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27 février 2017

Un surdoué de la vitesse

Lucas Légeret n’a que 15 ans et demi, mais il pilote déjà des bolides atteignant les 290 km/h. Le 19 mars prochain, le Vaudois participera à sa première course en championnat LMP3 sur le circuit de Catalogne à Barcelone.

Lucas Légeret  et un drone
Construire des drones est l'autre passion de Lucas Légeret.

Lucas est un peu inquiet. A 15 ans et demi, il mesure 1 m 89 et les médecins prédisent qu’il atteindra au maximum 1 m 93. Ouf, car un pilote de course aussi grand, c’est du jamais-vu. «Normalement, je ne devrais plus trop grandir», énonce-t-il attablé devant un jus d’orange au sortir des cours.

Le cheveu blond baltique en bataille, le jeune Vaudois de Vuibroye affiche des airs d’ado de son âge, mais les apparences sont trompeuses: Lucas Légeret a beau ne pas avoir de permis de conduire, cela ne l’empêche pas de piloter des bolides qui atteignent les 290 km/h.

Depuis le début de l’année, ce surdoué du volant compte parmi les plus jeunes pilotes de LMP3, les voitures utilisées lors des Vingt-Quatre Heures du Mans. Après une carrière dans le karting démarrée en trombe à 4 ans qui l’a mené au niveau international, il vient en effet d’intégrer le Team du Français Gilles Duqueine et s’entraîne désormais sur le prestigieux circuit de Catalogne, à Barcelone.

Le 19 mars prochain, il participera à sa première course dans le cadre du championnat V de V. Entre l’école, les drones qu’il construit lui-même et les entraînements, ce jeune multitalentueux n’a pas le temps de souffler: «Je suis accro à l’adrénaline!»

Une journéee avec Lucas Légeret

Lucas Légeret attabé.
Pour prendre du poids, Lucas Légeret enrichit son petit-déjeuner d'un milkshake protéiné.

8 h 00: petit-déj’ de champion «Chaque matin, c’est le même rituel: je mange deux œufs au plat avec du bacon. Mais ces dernières semaines, j’ai ajouté un milkshake protéiné, car je dois prendre du poids pour gagner en masse musculaire. Dans la famille, nous sommes tous très minces, c’est génétique.»

Lucas Légeret en train de lire Formulaires et tables›
Lucas Légeret souhaite devenir ingénieur.

10 h 00: la bosse des maths «Plus tard, j’aimerais devenir ingénieur en robotique. J’aime les sciences: la physique, les maths, la chimie… Construire, programmer, tout ça me passionne. Dès que je peux, je potasse mon livre ‹Formulaires et tables›, car c’est essentiel si je veux pouvoir réussir à l’EPFL.»

Lucas Légeret embarqué sur le circuit.
Lucas Légeret est prêt à aller loin (photo: DR/Légeret)!

14 h 00: la tête en Espagne «J’ai découvert le circuit de Catalogne il y a trois semaines et je suis impatient d’y faire ma première course du championnat. Si j’ai peur? Pas vraiment, j’adore l’ambiance de la course. Quand je suis sur un circuit, c’est comme si j’étais à la maison. J’ai surtout le trac quant aux résultats: notre Team est censé arriver en haut du classement et j’espère que nous y parviendrons.»

Lucas Légeret et un drone.
Lucas Légeret est aussi passionné par les drones et en construit lui-même.

17 h 00: Attention, objet volant «J’ai reçu cet hélicoptère en kit à 12 ans. Il m’a fallu une semaine pour l’assembler et une demi-journée pour le programmer par ordinateur. J’adore souder, comprendre la mécanique et l’électronique. Depuis, j’ai aussi construit deux petits drones. C’est mon autre passion.»

Lucas Légeret devant son ordinateur.
Lucas Légeret étudie tous les détails d'un circuit avant de s'y lancer.

18 h 00: repérage «Je viens de recevoir les données de l’entraînement de demain. Les étudier est essentiel pour appréhender le circuit. On y trouve des informations sur les courbes, les trajectoires, la vitesse et l’on répète l’exercice avant et après chaque course.»

Lucas Légeret en train de faire sa valise.
Attention à ne rien oublier!

20 h 00: dans ma valise «Avant de partir, je contrôle tout. Une valise de pilote contient bien évidement une combinaison, un collant et un sous-pull qui sont tous ignifugés. Il vaut mieux ne pas oublier ses gants ni ses écouteurs si l’on veut recevoir les infos de l’équipe durant la course.»

Texte: Migros Magazine / Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey

Photographe: Dom Smaz