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30 novembre 2015

Une attachante comédienne

Le mimosa pudique est une plante sensitive et rusée, qui sait tomber dans les pommes sur commande. Un artifice de défense qui vaut bien les épines…

Le mimosa pudique photo
Le mimosa pudique.

Voilà une petite plante bien étrange, mais très attachante. Oui, le mimosa pudique (Mimosa pudica), appelé aussi «la sensitive», est une sorte de curiosité botanique qui, une fois rencontrée, ne s’oublie pas de sitôt. Sous des abords insignifiants, trente centimètres de haut à tout casser pour un feuillage vert fougère, cette herbe à base ligneuse de la famille des fabacées (les haricots) est en fait une plante qui réagit au contact.

Frôlée par le vent, la pluie, une main ou une mâchoire, cette comédienne a la capacité de mimer l’évanouissement: ses feuilles se flétrissent en quelques secondes, rendant la plante beaucoup moins appétissante aux yeux des prédateurs.

Cette stratégie de défense, appelée thigmonastie, est possible grâce à des renflements situés à la base des folioles. Gonflés d’eau, ils se vident à la moindre menace. Les feuilles, et parfois la plante tout entière, se fanent et se replient alors complètement. Avant de reprendre leur tenue, une fois que le danger est passé! Originaire du Brésil, cette vivace s’est très bien acclimatée sous nos latitudes. Pour autant que son pot reste à l’intérieur, – elle n’aime pas les températures en dessous de 10 degrés – que son terreau soit toujours humide, la belle Carioca dansera presque la samba. Et à cause de ses ruses, on se surprend à vouloir la protéger, un peu comme la rose du Petit Prince…

Le mimosa pudique est nyctinastique. Un sacré mot pour signaler que cette plante ferme ses feuilles pendant la nuit. Une façon de se protéger contre les prédateurs nocturnes.

Les Mayas utilisaient ses feuilles en infusion pour leurs vertus relaxantes et antidépressives. On peut aussi faire des décoctions avec ses racines contre le mal de gorge.

Contrairement à son cousin, le mimosa des fleuristes, le pudique n’a pas des fleurs jaune poussin, mais de jolis pompons roses tout ébouriffés.

Texte © Migros Magazine – Patricia Brambilla et Jean-Luc Pasquier

Auteur: Patricia Brambilla et Jean-Luc Pasquier

Illustrations: Bunterhund,