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17 septembre 2012

Vers des sacs plastique mangeables?

L'affaire est-elle dans le sac? La proposition de Dominique de Buman se heurte pour l'instant à une certaine résistance.

croquis d'un cabas avec des branches qui poussent dessus
L’avenir 
est au sac 
compostable 
et biodégradable.

Les Américains restent majoritairement fidèles à leurs sacs en papier kraft, sans anses, que tous les personnages de film ont toujours sur les bras, débordant de victuailles.

Et pourtant, ce sont eux qui, en 1957, ont inventé les premiers sacs de caisse en plastique qui font autant de bruit aujourd’hui jusqu’au Parlement suisse depuis qu’ils ont gaillardement détrônés les cabas en osier de grand-maman. Quoiqu’on y revienne. Le conseiller national fribourgeois Dominique de Buman se bat depuis quatre ans pour éliminer ces insalubrités (en plastique, pas en osier) de nos vies de consommateurs effrénés. La moitié du Parlement le suit déjà. Reste à convaincre le Conseil des Etats.

Ces cornets à commissions pourraient-ils bientôt être interdits dans notre propre Helvétie, comme c’est déjà le cas en Italie par exemple, alors qu’ils seront taxés en France? Sauf que chez nous, alors même qu’ils ne sont déjà plus à disposition dans quantité de magasins qui privilégient les sacs réutilisables, beaucoup continuent à les demander aux caissières, ces fins sachets qui collent aux doigts, s’envolent des fenêtres de voitures pour aller polluer les bas-côtés des routes, des sacs à pique-nique pour empoisonner les vaches des prés, ou, plus loin, étouffer les tortues des mers et océans.

Fabriqué en une seconde, utilisé (deux par ménage et par jour!) juste une vingtaine de minutes (si, si, il y a plein d’études sérieuses), il met jusqu’à quatre siècles pour se dégrader complètement dans la nature. Bien pire qu’un mégot de cigarette (deux ans) ou un mouchoir en papier (trois mois). Et à peu près aussi pire qu’une canette en aluminium (deux cents à cinq cents ans).

Mais ouf, on pourra sûrement continuer à consommer sans vergogne du sac plastique – et jusqu’au trognon –puisque depuis quelques années déferlent de fins sachets en plastique fabriqués… sans plastique. Et ça se passe en Suisse, à Gland. Ces cornets sont compostables, biodégradables jusqu’aux anses, assure-t-on, fabriqués à partir d’amidon de maïs ou de pomme de terre! On pourrait presque les manger avec les fruits qu’on transporte dedans.

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck