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3 octobre 2016

Une pisciculture responsable

Depuis le mois d’octobre, tous les poissons et les fruits de mer vendus à Migros proviennent de sources durables. C’est notamment le cas des truites arc-en-ciel que la famille Guibert élève à Belp (BE) et à Chambly (VD).

pisciculture de Belp
Dans la pisciculture de Belp, Ernest Guibert et Vincent Depierre élèvent près de 500 000 truites arc-en-ciel par an.

Malgré la présence non loin d’un aérodrome, la situation est idyllique. Dans une forêt où loutres et castors, sangliers et chevreuils ont trouvé refuge, la rivière Giesse coule paisiblement dans un paysage intact. Trouvant sa source 3 kilomètres en amont, elle traverse une zone nationale de protection alluviale avant de venir en partie alimenter la pisciculture Giessenhof de Belp (BE), gérée par la famille Guibert depuis 1996.

«Nous travaillons en circuit ouvert, explique Ernest Guibert qui codirige avec son fils cette aquaculture. Cela signifie que

nos vingt-huit bassins sont constamment remplis avec l’eau pure de la rivière, dont la qualité est régulièrement contrôlée.»

Ici, les Guibert élèvent environ 500 000 truites arc-en-ciel par an. «Nous recevons des alevins de France et nous occupons de la production proprement dite. Les poissons restent environ huit mois à Belp. Ensuite, nous les transportons à Chamby (VD), où mon père a racheté la pisciculture en 1950 déjà.»

Là, les truites seront éviscérées ou transformées en filets avant de trouver, en moins de vingt-quatre heures, le chemin des magasins Migros.

A Belp, pour veiller à la bonne marche de la production, Ernest Guibert peut compter sur son pisciculteur, Vincent Depierre, qui loge dans la maison construite sur le site et peut ainsi immédiatement réagir en cas d’anomalies. C’est lui qui nettoie les bassins avant une nouvelle arrivée d’alevins, les nourrit tous les jours, contrôle la croissance des truites et s’occupe de préparer les chargements pour Chamby.

Comme l'explique Vincent Depierre, «Pour ce qui est de la nourriture, je leur donne des granulés de farine et d’huile de poissons ainsi que d’autres protéines compatibles avec un élevage durable.

Et pour ce qui est des médicaments, nous n’avons jamais administré d’antibiotiques»,

«Dans nos bassins, nous avons une densité de 25 kilos par m3 alors que la loi nous autoriserait à en avoir 100. Mais voilà, nous préférons faire de la qualité plutôt que de faire des kilos», poursuit Ernest Guibert, qui est aussi président de l’association des pisciculteurs suisses et s’engage avec passion en faveur d’élevages responsables.

Pour le bien-être des poissons, un simple apport d’oxygène est ajouté à l’eau. «Cela leur permet par exemple de mieux digérer. Et au final, cela donne une chair bien meilleure en bouche», commente Ernest Guibert.

Alors que les hérons tentent de s’approcher – ils adorent venir se servir dans les bassins malgré les fils tendus par-dessus –, Ernest Guibert poursuit la visite: «Avant de sortir de la pisciculture, l’eau passe dans deux filtres à tambour qui captent les matières en suspension.

Ces boues aux vertus fertilisantes sont ensuite transportées dans une fosse et mises à la disposition d’un paysan.» L’eau, elle, coule dans un étang de décantation où des roseaux jouent encore un rôle de filtre, puis retrouve le lit de la Giesse. Ernest Guibert s'en réjouit:

Les analyses montrent que la qualité de l’eau n’est altérée que de manière négligeable».

Texte: © Migros Magazine | Pierre Wuthrich

Auteur: Pierre Wuthrich

Photographe: Charles Ellena