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12 mars 2012

Une voix extraordinaire

Dania Giò va sortir son premier album, produit par les internautes qui ont parié entre dix et cent euros sur l’éclosion de son talent. La Genevoise, qui chante depuis dix ans, a pris le temps de mûrir avant de s’élancer sur la scène internationale.

Dania Giò
La jeune femme a passé en première partie des deux concerts de Phil Collins dans le stade de Düsseldorf, en Allemagne.

Dans une cave d’un immeuble quelconque du quartier des Grottes à Genève se cache un diamant à découvrir, une voix chaude et puissante. Mais rencontrer Dania Giò, 24 ans, provoque la surprise de se trouver face à une petite chose fragile. C’est ce qui est arrivé lorsqu’elle s’est présentée à un concours de la radio NRJ, en 2002. «Quand j’ai débarqué, on ne m’a pas prise au sérieux. Mais quand ils m’ont mise au micro, ils se sont calmés.» Avec son empreinte vocale très particulière, elle met tout le monde d’accord. Sa carrière est lancée.

J’ai passé des heures à la bibliothèque à me fabriquer des fiches de lecture.

Sa passion de la musique a commencé bien avant, avec des premiers cours de guitare dès 7 ans, et des textes griffonnés à 14 ans alors que l’Italo-Suissesse prend des cours de chant. Son chemin croise celui de Phil Collins, «un homme extraordinaire», et sa Little Dreams Fondation. Il la prendra même pour la première partie de ses deux concerts dans le stade de Düsseldorf en Allemagne, devant 70 000 personnes. «Ce fut un sentiment incroyable, quand je suis montée sur scène, j’ai vu toutes ces têtes, c’est devenu une drogue, le genre d’événement qui marque à vie», raconte-t-elle.

Des textes qui ne parlent pas que d’amour

Néanmoins, suivant les conseils de son entourage, elle ne se lance pas immédiatement. «J’avais besoin de maturité. J’ai beaucoup fréquenté la bibliothèque, me suis passionnée pour la philosophie.» Son fil rouge? «J’aime les textes qui font réfléchir. Les miens parlent d’amour, mais pas seulement. Suite à une expo sur les mines antipersonnel, j’ai voulu sensibiliser le public sur cette question.»

Ce petit bout de femme a eu un sérieux coup de pouce grâce au site web My Major Company, qui permet aux internautes de produire l’album de jeunes artistes. En quatre mois cet hiver – un record – 1199 personnes ont misé sur son talent pour un total de 100 000 euros. Désormais, elle est à bout touchant avec son album, qui mêle français et anglais, «une langue qui permet de faire des effets vocaux. Un peu comme la pédale ouah ouah», rit Dania Giò.

Ma passion

«Je chante depuis toute petite. J’aimais faire rire les invités de mes parents. Si ça ne marche pas avec la musique – ce que je n’envisage pas – je pourrais me lancer dans le théâtre ou les comédies musicales.»

Sa première guitare: une Fender Mustang.
Sa première guitare: une Fender Mustang.

Ma guitare

«J’ai reçu ma première guitare, une Fender Mustang, le jour de l’éclipse solaire, le 11 août 1999. Ça a été un coup de foudre immédiat au magasin.»

Toujours bien utile: un dictionnaire des rimes.
Toujours bien utile: un dictionnaire des rimes.

Mon support

«Pour mes textes en anglais, j’ai toujours un dictionnaire des rimes à portée de main. Pour le titre «Totally spies», j’avais un coach anglais et un coach américain, qui se disputaient pour savoir quel accent je devais prendre.»

Baudelaire, source d'inspiration.
Baudelaire, source d'inspiration.

Mon livre

«Les fleurs du mal», de Charles Baudelaire. Je l’ai découvert à l’école, et beaucoup relu depuis, j’aime ses sous-entendus. J’ai mis en musique l’un des poèmes.»

Un carnet plein de chansons.
Un carnet plein de chansons.

Mon carnet

«Dans ce carnet, il y a l’historique de tous les textes que j’ai écrits depuis 2002. Certains sont devenus des chansons, d’autres ont été oubliés.»

Un petit Schtroumpf porte-bonheur.
Un petit Schtroumpf porte-bonheur.

Mon objet fétiche

«Ce petit Schtroumpf m’accompagne dans tous les concerts, il est un peu mon porte-bonheur. Mes amis m’appellent la Schtroumpfette. Je vis dans une bulle.»

Auteur: Mélanie Haab

Photographe: Alban Kakulya