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20 juillet 2015

Y a-t-il encore une valise dans l’avion?

A l’origine réservée à Easyjet ou encore Ryan Air, la tarification des bagages à la carte est aujourd’hui aussi adoptée par certaines compagnies traditionnelles. Les passagers, eux, doivent se débattre avec les dimensions fluctuantes des trolleys acceptés en cabine.

Des passagers et leurs valises photo
Le nouveau système tarifaire pour les vols européens stipule que placer un sac ou une valise en soute nécessitera un supplément. (Photo: Keystone)

Aéroport de Genève, scène de la vie quotidienne. Devant une porte d’embarquement, un passager s’insurge: on vient de lui annoncer qu’il devait enregistrer la valise qu’il avait prévu d’emporter avec lui en cabine… moyennant un supplément, bien sûr! «Elle ne répond pas aux normes», assène le steward. «Votre collègue au check-in m’a dit que tout était en ordre», rétorque le voyageur. Chacun campe sur ses positions. Mais d’où vient le flou qui semble régner sur les dimensions des bagages à main acceptées dans les avions?

Si l’Association internationale du transport aérien (IATA) dispense de sages conseils concernant la taille de valise maximum à adopter par les compagnies, ce sont finalement à elles que revient le dernier mot. Et le fait que IATA ait lancé en juin un nouveau projet visant à optimiser ces dimensions n’a guère amélioré la donne. Devant la confusion occasionnée par cette annonce, IATA a finalement dû se résoudre à mettre en suspens son projet pour le réévaluer.

Du côté de Swiss, les règles sont claires: 55 x 40 x 23 cm et 8 kg maximum pour les bagages en cabine. Le nouveau système tarifaire pour les vols européens, adopté fin juin, stipule quant à lui que placer un sac ou une valise en soute nécessitera un supplément, de même que le choix de son siège. En revanche, hors de question pour l’heure de faire payer repas et boissons. Contrairement aux compagnies low-cost qui ont franchi le pas depuis longtemps.

«Aujourd’hui, le passager paie en fonction de ses besoins»

Evelyne 
Lozeron-Gentile, porte-parole de Swiss pour la Suisse romande photo.
Evelyne Lozeron-Gentile, porte-parole de Swiss pour la Suisse romande

Evelyne
Lozeron-Gentile,
porte-parole de Swiss pour la Suisse romande.

Swiss a récemment adopté un nouveau système tarifaire où chaque prestation (bagage en soute, réservation des sièges, etc.) est payante. Pourquoi un tel choix?

Nous avons souhaité répondre aux attentes des voyageurs, en optant pour une tarification à la carte. Par exemple, le tarif «Light», sans bagage en soute, est très apprécié. Jusqu’alors, le client payait un billet incluant un bagage à main et un bagage en soute, alors qu’il n’en transportait pas forcément. Il s’agit d’une nouvelle philosophie de voyage. Le passager paie aujourd’hui en fonction de ses besoins, et l’époque du «tout inclus» est effectivement révolue. C’est le cas dans d’autres secteurs, comme la téléphonie, où l’abonnement que vous souscrivez contient uniquement les options que vous choisissez...

Rendre les bagages en soute payants pousse les passagers à prendre un petit trolley en cabine. Or, bien souvent, les espaces de rangement mis à disposition ne sont pas suffisants et certaines valises doivent partir en soute…

En effet, cela arrive. Tout dépend du volume total de bagages que cela représente et de la taille de l’avion. Dans les Jumbolino en partance pour London City, nous devons fréquemment rajouter des valises en soute. Mais nous savons faire preuve de souplesse en la matière et les passagers s’en plaignent peu. Par ailleurs, en plus de la valise en cabine, nous acceptons également les sacs à main et les ordinateurs portables.

N’avez-vous jamais eu affaire à des passagers qui pensaient pouvoir emporter leur valise en cabine et ont dû l’enregistrer au dernier moment, à la porte d’embarquement?

Si, mais s’ils n’ont pas respecté les normes, ils sont en général assez disciplinés et acceptent de payer l’enregistrement. Et puis, ils sont désormais habitués aux régulations concernant les bagages, qu’ils voyagent avec Swiss ou une autre compagnie. Les dimensions et le poids maximaux sont clairement communiqués. Les réclamations sont donc rares et concernent des cas véritablement isolés.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a récemment évoqué de nouvelles normes pour les bagages en cabine. Ne risqueriez-vous pas de semer la confusion parmi vos passagers si vous les adoptez?

La recommandation de l’IATA ne s’impose pas de façon obligatoire aux compagnies aériennes, chacune étant libre d’émettre ses propres règles. Chez Swiss, le poids maximum des bagages en cabine est de 8 kg, alors que IATA a fixé la norme à 10. Nous avons fait ce choix pour ménager la santé de nos équipages qui aident bien souvent les passagers à placer leurs sacs et valises dans les espaces de rangement. A force, cela pourrait être nuisible pour leur dos.

N’avez-vous pas peur qu’on vous associe de plus en plus à une compagnie low-cost, du moins en matière de tarification des prestations?

Swiss n’est pas une compagnie low-cost, nous nous adaptons simplement aux demandes du marché et nous personnalisons le produit en fonction des demandes des passagers.

Finalement, il ne reste plus grand- chose dans le prix de base… Devra-t-on bientôt payer les repas pris à bord?

Tous nos produits incluent le vol, le transport d’un bagage à main, l’attribution définitive d’un siège lors de l’enregistrement, la collecte de miles, ainsi que le service à bord sur lequel nous ne faisons aucun compromis en termes de qualité. Nos passagers ne seront donc pas privés de boissons, d’un en-cas ou d’un repas, selon la durée du vol, et bien sûr du fameux chocolat. Nous y tenons. Dans les options payantes, les clients peuvent opter pour des «petits plus», tels qu’une bouteille de champagne.

Texte © Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman