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18 février 2013

Vasella lalère

Martina Chyba revient sur la décision de Daniel Vasella de quitter le conseil d'administration de Novartis l'année de ses 60 ans.

Martina Chyba
Martina Chyba, journaliste et productrice à la RTS.

Il y a des gens qui sont extrêmement détendus. Daniel Vasella par exemple. Oui le patron le mieux payé de Suisse blablabla vous savez très bien qui c’est. Donc, il a décidé de quitter le conseil d’administration de Novartis l’année de ses 60 ans. C’est toujours marrant de voir ces managers ultralibéraux prêts à faire travailler des enfants et des vieillards la nuit si cela peut faire grimper les actions de l’entreprise, se barrer cinq ans avant l’âge légal de la retraite. Espérons une petite pensée pour tous les ouvriers qui turbinent jusqu’à 65 ans et qui doivent soigner leurs articulations au Voltarène pour tenir le coup.

Rappelons aussi que l’initiative Minder sur laquelle nous allons voter le 3 mars prochain a été inspirée par les revenus dudit Daniel Vasella. Qui annonce son départ juste avant le scrutin… un bras d’honneur eût été plus élégant. Message: on se goinfre un max quand c’est permis et pas trop mal vu et dès que ça crispe, salut les copains…

Mais ce n’est pas tout: d’abord, Monsieur Vasella va toucher la moitié de son ancien salaire pendant cinq ans, soit la modique somme de 6 millions par an environ, pour ne pas travailler pour la concurrence. Etre payé pour NE PAS travailler, respect. Ensuite, au journaliste qui lui demande combien il gagne, il ose répondre qu’il ne sait pas. Hahaha. Mon œil (et je choisis une partie du corps qui fait que ça reste poli).

Mais le meilleur est pour la fin. Dans un élan d’ouverture d’esprit, on se dit que l’on ne va pas faire de l’anti-capitalisme primaire et que l’ex-patron de Novartis a peut-être vu Jésus, Bouddha, Gandhi ou Angelina Jolie, ou les quatre à la fois, et qu’il va désormais aider les petits «nenfants» qui meurent de faim ou de maladies affreuses. Que nenni les amis!
Il a annoncé son intention de travailler pour la boîte de consultants McKinsey et pour le World Economic Forum, ces philanthropes et bienfaiteurs de l’humanité unanimement reconnus. Bon dans toute cette histoire, notre patron national préféré a tout de même réussi un exploit. Celui de nous rendre un mec comme Bill Gates sympathique. Ce n’est pas peu dire.