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21 mai 2013

Un Sherlock Holmes en terres helvétiques

Vincent Delay, auteur vaudois, s’amuse à marcher sur les traces de Conan Doyle. Et sort un troisième roman policier digne du maître écossais. Frissons garantis!

Vincent Delay avec une vieille machine à écrire dans son bureau
La récréation de Vincent Delay: «Ecrire, c’est une manière agréable de passer ses soirées et de se changer les idées. Ce n’est pas un métier puisque je n’en vis pas. Disons plutôt une récréation, un hobby et une passion aussi. Parce qu’on se rend compte un jour que l’on ne peut plus s’en passer.»

Il est venu à l’écriture presque sur une boutade. Un ami typographe qui cherche à éditer un livre et le voilà pris au jeu! Depuis, Vincent Delay a déjà publié trois ouvrages, dont le dernier, Le vampire des Grisons vient de paraître aux Editions Limitées. Il faut dire que ce juriste, qui travaille à l’administration vaudoise, cultive l’amour d’une certaine littérature et du beau livre. Mieux: fin connaisseur de l’œuvre de Conan Doyle, il s’est piqué d’écrire des ouvrages dignes du maître de l’énigme.

Précieux, mais bourré d’humour, maniant la phrase latine avec la même aisance que Sherlock Holmes sa pipe en bois, Vincent Delay met la même élégance dans son quotidien que dans ses livres. Des personnages récurrents, ladies, professeur et colonel, pour un casting digne du Cluedo, avec souvent une touche de fantastique. Le tout emballé sous des jaquettes très pulp, typiques des années 50 (dessinées en fait par l’artiste contemporain Ian Green).

Et des enquêtes feutrées, où l’on ne croise pas toujours un cadavre, menées par Toby Sterling dans des lieux typiquement helvétiques. «C’est l’attrait des vieilles pierres! Cela permet de créer un univers inquiétant mais pas trop. J’avais envie d’utiliser ce décor local, très riche, les bateaux du Léman, le château de Gruyères, la tour de Malix...»

Mais attention, l’homme a des principes et se targue de suivre les règles d’or du roman policier. «L’art vit de contraintes. Quand je commence une histoire, je sais comment elle finira. Et je donne au lecteur tous les indices pour qu’il puisse résoudre l’énigme avant le dénouement.»

Si le tirage reste confidentiel, le cercle de lecteurs s’élargit rapidement. Et les plus férus guettent déjà le prochain ouvrage. «Le boucher de la Saint-Martin sortira en septembre. Ce ne sera pas sanguinolent, mais cette fois, il y aura quatre meurtres à la clé…»

Vincent Delay en quelques mots

Une locomotive à vapeur d'époque (Photo:Keystone/Jean-Christophe Bott)
Une locomotive à vapeur d'époque (Photo:Keystone/Jean-Christophe Bott)

Mon engagement
«Je suis membre de la société ferroviaire du Blonay-Chamby. On m’a demandé de donner un coup de main au stand de livres lors du Festival vapeur, qui a lieu chaque année. Du coup, j’enfile l’uniforme d’agent de gare et je m’amuse beaucoup à tenir le kiosque à cette occasion-là.»

Portrait de Sherlock Holmes. (Photo: Keystone/United Archives)
Portrait de Sherlock Holmes. (Photo: Keystone/United Archives)

Ma passion
«Petit, j’ai visité le musée de Sherlock Holmes à Lucens. Ensuite, j’ai commencé à lire les livres de Conan Doyle et j’ai continué avec la littérature d’analyse. En 1999, sur l’impulsion de Marcus Geisser, j’ai fondé la Société Sherlock Holmes en Suisse romande et je suis devenu conservateur du musée à Lucens en 2001. L’œuvre de Conan Doyle est très riche, on dirait que les personnages ont existé.»

Le mah-jong: un jeu compliqué.
Le mah-jong: un jeu compliqué.

Mon hobby
«Le mah-jong est un jeu compliqué, mystérieux, avec des tas de mots bizarres, parfait pour une scène de roman policier. J’ai été initié par un ami et on s’est mis à y jouer régulièrement. Cet ami a ensuite fondé l’association suisse de mah-jong et j’y suis entré. On se réunit deux fois par mois, mais je me considère encore comme un débutant.»

Un Playmobil sagement embobiné dans ses bandelettes...
Un Playmobil sagement embobiné dans ses bandelettes...

Ma collection
«J’ai gardé les Playmobil de mon enfance. C’est une tante des Pays-Bas qui me les envoyait à l’époque vu que, en 1975, on n’en trouvait pas encore en Suisse. Quand je vais dans les brocantes, j’essaie de compléter mes figurines. J’ai la momie, qui renvoie à un de mes romans, «La momie de Gruyères». Sans collectionneur, que deviendraient les jouets?»

Des spaghetti bien appétissants. (Photo: Istockphoto)
Des spaghetti bien appétissants. (Photo: Istockphoto)

Mon péché mignon
«Je ne suis pas un grand gastronome, un plat de spaghetti bolognaise me fait toujours plaisir. J’aime bien quand il y a un peu de sauce tomate et une bonne viande de bœuf. En Italie, on peut en manger dans tous les restos et ils sont à chaque fois différents!»

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Jeremy Bierer