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18 juin 2012

«Une personne qui obéit facilement? C’est un bouffon!»

Avant les adultes, c’était au tour des collégiens de l’école Lémania, à Lausanne, de tester notre quiz. Avec enthousiasme, curiosité, puis un brin de révolte.

Collégiens en train d'écrire et de réfléchir
Les collégiens ont appris 
récemment, 
en cours, une partie des 
matières abordées dans ce questionnaire.
Priscilla: «Ah bon, ça a un noyau, une cellule?»
Priscilla: «Ah bon, ça a un noyau, une cellule?»

Jeudi 7 juin, 10 heures, dans une salle de classe de l’école privée Lémania, à Lausanne. Neuf collégiens de 7e année attendent la distribution du quiz de Migros Magazine. L’ambiance est fébrile. «Vous n’avez pas fait un quiz trop difficile, au moins?» demandent les participants, en se jetant sur les questions. Après lecture de la première page (celle des maths), gros soupirs. Puis on n’entend plus que le crissement des plumes sur le papier. Sur les feuilles de brouillon, les calculs s’alignent. Sourcils froncés, certains lèvent les yeux au ciel, quêtent le regard de leur professeur, espérant une aide… qui ne vient pas. «On a droit à une calculette?» tente vainement Saskia.

Dylan:«Zut, c’est vrai qu’il y a un «X» à chou, au pluriel.»

Au bout de vingt minutes, certains perdent courage. «Elle est vraiment bizarre, la question de la «matière sombre provenant de la décomposition», remarque Jérôme d’un air entendu. Le fait de souligner que c’est de décomposition qu’on parle – et non de transit intestinal – n’a pas l’air de le mettre sur la voie. «C’est dur! En fait, c’est un quiz pour nous prouver qu’on est nuls», râle Colin au fond de la classe. Plusieurs croquent des sucres de raisin à la chaîne en attendant l’inspiration.

Saskia: «C’est bien plus sympa que la gym, ce quiz.»

Protestations et négociations dans la salle

Le moral remonte en flèche lorsque Jérôme demande: «Dites, là j’ai bien fait d’écrire soumis?» Du coup, les voisins plongent sur leur feuille pour inscrire le mot, tandis qu’un autre se plaint de ne pas avoir entendu. Quelques minutes après, cri de révolte général: «Mais on n’a pas encore appris l’imparfait du subjonctif! Et puis, la troisième personne du pluriel, pour vous, c’est vous ou ils?»

Benjamin: «La question sur les planètes était super difficile!»

Après cinquante minutes, la concentration baisse. Chacun attend avec impatience la récolte des copies. Puis les remarques fusent: «Ce n’était pas facile!» – «J’ai trouvé qu’il y avait des questions méga-simples, et d’autres méga-dures!» – «La plus difficile, c’était celle sur les planètes!» Puis la curiosité l’emporte: «C’est quoi qui a une membrane et un noyau?» – «Moi, j’ai mis abricot!» – «C’était quoi, la réponse? Cellule? Mais ça a un noyau, une cellule?» Contrairement à toute attente, les participes passés ne leur ont posé aucun problème: «On a eu un test dessus avant-hier!». Quant aux définitions, l’une d’entre elles a interloqué: «Qui obéit facilement?» C’est «un idiot», bien sûr, ou carrément «un bouffon»!

Photographe: Loan Nguyen