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22 juin 2015

Une seconde vie

Suite à un grave accident de ski, le Valaisan Jean-Yves Michellod a dû renoncer à son métier de guide. Mais n’a pas abandonné la montagne pour autant. Histoire d’une passion inoxydable et d’une reconstruction exemplaire.

Jean-Yves Michellod en train de pratiquer le handibike, le vélo à bras, en famille.
Le handibike, le vélo à bras, permet à Jean-Yves Michellod de pratiquer du sport en famille.

Il y a l’homme d’avant et celui d’après. Le guide de montagne, skieur freeride, vainqueur de l’Xtreme de Verbier en 2004. Et le survivant. Entre deux, l’accident qui lui a fauché les jambes. Jean-Yves Michellod, 39 ans, enfant de la montagne, qui a grandi entre la grimpe et une bande de copains au Châble (VS), a vu sa vie prendre une autre tournure en 2006. «Je skiais à Verbier et j’ai été pris par une avalanche. Quand on a l’habitude, on trouve toujours une porte de sortie. Mais là, elle m’a poussé dans les rochers.»

Côtes cassées, fracture de la colonne, moelle épinière touchée. L’opération est délicate, les médecins pessimistes.

Ils pensaient que je ne remarcherais pas. Mais moi, j’avais besoin de me battre.

J’avais un enfant de trois mois et je ne voulais pas qu’il me voie toute sa vie en chaise roulante.» Six mois d’hôpital, rééducation intensive.

Aujourd’hui, il a gagné. Il se tient debout avec une canne et des attelles. Et vit presque plus fort qu’avant, s’adaptant à sa nouvelle vie avec panache. Même qu’il s’est offert un 4800 m avec deux béquilles en 2009, dont il a tiré un film: «Son Mont-Blanc».

S’il ne peut plus pratiquer son métier de guide, il joue les chauffeurs de taxi pour les randonneurs. Et continue d’aimer cette montagne, dont il frôle les sommets avec des ailes à la place des jambes.

Une journée avec Jean-Yves Michellod

Texte: © Migros Magazine | Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Laurent de Senarclens