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2 juillet 2012

Un vélo qui donne des ailes

Avec les bicyclettes électriques de la marque Stromer, il devient facile de se passer de voiture. Ces e-bikes, assemblés dans le village bernois de Thörishaus, sont disponibles dans les magasins M-way.

Homme assis sur un vélo électrique
Des e-bikes high-tech dans un cadre bucolique: le chef de produit Dominic Isenschmid pose devant 
la ferme où le premier Stromer a été conçu.

Lorsque Dominic Isenschmid accueille un visiteur à la gare de Thörishaus (BE), il n’hésite pas à apporter un vélo électrique à son intention. L’hôte est alors invité à faire une petite course d’essai sur le chemin qui mène à la manufacture Stromer. A 28 ans, le chef de produit de la célèbre marque bernoise ne doute pas une seconde des avantages de ses e-bikes.

En effet, ces engins procurent la sensation de rouler en apesanteur. Quiconque est habitué à une bicyclette ordinaire se sent tout à coup doté des pouvoirs d’un héros de bande dessinée: à chaque coup de pédale, sa propre force est multipliée comme par magie. Les accélérations se font sans effort et les côtes sont gravies sans que l’on verse la moindre goutte de sueur.

Un vélo pensé dès sa conception comme un e-bike

Le principe est le même pour tous les e-bikes. Un moteur électrique assiste le cycliste et, de temps à autre, la batterie doit être rechargée sur une prise secteur. Avec un Stromer, cette opération dure environ trois heures. Selon le style de conduite, l’accu permet de couvrir une distance de 30 à 90 kilomètres.

Ce qui distingue, à dire vrai, le Stromer, c’est son design. «De nombreux e-bikes sont des vélos normaux que le fabricant a équipés après coup d’une traction électrique, explique le jeune homme. Nous avons par contre dès le début conçu le Stromer comme un modèle électrique.» Ainsi, la batterie est encastrée dans le cadre.

La société Stromer occupe aujourd’hui soixante
collaborateurs.
La société Stromer occupe aujourd’hui soixante
collaborateurs.

Les vélos Stromer sont disponibles entre autres dans les shops M-way, une filiale de Migros. «Cette entreprise est un partenaire idéal, estime Dominic Isenschmid. Les responsables de M-way croient eux aussi à l’avenir de l’électromobilité.»

Dans un magasin M-way, le client peut commander un modèle Stromer correspondant exactement à ses besoins. S’il le souhaite, il pourra par exemple choisir un moteur électrique particulièrement puissant. Une solution idéale s’il compte accrocher à son cycle une remorque pour transporter des enfants ou des achats volumineux. Le Stromer devient alors une alternative pratique à la voiture. «Quand les gens délaissent leur auto au profit d’un vélo électrique ne serait-ce que durant la belle saison, c’est déjà ça de gagné pour l’environnement», considère Dominic Isenschmid.

Même Leonardo DiCaprio roule avec un e-bike Stromer

Le plus éminent admirateur du Stromer est la star américaine Leonardo DiCaprio. L’acteur en a carrément acquis une mini-flotte, ce qui lui permet de proposer des vélos électriques à ses invités. Quant aux chiffres de vente en constante hausse, ils constituent une autre preuve du succès des e-bikes bernois: l’an passé, quelque 8000 Stromer ont trouvé acheteur. Cette année, le nombre de 13 000 sera probablement atteint.

On peine à croire que l’histoire de cet engin high-tech ait débuté dans un cadre aussi bucolique: une ferme lovée entre collines, forêts et pâturages où paissent des moutons. C’est chez ses parents, près du village bernois d’Oberried, que le mécanicien et vendeur de cycles Thomas Binggeli, aujourd’hui âgé de 38 ans, a peu à peu monté son propre atelier de vélos.

Au début, il fabriquait des deux-roues conventionnels. Puis il a conçu le Stromer avec l’aide de son cousin Dominic Isenschmid, ingénieur électricien de formation. Leur e-bike a été lancé en 2009, au moment même où le marché du vélo électrique prenait son essor.

Aujourd’hui, la marque Stromer emploie soixante collaborateurs et appartient à l’entreprise de cycles BMC, dont Thomas Binggeli est devenu le directeur général. La manufacture Stromer a entre-temps déménagé à Thörishaus, un village voisin d’Oberried.

Un coup d’œil dans les ateliers de production montre des jeunes gens fort affairés. Ils assemblent les pièces détachées des e-bikes fabriquées notamment à Taïwan et en Corée du Sud pour le compte de Stromer. C’est à Thörishaus également que les vélos sont équipés du logiciel complexe qui assure une interaction parfaite entre la force musculaire du cycliste et la traction électrique.

Dominic Isenschmid n’est pas peu fier de guider le visiteur à travers la manufacture. Mais au fait, qu’en est-il de sa propre pratique du vélo? «Je possède encore une voiture, concède-t-il. Mais elle n’est plus en état de marche à force de rester immobile. Je ne me déplace plus qu’en Stromer.»

Vianney Bureau devant le magasin M-way de Genève.
Vianney Bureau devant le magasin M-way de Genève.

Un tour de France sans émissions de CO2

Etudiant en stylisme à Paris, Vianney Bureau est en passe de relever un défi pour le moins original: effectuer un tour de France en scooter électrique. Parti le 1er juin de la capitale française, il terminera sa boucle ce lundi après avoir parcouru 3500 kilomètres. La semaine dernière, son périple au guidon de son deux-roues Govecs Go! S2.4, élu meilleur e-scooter européen en 2011, l’a amené à Genève. «Mon but est double, explique le jeune Français. Tout d’abord, je souhaite promouvoir ce type de mobilité et montrer qu’il est possible de traverser un pays avec un scooter électrique. Ensuite, la motivation est personnelle. J’avais envie d’aller à la rencontre des Français.» Parcourant environ cent trente kilomètres par jour, Vianney Bureau a en effet dû convaincre les personnes qu’il croisait sur son chemin de lui offrir une prise électrique afin de pouvoir recharger ses batteries. «Au début méfiants, les gens ont très vite fait preuve d’une grande générosité.» A Genève, l’étudiant n’a eu aucune difficulté à faire le plein de courant vert, puisqu’il s’est rendu dans le magasin M-way, le spécialiste Migros de l’électromobilité et fournisseur des e-scooters Govecs. Peu après, Vianney Bureau s’en est parti – sans faire de bruit – avec son drôle de deux-roues. Parions toutefois que son tour de France fera parler de lui.

Auteur: Michael West

Photographe: Tom Wüthrich