Archives
15 juillet 2013

La ville: éternelle?

La chronique de Vincent Kaufmann, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, secrétaire général de la Communauté d’études pour l’aménagement du territoire (CEAT).

Vincent Kaufmann, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, secrétaire général de la Communauté d’études pour l’aménagement du territoire (CEAT).
Vincent Kaufmann, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, secrétaire général de la Communauté d’études pour l’aménagement du territoire (CEAT).

Les chercheurs autant que les urbanistes ont souvent prédit la fin des villes. Or, malgré l’étalement urbain, la pendularité, l’essor de la communication à distance, la ville persiste. Elle reste spécifique, identifiable, mieux même, en Suisse depuis une dizaine d’années de nombreuses villes-centres ont tendance à gagner des habitants. Pourquoi?

Si la ville est depuis longtemps une partie d’espaces fonctionnels beaucoup plus larges, dire que pour cette raison «l’urbain est partout», de Fribourg à Porrentruy, est insuffisant. La ville a gardé une substance qui ne se confond pas avec sa dimension fonctionnelle, à la fois sur le plan des ambiances et de la matérialité, mais aussi des rapports sociaux. Les villes ne se sont pas diluées dans un urbain sans bornes, parce que, précisément, elles offrent des qualités spécifiques qu’il n’est pas possible de trouver ailleurs. La ville suscite un certain rapport au connu et à l’inconnu, elle permet de voyager sans se déplacer, elle offre des opportunités très nombreuses qui permettent aisément de changer de rôle et d’état.

La multiplication des événements urbains festifs, la qualité renouvelée des aménagements et leur succès populaire, l’embourgeoisement de nombreux quartiers urbains centraux démontrent que «la ville de la ville» est très prisée. Vivre la ville pour les ambiances qu’elle offre et la sensorialité qu’elle dégage procure une expérience à laquelle on attache de la valeur.

Ce constat invite à ne pas seulement considérer la ville, qu’elle soit petite ou grande, dense, diverse, compacte, comme un héritage: il ne s’agit pas d’une forme spatiale du passé, ses qualités spécifiques sont permanentes.

Nos chroniqueurs sont nos hôtes. Leurs opinions ne reflètent pas forcément celles de la rédaction.

Auteur: Vincent Kaufmann