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1 décembre 2016

Vienne, toujours impériale

Elue cette année ville la plus agréable à vivre au monde, la capitale autrichienne a aussi beaucoup à offrir à ses visiteurs, entre musées immenses, parcs tranquilles, larges avenues, cafés mythiques et culture omniprésente.

1 Le Graben est une rue piétonne très chic du centre-ville

Le Graben est une rue piétonne très chic du centre-ville (Photos: Istock/Office du tourisme de Vienne).

Attablé à une charmante petite table enfin dénichée dans l’un des boudoirs du très chic café Demel, le temps semble s’être arrêté en pleine période impériale. Le Hofburg, palais d’hiver du très aimé empereur François-Joseph, n’est qu’à quelques dizaines de mètres.

Centenaire de sa mort oblige, Vienne consacre plusieurs événements à la mémoire du monarque, personnalité la plus photographiée du XIXe siècle, dont le long règne - soixante-huit ans - s’est étendu jusqu’à sa mort en 1916.

Dans la belle salle de la bibliothèque nationale aux 200 000 livres, une exposition de photographies nous rappelle par exemple que son épouse, la fameuse impératrice Sissi, n’était guère portée sur la bagatelle. Et que François-Joseph se consola dans les bras de Katharina Schratt, actrice qui incarnait sur les planches Marie-Thérèse, son arrière-arrière-grand-mère.

Non loin de la bibliothèque, un crochet par l’église Saint-Augustin permet de découvrir à l’arrière de son chœur néogothique les galeries utilisées par la famille impériale pour assister à l’office. Un passage direct depuis le palais permettait d’éviter de traverser les cours extérieures. Cette église a d’ailleurs été le théâtre de nombreuses noces impériales.

Une ambiance très classique et tout en détente

De ses délicieux et nombreux cafés érigés ici au rang de culture jusqu’à ses larges avenues où il fait bon marcher en passant par une musique classique omniprésente, Vienne respire l’opulence et le bien-vivre. Pour la septième fois, la capitale autrichienne par essence multiculturelle – la Slovaquie se trouve à tout juste 60 kilomètres – a été sacrée cité la plus agréable à vivre au monde par la société de conseil Mercer.

Un siècle après la chute de l’empire, son opulence et sa grandeur résonnent encore dans les allées du Hofburg et de sa grandiloquente place des Héros et ses deux statues équestres: celle du prince Eugène de Savoie, qui batailla avec succès contre les Ottomans. Et, en face, la statue de Charles-Louis d’Autriche, frère de François Ier et plusieurs fois vainqueur des armées napoléoniennes.

Situé en plein centre-ville, le palais constituait le pendant hivernal de Schönbrunn et de ses célèbres jardins inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, popularisés par les films de Sissi. C’est aussi dans le palais du centre ville que se trouve le musée consacré à l’impératrice d’Autriche. Une visite permet de constater combien le septième art a pris ses libertés avec ce personnage bien différent de son incarnation à l’écran par l’actrice Romy Schneider.

Une grandeur pas seulement métaphorique

Avec ses vingt-trois arrondissements lovés autour de son centre historique, et sa population en passe de franchir le cap des 2 millions – soit le quart du pays – la capitale autrichienne offre bien sûr des visages multiples. A la belle saison, une balade à la découverte des bistrots branchés des bords du Danube suffit à s’en convaincre.

Tout comme une visite nocturne sur la place piétonne du Museumsquartier (quartier des musées), mélange très réussi entre passé et futur créé au tournant du millénaire en partie sur l’emplacement d’anciennes écuries impériales.

Entourée d’une part par le bâtiment blanc du musée Léopold (du nom de l’ophtalmologue qui fit don, entre autres, de quelques Klimt et Schiele) et de l’autre côté par le musée d’art moderne Mumok, tout de gris béton vêtu, elle s’anime le soir avec l’ouverture de toute une série de bistrots qui font le bonheur de noctambules de tout âge.

La modernité au coin de la rue Non loin de là, le quartier bohème chic du Spittelberg abrite de nombreux cafés, des boutiques d’artisans ainsi que des galeries branchées. Comme à Burggasse, Das Möbel, un bar où tout s’achète, lampes et mobilier design compris. L’ambiance est un peu moins alternative au Tian Bistrot, où une excellente cuisine végane est servie sous une verrière épurée.

Certains Viennois de souche, dont notre guide du jour, voient dans le quartier la plus authentique et intéressante partie du marché de Noël qui s’étend désormais jusqu’à la place de l’Hôtel-de-Ville et, de l’autre côté du Ring (le grand boulevard construit sur ordre de l’empereur François-Joseph qui entoure le centre-ville historique), de la Museumplatz au pied de la statue de l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche, la fille de Charles VI et seule monarque féminine héritière des domaines des Habsbourg, et dont le règne fut l’un des plus remarquables de l’empire austro-hongrois. Sa descendance, forte de dix enfants, formera beaucoup des grandes familles de l’aristocratie européenne.

Pour rejoindre le Spittelberg depuis le quartier des musées, il convient de passer par la salle de spectacle de la Kunsthalle où son étonnant bar de métal baigné de lumière bleutée jouxte une salle du XIXe siècle où subsiste encore la loge impériale. Mais aussi par le très branché Glacis Beisl, restaurant bistronomique à l’atmosphère intérieure moderne et cosy qui possède l’une des plus jolies terrasses fleuries et arborisées de la ville. De plus, la cuisine y est excellente. 

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey