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3 janvier 2017

Un pilote chevronné

Beat Gerig est l’un des 3000 conducteurs de trains des CFF. Il est aujourd’hui aux commandes de l’ICN qui relie Zurich à Lugano via le tunnel de base du Saint-Gothard, long de 57 kilomètres.

Beat Gerig dans la cabine de la locomotive
Beat Gerig est maître à bord.

Plus de trente années au compteur. Beat Gerig, 53 ans, pilote les locomotives CFF depuis l’âge de 22 ans, après avoir réalisé auparavant un apprentissage de dessinateur en machines. «Mon père travaillait déjà aux CFF, raconte le Zurichois.

Il n’avait pas de voiture et toute la famille se déplaçait donc en train pour les loisirs. C’est probablement lui qui m’a transmis le virus!»

Et cette tradition familiale pourrait atteindre la troisième génération: le fils aîné de Beat suit une formation d’ingénieur en transport.

Si, au début de sa carrière, l’habitant de Bonstetten (ZH) conduisait aussi des convois de marchandises, depuis seize ans il ne pilote plus que les trains de passagers, avec une répartition égale entre RER et Intercity.

Le stress est à son comble quand on commande un RER aux heures de pointe, avec une cadence très élevée de trains et de nombreux passagers en gare,

explique-t-il. Mais les trains longue distance demandent aussi une grande attention tout au long du trajet.» C’est ainsi le cas pour le tunnel de base du Saint-Gothard, où le train file à 200 km/h. Beat Gerig reste très attaché aux tronçons plus techniques:

C’est toujours un plaisir de suivre un tracé historique ou des parcours sinueux, comme entre Bienne et Neuchâtel.»

Une journée avec Beat Gerig

Beat Gerig devant la locomotive, qui a les phares allumés.
Avant de partir, Beat Gerig vérifie les phares de sa locomotive.

8 h 00: derniers contrôles
«Environ vingt-cinq minutes avant le départ du train, j’arrive déjà sur place. Je contrôle le fonctionnement des phares de la locomotive, je monte à bord et j’attends le feu vert de la gare de Zurich pour le départ de l’ICN à destination de Lugano. Ma journée de travail a déjà débuté à 5 heures, en pilotant un train RER aller-retour entre Zurich HB et Rapperswil (SG).»

Entrée du tunnel de base du Saint-Gothard.
Le tunnel de base du Saint-Gothard.est encore tout neuf!

9 h 00: fraîchement inauguré
«Après environ une heure de trajet, nous entrons dans le tunnel de base du Saint-Gothard. Je connais bien le trajet parce que certains trains voyageurs étaient déjà déviés par la nouvelle galerie ces derniers mois, durant une dernière phase de tests.»

10 h 00: dans le «cockpit»
«Par mesure de sécurité, la porte de la cabine de pilotage doit rester verrouillée en tout temps, j’ai donc peu de contacts avec les voyageurs. Il est rare qu’un passager ait l’occasion de me remercier. Mais quand cela arrive, ça me fait toujours très plaisir.»

Beat Gerig en train de profiter du soleil sur un banc.
Si l'horaire le permet, Beat Gerig s'octroye volontiers une pause une fois arrivé à destination.

11 h 00: un goût de dolce vita
«Si ma pause à Lugano dépasse les soixante minutes, j’ai l’habitude de descendre à pied au centre-ville pour me balader. Ça, c’est le bon côté du métier!»

Vue sur le compteur du tableau de bord.
La maîtrise de la vitesse est primoridiale.

13 h 00: outil de travail
«De tous les boutons et écrans qui figurent dans la cabine de pilotage, c’est le compteur de vitesse qui est ma principale préoccupation. Dans une locomotive, il n’y a pas de volant; ma tâche est d’adapter à tout moment la vitesse du convoi à celle prévue sur chaque tronçon.»

Les nombreuses voies de la gare de Zurich.
la gare de Zurich compte de nombreuses voies.

15 h 00: retour au point de départ
«D’ordinaire, je bavarde avec le pilote qui prend le relais. Mais à Zurich, la gare est en cul-de-sac et mon collègue monte donc à bord à l’autre bout du quai, à 370 m. Si un problème devait être signalé, je lui passerais un coup de fil. Mais aujourd’hui tout s’est bien déroulé, nous sommes arrivés pile à l’heure. Défaut professionnel oblige, la ponctualité fait partie aussi bien de ma vie professionnelle que de ma vie privée…»

Texte: © Migros Magazine / Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Marvin Zilm