Archives
12 décembre 2011

Vaine recherche de la perfection

Pour aller mieux en couple, la thérapeute Sally Watkins conseille aux femmes 
de changer leur regard sur leur compagnon.

Le fantasme de la perfection
Le fantasme de la perfection serait une caractéristique typiquement féminine.

Il y a cette petite bedaine. Et ses habits qu’il laisse constamment traîner... et puis sa manie d’arriver sans cesse en retard sans compter qu’il étale sa science en société.... à lire L’homme idéal, nombreuses sont les femmes qui se feraient offrir un nouveau mari à Noël si elles le pouvaient: un compagnon fait sur mesure, adapté à leurs besoins et à leur représentation du couple...

Parce que, encore et toujours, elles sont prisonnières du fantasme de perfection. Il s’agirait d’une caractéristique particulièrement féminine, selon l’auteure, la thérapeute américaine Sally Watkins, qui s’adresse aux lectrices. Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité (lire ci-contre).

Un rêve qui ne sera jamais réalisé

Avec son livre, Sally Watkins veut aider les femmes à déboulonner au plus vite le mythe du compagnon parfait qui saura combler toutes leurs attentes et les rendre enfin heureuses.

Comment? En les incitant à changer leur regard sur leur compagnon. Et à opter pour la philosophie du «vivre et laisser vivre». Parce que plus on laisse à l’autre le loisir d’être comme il est et de s’épanouir, mieux se porte le couple.

«Quand les femmes cessent d’accabler leur conjoint de reproches, de plaintes et de conseils, et prennent conscience qu’elles peuvent l’accepter comme il est, il peut se passer des choses merveilleuses.»

Car souvent, dans leur quête de la perfection, les femmes focalisent leur attention sur ce qui ne va pas, «en comparant et en analysant». En ressassant le passé, aussi. Elles oublient alors de voir tout ce que leur partenaire leur apporte, au quotidien.

Vous pouvez le complimenter sans le manipuler.

En guise de test, la thérapeute recommande à Madame de prendre un truc qui la rend dingue, comme «les habits qui traînent», puis de réfléchir au sens qu’elle lui donne et pourquoi elle en fait tout un plat. «Derrière vos critiques, il y a un besoin insatisfait, un désir contrarié.»

Radicale, l’auteure conseille la méthode «zéro reproche», considérant que la critique négative se révèle toujours stérile. Elle suggère ainsi de relever les efforts, les petits gestes plutôt que de noter que, pour la quatrième fois de la semaine, Monsieur est arrivé en retard ou a laissé ses fameux habits traîner. «En renonçant à l’idée que vous savez ce qui est bon pour lui, vous pouvez être positive et le complimenter sans le manipuler.» Et surtout le reconsidérer sous un autre jour. Autrement dit voir l’ensemble du tableau avec toutes ses nuances et non pas uniquement les coins sombres et déplaisants.

Quelle est l’histoire du partenaire?

Pour aimer, il faut comprendre, estime Sally Watkins. Ainsi, afin de mieux accepter ce partenaire retardataire, désordonné et bavard, il peut être utile de mieux comprendre son histoire. Une enfance gâtée, difficile? Un père hyper- exigeant? Absent?

Il ne s’agit pas de faire le dos rond ni de tolérer l’irrespect pour autant, prévient l’auteure: «Il faut signaler sur-le-champ une attitude jugée maltraitante» et demander à son conjoint de reprendre la discussion plus tard lorsque le calme sera revenu.

Enfin, pour renouer le lien mais éviter les disputes en cascade et les dialogues de sourds, la thérapeute met en avant les bienfaits de l’empathie. Il s’agit d’écouter ce que l’autre a à dire, sans émettre aucun jugement ni commentaire. Et surtout s’associer à ses émotions, à ce qu’il ressent, pour comprendre son point de vue. «Quand nous sommes vraiment entendus, nous perdons l’envie du conflit», relève-t-elle.

Là non plus, inutile d’attendre que l’autre rende la pareille pour amorcer la démarche. Mais peut-être qu’en se montrant empathique, le conjoint suivra l’exemple...

Auteur: Céline Fontannaz

Photographe: Oreste Vinciguerra