route vicinale. Le gazouillis des oiseaux remplace agréablement le bruit des autos.

Après une petite grimpette, la première de la journée, nous apercevons le Centre Nature Les Cerlatez, un lieu de sensibilisation et d’éducation à l’environnement qui propose diverses animations. On peut aussi y voir une exposition (l’actuelle s’intitule «Les rois de la mare» et est consacrée aux amphibiens de notre pays). Nous, nous poursuivons notre chemin…

Un petit coin de paradis qui vaut le détour

Une piste cyclable, parallèle à la route cantonale, conduit à l’étang de la Gruère, première étape marquante de ce parcours. Ce site marécageux d’importance nationale vaut vraiment le détour. Nous quittons donc nos montures – réserve naturelle oblige – pour aller à la découverte de ce haut-marais aux allures nordiques. Et nous ne sommes pas déçus tant l’atmosphère qui se dégage de cet endroit s’avère magique!

A regret, nous tournons le dos à ce coin de paradis pour emprunter une route agricole apparemment sans charme. Apparemment seulement, car en réalité elle est cernée de vastes et beaux champs colorés (jaune pour les renoncules et rouge pour l’oseille sauvage). A cause de la météo chagrine de ce printemps, les paysans n’ont pas pu faucher les herbes folles aussi prestement que souhaité.

Pied à terre aux Breuleux. Fourbus? Non, plutôt un peu perdus. La faute à notre distraction ou alors à une lacune de la signalisation. Qu’importe, c’est l’occasion de tester cette amabilité jurassienne tellement vantée. En parfait ambassadeur de son canton, le premier passant hélé s’arrête et prend le temps de nous expliquer qu’il faut tourner nos guidons, direction Cerneux-Veusil.

Ça chauffe dans les mollets!

Juste avant la sortie du village où nous avons perdu nos repères, revoici les fameux indicateurs bordeaux. Sauvés! Face au vent, nous pédalons alors comme des forcenés pour avaler une poignée de kilomètres de bitume qui coupent, presque en ligne droite, des pâturages boisés envahis le week-end par des centaines d’amateurs de pique-nique.

Une encablure après le hameau de Cerneux-Veusil, nous prenons à gauche. Là, une jolie montée – 240 m de dénivelé sur 4 kilomètres – nous attend. Petit plateau. Nous n’avons pas tous des fortifiants dans la gourde comme Lance Armstrong. Ni son physique d’athlète d’ailleurs. Le photographe sourit durant l’ascension. Facile quand on bénéficie d’une assistance électrique!

Halte bien méritée à la buvette-resto des Sorbiers sur le Mont-Soleil à 1180 mètres d’altitude.
Halte bien méritée à la buvette-resto des Sorbiers sur le Mont-Soleil à 1180 mètres d’altitude.

Un peu flapis – surtout votre serviteur évidemment –, nous passons au ralenti à l’ombre de l’une des seize éoliennes qui hérissent le Mont-Crosin. Encore deux ou trois coups de pédale et nous arrivons à la centrale solaire de Mont-Soleil. Pas de doute, nous sommes au cœur de cette zone verte que les acteurs touristiques de la région ont baptisée «Espace découverte énergie» (lire encadré).

Un paysage bucolique, composé de fermes, de prairies fleuries et de bouquets d’arbustes, défile ensuite sous nos yeux ébahis. Il en sera ainsi tout au long de ce dernier tronçon plus charmant que spectaculaire. Les premières tours de La Chaux-de-Fonds – ville à la campagne selon un slogan en vogue autrefois – se profilent à l’horizon. La balade s’achève et nos mollets en sont reconnaissants.

Texte © Migros Magazine – Alain Portner

Auteur: Alain Portner

Photographe: Laurent de Senarclens