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25 janvier 2016

Une hyperactive hivernale

Fabienne Duc, monitrice de ski, enchaîne les cours de novembre à avril à l’Ecole suisse de ski de Villars-sur-Ollon (VD). Un métier passion, qui a tendance à se transmettre de génération en génération.

Fabienne Duc avec un enfant à ski photo
Fabienne Duc exerce le métier de monitrice de ski depuis 30 ans.

L’appel de la montagne

«L’hiver, c’est travail, 7 jours sur 7.» Fabienne Duc, 52 ans, est monitrice de ski indépendante, à l’Ecole suisse de ski de Villars (VD). La troisième plus grande du pays, avec ses plus de 300 professeurs qualifiés.

Trente ans déjà que la Vaudoise exerce le métier. Et une véritable histoire de famille puisque sa tante pratiquait déjà cette profession, que son mari Marc-Henri n’est autre que le directeur de l’Ecole, et que leurs deux enfants sont eux aussi moniteurs de ski. Sa spécialité? Les jeunes débutants. Durant quinze années, la sportive était responsable romande de la formation des moniteurs de ski pour enfants. «Une ex-fonction qui me vaut, aujourd’hui encore, une majorité de jeunes skieurs en cours», indique-t-elle. Mais Fabienne apprécie également d’enseigner à des élèves plus avancés. Jusqu’à former les nouveaux moniteurs du canton de Vaud.

A l’heure de choisir un métier, la jeune femme avait pourtant opté pour une tout autre voie. «J’ai fait l’apprentissage d’assistante des contrôleurs aériens à Genève, où j’ai ensuite travaillé deux ans et demi. Mais la profession offrait peu de débouchés.

Et puis, Cointrin, c’était trop loin de Villars et de ses pistes de ski!»

En plus de ses autres compétences que sont la randonnée en montagne, la raquette à neige ou encore le ski de fond, la monitrice se spécialise actuellement dans une nouvelle discipline, qui a l’avantage, elle, de s’enseigner tout au long de l’année: le yoga. «Ses techniques sont très utiles aux sportifs, skieurs inclus, car elles aident à mieux gérer ses efforts physiques. Mais ce qui m’a le plus motivée à me lancer dans cette aventure, c’est mon plaisir à enseigner, et à découvrir de nouvelles personnes.» Les rencontres variées ne manquent pas pour Fabienne, qui parle français, allemand, anglais… mais aussi hollandais et russe. Rien que ça!

Une journée avec Fabienne Duc

8h00 Faut qu’ça glisse! «Deux fois par semaine, je farte mes skis dans mon garage. Une fréquence qui peut varier en fonction de la qualité de la neige. Autrefois, c’est mon fils qui prenait soin de mon matériel… C'était sa façon à lui de payer son loyer.»

9h00 Zen attitude «Le yoga, c'est bien plus physique qu’on ne le pense! Moi-même, je n’imaginais pas qu’il fallait déployer autant d’énergie pour réaliser des postures arrêtées. Parmi tous les sports que j’ai pratiqués, je me suis toujours passionnée pour la technique. Un aspect que je retrouve dans cette nouvelle discipline.»

11h00 Esprit de groupe «Certains cours sont plus décontractés que d’autres, en fonction de ce que souhaitent les clients. C’est le cas ce matin, avec ce sympathique groupe de onze skieurs français, venu à Villars (VD) dans le cadre d’une sortie d’entreprise. Un des avantages de ce métier, c’est de pouvoir rencontrer des personnes très diverses. Un bon moniteur de ski se doit d’aimer les gens!»

14h00 Toute première fois «Cet après-midi, j’initie Océane, 4 ans et demi, aux plaisirs de la glisse. C’est la toute première fois qu’elle prend des cours! J’apprécie toujours autant de m’occuper des tout-petits, même si cela exige une très grande attention...»

16h00 L’après-ski «C’est très rare que j’aie le temps de prendre l’apéro à la fin d’une journée de ski. En général, soit je me rends à mes cours de yoga, soit je vais à la rencontre d’élèves potentiels dans les hôtels de la station.»

19h00 Course aux médailles? «Quand le soleil se couche, je pars m’entraîner en vue de la Patrouille des Glaciers. J’ai décroché la 2e place en 2010 et la 3e en 2008. Cette année, j’y participerai pour la 5e fois, en compagnie de ma fille et de l’une de ses amies. Mais cette fois-ci sans rechercher la performance… Ce sera plutôt l’occasion de passer le flambeau!»

Texte: © Migros Magazine | Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Laurent de Senarclens