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9 novembre 2014

Vanessa Pahud Ben Said: pour l'amour du chapiteau

La trapéziste Vanessa Pahud Ben Said a repris cet été les rênes de l’école de cirque de Confignon (GE), fondée par sa grand-mère en 1977. Elle entend bien défendre cet art qu’elle estime négligé dans notre pays.

Vanessa Pahud Ben Said, trapéziste et directrice de l'école de cirque de Confignon.
«Ce que j’aime avec le cirque, c’est que son langage est universel. Les codes sont les mêmes dans tous les pays.»

Le cirque: une voie toute tracée pour Vanessa Pahud Ben Said? Certes, sa grand-mère a fondé en 1977 à Confignon l’école dont elle vient de reprendre les rênes.

Quant à sa maman, elle lui a appris dès l’âge de 6 ans à s’épanouir sur un trapèze. Son papa, lui, montait le chapiteau... Longtemps pourtant, la Genevoise n’envisageait pas de poursuivre une carrière dans ce monde. Après sa scolarité obligatoire, elle se lance dans un apprentissage de réalisatrice publicitaire, tout en gardant un pied, voire les deux et son cœur avec, sous le chapiteau.

A 18 ans, lors du festival Grock d’or, Paul Fratellini, de l’illustre académie du même nom à Paris, la remarque et lui propose d’intégrer son école. Preuve qu’on n’échappe pas à son destin...

Vanessa Pahud, qui ne s’appelle pas encore Ben Said, file donc dans la capitale française. «J’avais goûté au monde du travail, et je n’en gardais pas un souvenir agréable. Les échanges humains me manquaient, et je me voyais davantage travailler en indépendante ou avec ma famille.»

Trois ans de formation plus tard et un diplôme de métier des arts à la clé, elle décroche plusieurs contrats de trapéziste à l’internationale. Après avoir inscrit la France, mais aussi le Japon et le Maroc sur sa feuille de route, et rencontré son mari, spécialisé quant à lui en corde lisse, la voilà de retour sous nos latitudes pour assurer la direction de l’école... et prendre ardemment la défense de sa passion!

Le cirque est rarement reconnu en tant qu’art, les gens en ont une vision très traditionaliste, ou estiment que c’est du guignol.

D’où la création d’une association pour promouvoir ce monde par le biais par exemple de dîners-spectacles, et l’envie de mettre sur pied un CFC fédéral des arts du cirque qui, «comme l’Académie Fratellini, formerait des artistes polyvalents et complets, capables de se vendre, de monter des projets», explique-t-elle, consciente de la problématique des débouchés. Quant à elle, aujourd’hui, elle ne s’imaginerait pas évoluer dans un autre univers...

Une journée dans la vie de Vanessa Pahud Ben Said

© Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: Magali Girardin