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24 octobre 2016

Vélo électrique: premiers tours de roue

Voici venu le temps des allers-retours entre la maison et le travail. Si le Stromer ST2 s’avère une vraie fusée, son usage en remplacement d’un véhicule à moteur nécessite quelques nouvelles habitudes.

Notre journaliste a effectué le trajet de 23 km entre sa maison et son lieu de travail en trois quarts d’heure.

Il y a très précisément 23 kilomètres entre la porte de mon logement et celle de l’immeuble de la rédaction lausannoise de Migros Magazine. Un parcours parsemé d’éventuels détours bucoliques, mais aussi de tronçons, inévitables, sur de «grandes» routes et de plusieurs montées importantes. Pour ce type de trajet, la technologie S Pedelec s’impose. «Nous avons une soixantaine de modèles en stock ici. Des vélos électriques standards à maximum 25 km/h, et donc cette technologie S Pedelec qui peut monter jusqu’à 45, explique Eric Werck, responsable du magasin m-way de Lausanne Flon. Les prix de cette dernière baissent, le ratio de vente étant désormais de 60%-40%. A partir de 10 kilomètres, je dirige plutôt le client vers du S Pedelec. Il y aura gain de temps. Plus de plaisir, aussi.»

Problème: une assistance électrique qui apporte davantage d’aide consomme également plus. Je parcours dans les 50 kilomètres par jour, et j’évalue mon autonomie nécessaire à l’équivalent de trois trajets, soit environ 80 kilomètres.

Pourquoi? Parce que, dans la vraie vie, il y aura toujours un soir où la recharge aura été impossible, voire oubliée.

«Et dans des topographies escarpées comme celle de Lausanne, l’autonomie réelle s’avère toujours inférieure à celle annoncée par le fabricant. Ainsi, pour celle du Stromer ST2, annoncée à 150 kilomètres, pour plus de sécurité, on divisera par deux», rappelle en outre Eric Werck. Autrement dit, il me faut du S Pedelec et une autonomie théorique de près de 100 kilomètres. Une combinaison que seuls les vélos électriques les plus onéreux peuvent offrir. Autant le savoir.

Grâce à une appli, Pierre Léderrey peut juger de ses performances.

Le vélo qui change la route

D’abord, pas de mystère: la satisfaction d’avoir mis le pied aux pédales se mérite. En termes de durée en selle, d’abord. Sans doute en est-il autrement lorsque le trajet quotidien aux heures de pointe ressemble à un long bouchon que le e-bike permet d’éviter. Mais dans notre cas, c’est surtout l’entrée dans Lausanne qui peut poser problème, et encore assez peu aux heures où je l’emprunte. Je constate une moyenne d’environ 30 km/h. Soit, pour 23 kilomètres, dans les trois quarts d’heure. Un bon quart d’heure de plus qu’en voiture aux mêmes heures, voire une vingtaine de minutes de plus qu’en scooter.

Et puis, même si cette impression va sûrement disparaître avec l’habitude, à moins de laisser l’assistance électrique au maximum en permanence, l’effort physique reste présent.

On arrive donc forcément moins frais que lorsqu’il s’agit uniquement d’appuyer sur une pédale d’accélérateur ou de tourner une poignée de gaz.

Mais du coup, le trajet boulot-dodo prend une tout autre dimension. Plus ludique (on joue avec l’assistance, se lançant de petits défis) et beaucoup plus sensitif. Au point qu’après une première série d’allers-retours, je me réjouis à l’avance de vérifier quelle moyenne je vais bien pouvoir effectuer tout à l’heure. Et à plusieurs reprises j’ai emprunté sur le chemin du retour l’un ou l’autre chemin de traverse pour le simple plaisir de la découverte. Bref, l’état d’esprit se modifie. Et ça change la route.

«Dura lex, sed lex»

A Lausanne s’affiche partout en ce moment une campagne rappelant que, pour sympa qu’il soit en ville, le vélo ne saurait être une solution de déplacement sécurisante sans le respect de la loi sur la circulation routière. Certes.

Mais d’un autre côté, s’arrêter comme les véhicules à moteur au feu rouge en plein milieu d’une grande route pourvue d’une piste cyclable et dépourvue de carrefour ou croisement s’avère rapidement frustrant.

Surtout qu’à l’inverse, les feux de circulation permettant le départ anticipé des bicyclettes restent rares.

Tout comme la présence de pistes cyclables réellement praticables ne représente pas encore la norme. D’autant plus frustrant qu’évidemment les autres vélos sans plaque (et quelques 45 km/h qui les ont ôtées…) se rient souvent de ces obligations lumineuses. Bref, je dois tenir compte de cinq à dix minutes uniquement pour le respect des signaux lumineux. Dur pour le moral.

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Jeremy Bierer