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20 février 2017

Une portraitiste au poil

La Genevoise Melina Buntschu a trouvé un moyen de lier ses deux passions: la peinture et les animaux. Elle passe son temps libre à leur tirer le portrait. Façon Pollock!

Melina Buntschu avec le portrait de Joker, son bouledogue français.

Explosion de taches

Son amour des bêtes l’a amenée à la peinture. Ou peut-être est-ce le contraire. En tout cas, elle dessine depuis toute petite des visages poilus, frimousses de cochons d’Inde, regards félins et plumages de colibris. Melina Buntschu, 27 ans, designer visuel à plein temps pour un magasin de chaussures, passe donc ses week-ends au rythme des animaux.

«J’ai commencé par des pastels sur des petits bouts de papier. Mais c’était trop académique, sans vie.» Elle explore aujour­d’hui la technique des taches à l’acrylique pour un rendu plus explosif.

J’aime la spontanéité, le geste, le côté aléatoire. C’est tellement libérateur!»,

dit Mébu, de son nom d’artiste, qui commence à trouver son public.

Elle accepte une cinquantaine de commandes par année, pour garder le temps «de bien faire les choses». Les clients sont exigeants, choisissent les couleurs, l’expression favorite de leur toutou. Melina Buntschu l’est tout autant. «Si possible, je demande une vidéo. Il m’arrive d’aller moi-même faire des photos de l’animal.»

En constante évolution, la jeune femme s’apprête à expérimenter de nouvelles techniques avec du matériel de… cuisine: seringues et poches à douille. «Les chefs s’inspirent souvent de la peinture pour le dressage. Pourquoi ne ferait-on pas l’inverse? L’acrylique réagit peut-être comme une sauce…»

Et si elle privilégie l’artistique à la ressemblance parfaite, elle accepte tous les défis: «Je suis plus à l’aise avec les chiens qu’avec les chats. Mais je ne refuse aucun animal, je peindrais même une limace!»

Une journée avec Melina Buntschu

8 h 00 Au pré «Les chiens sont mon réveille-matin. Mon labrador Lipsa et Joker, un bouledogue français, viennent pleurer devant la barrière des escaliers et je sais que la grasse matinée est finie! On commence la journée par une séance câlins et ensuite on va se promener pendant une heure.»

10 h 00 Un amour de jeunesse «Je monte à cheval depuis l’âge de 5 ans. Langara est une jument que j’ai reçue de ma maman pour mes 14 ans. On a grandi ensemble. J’ai dû momentanément arrêter le cheval, mais sinon je vais la voir tous les jours et je l’amène au pré le week-end. On a une histoire très forte, elle et moi.»

14 h 00 Aux pinceaux «Quand je peins, je me mets en condition en écoutant du piano, une musique qui me fait voyager. La peinture m’aide à évacuer stress et angoisses. Elle me permet de me recentrer et de me rapprocher de la personne que je souhaite être. Ici, c’est le portrait de Joker, mon bouledogue français. C’est le premier tableau que j’ai réalisé… Maintenant j’ajoute volontiers du marqueur pour amener de la profondeur. Je ne suis pas une peintre animalière classique. Ma devise: l’art animalier autrement. Retranscrire au poil près n’est pas important. Ce qui compte, c’est le regard.»

Carnet de croquis

«J’avais trop d’idées dans la tête et ce carnet me permet de tout poser sur le papier. J’ai le projet de faire une centaine de petits tableaux, comme une mosaïque, avec à chaque fois juste l’œil de l’animal.»

17 h 00 Sur les réseaux «Je n’échappe pas aux tâches administratives. Je traite les commandes et surtout j’anime ma page Facebook pour que mes followers ne s’ennuient pas. Je montre la progression d’un tableau avec des vidéos et j’organise des concours photos pour faire vivre la page.»

20 h 00 Evasion «Le soir, je fais beaucoup de recherches sur Pinterest. Et je regarde volontiers un épisode d’ «Outlander» ou «Game of thrones» en sirotant un thé fruité. J’adore les séries qui font voyager!»

Texte: © Migros Magazine | Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Laurent de Senarclens