Archives
12 novembre 2012

Une arme contre la pauvreté

Le commerce équitable permet d’améliorer les conditions de vie des habitants de toute une région. C’est pourquoi Migros souhaite encore étoffer son offre d’articles certifiés Max Havelaar.

Un ouvrier agricole porte des bananes sur ses épaules
Production de bananes dans le nord du Pérou: le système Fairtrade garantit aux paysans un prix minimum fixe.

Les producteurs de bananes du nord du Pérou accomplissent un travail éprouvant: au cœur d’une terre ocre et aride, ils cultivent une plante des plus exigeantes. En effet, les bananiers ont sans cesse besoin d’être arrosés et protégés contre les parasites. De plus, les villages de la région sont difficiles d’accès, l’eau salubre manque et les infrastructures médicales sont déficientes.

Pour faire face à cette situation, les cultivateurs sont de plus en plus nombreux à se regrouper en coopératives et à rejoindre le système Fairtrade de la Fondation Max Havelaar (Suisse). Les paysans perçoivent alors un prix minimum garanti pour leur production, ce qui les met à l’abri des aléas du marché mondial.

Une étude sur trois continents: des résultats identiques

En achetant des bananes certifiées Max Havelaar, les clients des supermarchés occidentaux paient un modique supplément qui inclut une prime Fairtrade. Celle-ci est intégralement reversée aux cultivateurs et permet aux coopératives de réaliser leurs propres projets de développement.

Une équipe de l’Université de la Sarre, en Allemagne, s’est penchée sur l’impact de ce commerce équitable et a mené une étude dans quatre pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Les chercheurs ont comparé des coopératives récemment certifiées avec d’autres dont l’adhésion au programme Fairtrade remontait à plusieurs années. «Nous avons recueilli une foule d’informations, explique Sarah Klier, une politologue associée à l’étude. Au total, nous avons mené près de cent trente entretiens individuels et un grand nombre de discussions de groupe avec les paysans. Nous avons également fait remplir quatre mille questionnaires.»

Les conclusions sont toujours les mêmes: les membres des coopératives certifiées de longue date jouissent globalement de conditions de vie nettement supérieures.

Au Pérou, les chercheurs ont interviewé des représentants d’une coopérative de 1200 membres ayant rejoint le système Fairtrade il y a une dizaine d’années. Cette communauté possède aujourd’hui ses propres installations de conditionnement, où les ouvriers nettoient et préparent les bananes pour le transport. Cela apporte une plus-value aux paysans et a permis la création d’emplois. Grâce aux primes Fairtrade, la route a pu être goudronnée, et même les villages reculés demeurent accessibles pendant la saison des pluies.

Une cueilleuse dans une ferme floricole du Kenya. Grâce
à la prime Fairtrade, des bourses d’études sont octroyées aux écoliers des alentours.
Une cueilleuse dans une ferme floricole du Kenya. Grâce
à la prime Fairtrade, des bourses d’études sont octroyées aux écoliers des alentours.

Les chercheurs allemands ont également visité des fermes floricoles près de Nairobi, la capitale du Kenya. Ici aussi, les exploitations certifiées depuis longtemps apportent de nombreux avantages. Les ouvriers portent systématiquement des combinaisons de protection lorsqu’ils manipulent des produits chimiques. Et grâce à la prime Fairtrade, les écoliers doués des alentours reçoivent des bourses d’études, ce qui leur permet d’acheter des livres.

En 1999 déjà, Migros proposait des bananes Bio Max Havelaar

«Le commerce équitable ouvre des perspectives d’avenir et donne de l’espoir aux populations, résume Sarah Klier. Et les effets positifs se répercutent sur l’ensemble de la région.»

Cet état de fait est particulièrement réjouissant pour Migros, qui a misé très tôt sur des articles certifiés Max Havelaar. En 1999, Migros a été la première enseigne de grande distribution suisse à intégrer des bananes Bio Fairtrade dans son assortiment. Et le distributeur ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il prévoit d’élargir encore son offre de produits Max Havelaar (lire encadré). Pour le plus grand bien des cultivateurs du Sud.

Migros promet de mettre l’accent sur le commerce équitable et d’élargir l’assortiment Max Havelaar de 75% d’ici à 2015.

Auteur: Michael West