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7 novembre 2016

Une saison vidéoludique virile

La nouvelle mouture de «FIFA», le célèbre jeu de football, renforce l’emprise d’EA Sports sur le ballon virtuel alors que le gameplay se corse délicieusement. De son côté, Marcus Fenix revient vingt-cinq ans plus tard dans le 4e «Gears of War». Et comme la licence qui l’a porté au pinacle du héros viril, il est en pleine forme.

Le jeu «FIFA 17» n’a jamais été aussi réaliste, tant au niveau de l’ambiance que des gestes des footballeurs. (Photos: DR)

Une fois de plus, l’automne-hiver de la planète vidéoludique sera largement footballistique. Sorti comme d’habitude en grande pompe, FIFA 17 passionne déjà des milliers de joueurs à travers le monde, surtout en ligne avec ce fameux mode Ultimate Team dont les dérives pécuniaires défraient la chronique.

Produite par le géant Electronic Arts (EA) qui, depuis le soleil californien, développe les références des jeux de sport (avec également NBA pour le basket ou le très réussi NHL 17 consacré au hockey sur glace), la licence FIFA a désormais écrasé toute concurrence, notamment japonaise avec son ProSoccer désormais «complètement aux fraises», comme dirait Pierre Ménès, célèbre sniper du PAF. Autant le dire tout de suite: la dernière mouture de FIFA fait carton plein. En matière de graphismes, on est à deux ou trois siècles de la première sortie en 2D sur Super Nes. L’an dernier, Electronic Arts avait pris un gros risque technique en abandonnant le moteur graphique traditionnel du jeu pour le plus moderne Frosbite qui équipe la série des Blackfield, le first personal shooter (FPS) (jeu à la première personne, ndlr) concurrent de Call of Duty. Eclairages, décors, mouvements et modélisations des joueurs, ambiances: l’immersion dans le ballon rond virtuel n’a jamais été aussi poussée. Et le résultat plaisant à regarder. La plaisanterie du moment au sein de la galaxie consacrée au jeu sur le Web – youtubeurs, blogueurs, forums et on en passe: il est partout! – consiste d’ailleurs à regretter que Lionel Messi soit déjà représenté avec son improbable récente coupe de cheveux peroxydés.

Le déplacement et les gestes des joueurs se montrent par exemple particulièrement réalistes.

Voilà qui nous amène au gameplay, élément naturellement essentiel d’un jeu de sport. En 2016, ce dernier était assez clairement tourné vers l’arcade avec une attaque transperçant plutôt facilement toute défense et une place importante (trop, aux yeux de beaucoup) laissée aux gestes techniques. Amusant à jouer, mais aussi un peu frustrant en termes de réalisme et de construction de jeu. FIFA 17 fait clairement un 360 dans ce domaine: la défense devient bien plus compliquée à contourner; le jeu en solo à coups de dribbles, sombreros et autres roulettes trouvant rapidement ses limites. «Du coup, là, t’es vraiment heureux de marquer», commente l’un des «commentateurs» de la licence les plus regardés sur Youtube. Plus intéressant, le gameplay en devient aussi plus technique et moins immédiatement fun pour les débutants.

Mais, clairement, cela ressemble bien davantage à du vrai foot.

Y compris dans les stratégies souvent très défensives des adversaires en ligne. Le multijoueur occupant désormais une place prépondérante dans tout jeu vidéo, le mode star de FIFA reste naturellement Ultimate Team. Pour résumer, histoire de sauver votre réputation auprès de vos enfants: chacun joue avec son équipe à l’aide de cartes très bien faites représentant de vrais joueurs qu’il peut vendre ou acheter. Comme un vrai président de club. Chaque partie rapporte un certain nombre de crédits. Et bien sûr davantage si l’on gagne. En découle un immense marché des transferts avec plusieurs millions (!) de cartes à vendre par autant de joueurs du monde entier.

Les règles du marché

Extrêmement addictif – c’est fait pour! – et prenant, Ultimate Team n’est pas sans danger pour les plus jeunes, ne serait-ce que parce que les «packs» proposés par EA (eh oui, évidemment, on peut aussi directement acheter de meilleurs joueurs pour s’épargner quelques dizaines d’heures de manette) coûtent plutôt cher.

Et que ce marché virtuel répond à la règle bien réelle de l’offre et de la demande.

Mais compte aussi nombre de sites proposant l’achat de crédits ou de codes de «cheat» («tricherie») permettant par exemple de faire le plein de points parfaitement illégalement. Cela peut certes inculquer quelques règles de morale et d’économie (accessoirement une connaissance encyclopédique des compétences de dizaines de footballeurs pros, célèbres ou non), mais également vider la carte de crédit parentale quand ce n’est pas provoquer quelque crise de nerfs enfantine.

Evidemment, qui dit jeu en ligne prenant dit aussi activité extrêmement chronophage. Surtout si l’on tente le sous-mode ultime baptisé FUT Champions: après une phase qualificative à élimination directe, il faut en principe jouer… quarante matchs en un week-end pour atteindre le graal et de jolies récompenses sous forme de packs prévus pour rendre plus captifs encore. Pourvu que la météo hivernale soit affreuse!

«FIFA 17», EA Sports, sur PS4, Xbox One ou PC (testé sur Xbox One), dès Fr. 59.-sur www.digitec.ch

Auteur: Pierre Léderrey