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20 juin 2016

Un incroyable jongleur de notes

Jean Duperrex, compositeur et musicien lausannois, sait jouer de tous les instruments, même des plus improbables: balai-flûte traversière, entonnoir-trompette, etc. Mais il a aussi bien d’autres talents.

Jean Duperrex en train de jouer d'un instrument insolite
10 h 00: le moment musical de Jean Duperrex, qui a le goût de tout!

Jouer de la flûte sur une carotte? C’est facile, pour Jean Duperrex. Tout comme transformer un tuyau de douche en cor de chasse.

Mais tout ne peut pas servir d’instrument: il faut que l’objet ait une certaine résonance,

explique l’imaginatif compositeur et musicien lausannois. Ainsi, une fraise – «sauf si on fait craquer ses grains sous la dent» – ou un flan caramel ne lui seront jamais utiles…

Avec ses trois cents instruments – «il me manque encore une cornemuse espagnole» –, ce génie de l’impro repousse les limites de la créativité musicale depuis près de trente ans.

En solo, en duo avec son compère Alexandre Cellier (Bricomic) ou en trio avec ses filles Alice et Sophie, il chante, danse, joue, bruite, fait le clown et fascine son public.

Mais la musique n’est pas son seul dada. Il y a aussi le dessin – perfectionné lors de son apprentissage –, la chimie et les sciences – il a une licence universitaire en biologie – et, surtout, l’enseignement et le partage de ses connaissances.

Preuve en est son fabuleux site internet: présentations d’instruments, cours de sciences – «comme ça, quand un élève rate un cours, il peut rattraper chez lui» –, photos, sons, dessins, il fait tout lui-même. Tout en bouillonnant de projets, et en continuant de porter un regard émerveillé sur tout ce qui l’entoure:

Qu’est-ce que c’est, là? Un scarabée? Trop beau, je vais vite le photographier!»

Une journée avec Jean Duperrex

Jean Duperrex en train d'écarter les roseaux de son biotope.
Jean Duperrex tient à son rite matinal.

8 h 00: instants suspendus
«Je tiens beaucoup à un rituel matinal, qui consiste à aller méditer près de mon biotope. Je fais pousser différentes plantes, que j’utilise régulièrement pour illustrer les cours de science que je donne au Collège de Béthusy, à Lausanne.»

10 h 00: musique à tout va
«Durant la matinée, il y a toujours un moment musical. Il faut dire qu’avec trois cents instruments à entretenir, il y a de quoi faire! Alors j’en teste certains, en nettoie d’autres. Et je me mets aussi au piano tous les jours pour composer.»

Jean Duperrex et sa fille en train de jouer de la musique ensemble
Chez les Duperrex. la musique est aussi une affaire de famille!

15 h 00: répétition en famille
«Ma fille Sophie me rejoint pour répéter un morceau au balafon, un grand xylophone africain. Avec Alice au saxophone, nous aurons bientôt un concert de notre Family Trio.»

Jean Duperrex en train de dessiner.
Jean Duperrex réalise ses dessins explicatifs lui-même.

16 h 00: la passion de l’enseignement
«Cette année, je ne donne que des cours de sciences. C’est moi qui réalise les dessins explicatifs, les esquisses d’écorchés. C’est drôle: j’ai suivi un apprentissage de dessinateur, mais je mets dorénavant cette compétence en pratique uniquement pour mes cours.»

Jean Duperrex dans son labo de chimie
Jean Duperrex a un faible pour les expériences en chimie.

18 h 00: chimie en folie
«Mon petit plaisir, c’est de descendre de temps en temps dans ma cave pour mettre au point des expériences amusantes aux degrés de dangerosité différents. Elles me sont utiles les années où j’enseigne la chimie. L’idée, c’est qu’elles soient colorées, fumantes ou explosives, de manière à ce que les élèves aient autant de plaisir que moi à les découvrir.»

Jean Duperrex devant son ordinateur.
Le site de Jean Duperrex est une mine d'informations.

22 h 00: le plaisir du partage
«Je passe beaucoup de temps sur mon site, à ajouter des informations sur les instruments, glisser des vidéos ou enrichir mes cours. Cela représente des milliers et des milliers d’heures de travail! Mais beaucoup de gens et surtout, étonnamment, des femmes nord-africaines, m’écrivent pour me remercier. Je suis heureux de pouvoir leur être utile.»

Texte: © Migros Magazine | Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: François Wavre/lundi13