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1 février 2016

Une femme de papier

Sophie Rossier, directrice des Editions Favre et mère de deux enfants, fait partie de ces femmes au quotidien accompli. Une vie en accéléré posée sur la tranche… des livres.

Sophie Rossier au téléphone dans son bureau
Sophie Rossier reçoit entre trois et cinq manuscrits par jour.

On s’en doute. Il y a, en tout éditeur, une passion du livre. De l’objet et des histoires. Et c’est bien ça, cet amour de la couverture brochée, des mots qui dansent et font trembler l’âme, qui habite Sophie Rossier, directrice des Editions Favre.

Depuis l’enfance, où elle dévore Hector Malot le soir à la lampe de poche, jusqu’à aujourd’hui, où elle se délecte de romans historiques, des textes qui donnent sens à l’existence.

Depuis trois ans, cette frêle silhouette au regard bleu intense dirige aussi le poids lourd de l’édition romande, qui publie chaque année entre cinquante et soixante ouvrages, dans des domaines aussi variés que les guides pratiques ou les beaux livres de cuisine en passant par les documents d’actualité.

J’ai rencontré Pierre-Marcel Favre en 1997, je sortais à peine de l’université. Cela a tout de suite fonctionné entre nous. Le lendemain, je commençais.»

A l’époque, elle s’attelle à trier le fonds, à agencer le trésor de guerre, comme elle dit. Aujourd’hui, à 44 ans, elle partage son temps entre le bureau, Paris, et sa famille. L’enthousiasme est resté intact chez cette amoureuse de la littérature, qui ne se lasse pas de «découvrir des talents». Et de faire encore parfois la lecture à ses enfants, le soir: «L’Ile mystérieuse» sur tablette, exceptionnellement.

Je reste une adepte du papier, j’aime sentir entre mes mains le poids d’un livre.»

Une journée avec Sophie Rossier

8 h: courrier et tapuscrits
«Après les tâches administratives, je fais le tour des envois de tapuscrits. On en reçoit entre trois et cinq par jour. Quand on y voit un intérêt, on le met de côté pour le lire plus tard. Un livre, ça peut vous faire grandir, changer, lâcher prise, c’est formateur.»

12 h: repas d’affaires
«Je mange volontiers avec les auteurs. Lorsque l’on partage un moment convivial, on comprend mieux les motivations de l’écriture, le parcours de la personne, son expérience et ses attentes. Communiquer par mail permet de gagner du temps, mais il ne faut pas que ce soit au détriment de la relation. Rencontrer les gens est aussi un des intérêts du métier d’éditeur.»

14 h: mise en page
«Après avoir validé le texte, je me penche aussi sur la mise en page. L’habillage d’un livre, c’est très important, surtout la couverture. On se concerte au sein de l’équipe, on consulte les professionnels de la librairie et on tente de maintenir une certaine ligne graphique. C’est un long processus, et il faut savoir se mettre dans la tête du public visé.»

17 h :leçon de musique
«Après une supervision des devoirs, je fais un peu de musique avec mes enfants. J’essaie de les motiver, de les aider à déchiffrer les nouvelles partitions. Il m’arrive de me mettre au piano pour accompagner mon fils au violon… C’est leur grand-papa qui les a initiés à la musique, un art important qui permet de se délasser et de s’enrichir.»

Sophie Rossier et son fils en trotinette
Sophie Rossier apprécie souvent le bord du lac en famille.

18 h: au bord de l’eau
«Le bord du lac n’est jamais pareil d’un jour à l’autre. C’est un cadre apaisant, ressourçant, avec ses reflets de lumière, sa brise et ses oiseaux. J’aime m’y rendre à pied ou en trottinette en famille. Marcher me permet de réfléchir aux projets en rade.»

19 h: cuisine équilibrée
«Je cuisine volontiers, mais je sais aussi me faciliter la vie… Je prépare des choses simples, mais si possible du frais: poisson grillé, pizza avec une salade. Et parfois, on se fait des sushis.»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Jeremy Bierer