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31 août 2015

Une vie au grand air

Migros propose sous le label TerraSuisse de l’agneau d’alpage élevé en harmonie avec la nature. Celui-ci provient notamment des hauts de Morgins, où Jérôme Vannay veille durant l’été sur son troupeau.

Le troupeau en train de paître en pleine nature
En Valais, Jérôme Vannay et sa chienne «Cannelle» gardent plusieurs centaines d’agneaux et de brebis.

Si en hiver le domaine des Portes du Soleil fait le bonheur des skieurs, en été, lorsque l’or blanc laisse place à l’or vert, cette région au-dessus de Morgins (VS) devient le royaume des moutons. Ici, sur l’alpe de Conches, ils trouvent en abondance de l’herbe fraîche qu’ils broutent avec délice tout l’été.

«Avec mon troupeau de sept cents agneaux et de cinq cent cinquante brebis, j’ai quitté Collombey-Muraz (VS) où se trouve ma bergerie à la mi-mai et y redescendrai en octobre, explique Jérôme Vannay, 33 ans, un éleveur visiblement heureux de vivre en harmonie avec la nature. Je loue quatre alpages à la bourgeoisie de Collombey-Muraz. Ils sont situés entre 1600 et 2000 m d’altitude.

Durant la belle saison, nous faisons en sorte de nous rendre deux fois dans chacun des alpages, afin que le troupeau trouve à chaque fois une végétation régénérée.»

A chaque chien sa mission

Le troupeau en pleine nature complice avec sa chienne Cannelle, en train de poser en plein air.
Gare à Canelle!

Sur l’alpe, la vie suit son cours paisiblement, même si rien n’est laissé au hasard. La nuit, alors que Jérôme Vannay dort avec sa femme et sa fille dans une cabane à proximité, Belle, un imposant Montagne des Pyrénées, veille au grain.

«En 2006, le loup m’a pris plus de trente bêtes. Depuis, mes brebis et agneaux sont gardés, dans un enclos, par mon chien. Je n’ai ainsi plus eu de pertes.»

Dès 6 heures par contre, le troupeau peut aller brouter où bon lui semble, escorté cette fois par Cannelle et Zora, deux croisés borders collies-bergers australiens aussi fougueux qu’efficaces. «Par-devant», «Restez derrière», «Allez sur les côtés»: les injonctions de Jérôme Vannay claquent dans la montagne. Immédiatement, les deux chiens canalisent les brebis et les agneaux afin de les empêcher de s’aventurer dans des endroits trop inaccessibles.

Puis, quand le soleil est haut dans le ciel, le troupeau recherche l’ombre pour chômer. Ils sont alors à nouveau mis dans leur enclos avant de ressortir en fin d’après-midi pour une seconde partie de broutage. «Je les emmène aussi vers un petit lac juste à côté afin qu’ils puissent boire. Normalement, avec la rosée, cela n’est pas nécessaire. Mais avec les chaleurs de cet été, l’herbe est sèche dès l’aube.»

Issus d’un croisement des races Blanc des Alpes, Charollais Suisse et Suffolk, les agneaux de Jérôme Vannay naissent entre janvier et mars en plaine. Son exploitation, contrôlée plusieurs fois l’an, porte les couleurs d’IP-Suisse, garantes d’une détention conforme aux besoins de l’espèce.

Pour que les jeunes moutons puissent en sus arborer le label Agneau d’alpage TerraSuisse que Migros a lancé avec la Fédération suisse d’élevage ovin, IP-Suisse et Micarna, ils doivent passer au moins soixante jours sur l’alpe. Ils sont alors généralement âgés de 6 à 7 mois lorsqu’ils terminent leur estivage. «Tous les agneaux portent à l’oreille une puce électronique. Il est alors possible pour l’abattoir de savoir qui est leur mère et de quel troupeau ils proviennent, explique Jérôme Vannay.

La traçabilité est parfaite.»

Des risques limités de manière naturelle

Respectueux des besoins de l’espèce, l’élevage traditionnel en montagne présente un autre avantage non négligeable: l’entretien du paysage. Broutant avidement les herbes folles, les brebis et les agneaux empêchent naturellement la forêt et la broussaille de gagner du terrain et participent ainsi à la sauvegarde des pâturages alpins. Outre les considérations esthétiques, la méthode se veut aussi bénéfique sur un plan fonctionnel.

La neige tient beaucoup mieux sur une prairie pâturée que sur des herbes couchées. Cela diminue nettement le risque d’avalanches.»

Les marcheurs en été qui évoluent dans ces paysages de carte postale ne sont donc pas les seuls à jouir des bienfaits de l’estivage: en hiver, les skieurs des Portes du Soleil en profitent aussi. Mais sans doute sans le savoir.

Texte © Migros Magazine – Pierre Wüthrich

Auteur: Pierre Wuthrich

Photographe: Mathieu Rod