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26 janvier 2015

Un t-shirt sous l’anorak

Avec Isabelle Kottelat, le t-shirt se porte en toute saison, et loin de filer du mauvais coton, il s'est même fait un nom respectable au Canada.

Croquis d'un homme portant un t-shirt orné d'une grande lettre T sur le devant
Le gaminet, un bien joli mot pour désigner un t-shirt.

«Il fait un peu froid pour rester en gaminet!» C’est mignon, non? C’est l’autre nom amusant et très français du t-shirt. Il a justement été inventé à Paris, en 1974, par Jacques Cellard, pour contrer l’anglais à toutes les sauces. Mais ici la sauce n’a pas pris. C’est au Québec que l’appellation s’est répandue et continue d’être utilisée.

Nous, pauvre peuple anglicisé à l’insu de notre plein gré, nous continuons d’appeler t-shirt ce maillot de corps en forme de T, ce vêtement du dessous qu’on a commencé à mettre dessus grâce aux soldats américains de la Navy qui eux-mêmes l’auraient piqué à leurs confrères de la très britannique Royal Navy.

Ou alors, selon une autre version, ces G.I. auraient trouvé très à leur goût ces vêtements légers portés par les travailleurs locaux qu’ils ont découverts lors de leur débarquement en Europe lors de la Première Guerre mondiale.

Quoi qu’il en soit, c’est bien avec les Américains que le t-shirt a pris des couleurs, de la classe, de la popularité. Grâce à des Clark Gable, dans les années 1930, puis des Marlon Brando et des James Dean. Le décontracté tendance! Au départ, il se porte moulant, puis au fur et à mesure qu’il habille Monsieur et Madame Tout-le-monde, il se fait très ample et beaucoup moins chic avec une floraison de logos.

C’est parce qu’il a commencé à gratter qu’on l’a éloigné du corps… Eh oui: contrairement à ceux d’aujourd’hui, les premiers t-shirt étaient cousus sans couture sur les côtés comme un fourreau de tissu.

Bon, pour éviter de commencer la nouvelle année avec un rhume, passez donc par-dessus un anorak. Non, ce n’est pas ringard, c’est inuit. Parce que comme le peuple du Grand Nord le dit, ça coupe le vent, littéralement «anoré» dans leur langue.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck