Archives
9 mars 2017

Yoann Provenzano, l'humoriste monstre cool

Certains l’ont déjà surnommé le «François Silvant 2.0». Après avoir créé une galerie mémorable de personnages dans des vidéos postées sur Facebook, le Vaudois Yoann Provenzano monte sur les planches, pour un premier spectacle au long cours.

Yoann Provenzano sur scène
L'humoriste vaudois est promis à un bel avenir sur les scènes romandes.

«Enfant, j’étais un peu le guignol de la classe. C’était ma façon de me démarquer. J’avais de la tchatche.» Aujourd’hui Yoann Provenzano l’a toujours, la tchatche. Il est étudiant à l’Unil mais aussi un humoriste qui s’est fait connaître sur le web par des vidéos très courtes, essentiellement sur Facebook. (Lien vers la page de Yoann Provenzano)

Le voilà qui s’attaque à la scène avec un premier spectacle au long cours: «Seul(s) dans ma tête». Une allusion aux personnages de ses vidéos que l’on retrouvera sur les planches. Comme l’inénarrable Vaudois à casquette PMU. «André Delacrottaz, je l’aime bien, il peut dire n’importe quoi, être bourrin, ou au contraire super romantique. J’ai grandi à Villeneuve et ce personnage met en avant, avec des traits plutôt gras, mon amour pour le canton de Vaud.»

Et puis l’accent vaudois, je trouve ça monstre cool.»

Yoann Provenzano explique se situer «dans le respect» des personnages qu’il caricature plutôt que dans la moquerie, «dans la dérision plutôt que le ridicule». Contrairement à la plupart de ses confrères, il refuse de s’aventurer sur le marécage politique: «Je m’y intéresse pas trop, je ne pense donc pas avoir un avis légitime. En plus, quand vous touchez à la politique sur les réseaux sociaux, il faut mettre des gants blancs, avec par-dessus encore des pincettes. Je n’ai pas envie que mes vidéos deviennent un champ de bataille où les gens se tapent dessus à coup de commentaires.»

Une journée avec Yoann Provenzano

L'humoriste a trouvé basket à son pied.
L'humoriste a trouvé basket à son pied.

8  h Chaussure à son pied
«J’aime beaucoup les baskets. Cela vient d’une frustration: quand j’étais petit, je ne pouvais pas avoir celles que je voulais. Maintenant que je peux, j’en achète évidemment beaucoup trop.»

Yoann Provenzano se déplace volontiers en train.
Yoann Provenzano se déplace volontiers en train.

9  h A la gare
«J’ai le permis, mais je n’ai pas envie de m’énerver dans les bouchons. Le train, c’est cher, bien sûr, mais sur la longueur, moins que la voiture. Pas besoin de se préoccuper des places de parking et je peux rester dans mes pensées.»

L'humoriste aimerait devenir prof. Ou le contraire.
L'humoriste aimerait devenir prof. Ou le contraire.

10 h A l’Unil
«J’étudie le français et l’anglais, avec l’envie de devenir prof, même si j’aimerais d’abord être humoriste. J’adore la vie d’étudiant, l’ambiance du campus associée à un gain de connaissance, surtout les périodes d’examen quand tout le monde est là, à la bibliothèque, et bosse ensemble.»

Yoann Provenzano est très attaché à la culture albanaise.
Yoann Provenzano est très attaché à la culture albanaise.

14  h Le rappeur albanais
«J’ai grandi avec plein d’amis albanais, à l’école, au foot. Ça fait partie de ma culture dans le sens où les Kosovars sont les premières personnes que j’ai vues arriver de l’étranger. Je me suis attaché à eux. A travers ce personnage, j’essaie de faire passer ce que j’appellerais des stéréotypes positifs.»

L'humoriste apprécie les valeurs du foot qui aussi celles du quotidien.
L'humoriste apprécie les valeurs du foot qui aussi celles du quotidien.

16  h A la Pontaise
«J’aime beaucoup le foot. J’ai joué à Montreux et avec les M17 du Lausanne Sport, contre Granit Xhaka, Ricardo Rodriguez, ces gens-là. J’aime bien le côté esprit d’équipe, aider le coéquipier en difficulté, ne pas lâcher, ne pas abandonner, ne pas tricher dans son effort. Des valeurs aussi pour la vie de tous les jours.»

Yoann Provenzano tente le pari de passer de Facebook à la scène.
Yoann Provenzano tente le pari de passer de Facebook à la scène.

20  h Le spectacle
«C’est un mélange que j’espère harmonieux entre le court et le un peu plus long, avec des sketches de six à sept minutes en moyenne. J’ai un public plutôt très jeune, des gamins qui vont très rarement dans un théâtre et ont plus l’habitude de se retrouver en boîte ou de se poser chez eux.»

Textes: © Migros Magazine | Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: François Wavre / lundi 13