26 septembre 2013

Arrête ton cirque!

Du simple cercle au cirque qui nous laisse époustouflés, il a fallu quelques siècles et de l'ingéniosité pour que la fameuse piste trouve ses lettres de noblesse et se fasse une place digne de ce nom.

Dessin d'un éléphant en train de rouler à bicyclette en jonglant, sur une piste de cirque
Les pistes de cirque font 13 m de diamètre.
Temps de lecture 2 minutes

C’est quoi ce cirque? Eh bien, ce cercle de sciure rond de 13 mètres de diamètre nous vient d’un militaire anglais qui s’est le premier amusé à transgresser les règles de la cavalerie en 1768. Un soir de juillet, le sergent Philip Astley fait faire quelques acrobaties à son cheval, dans un modeste enclos de cordes planté sur un champ. Le premier numéro de cirque est né.

Bon, me direz-vous, le cirque, c’est quand même romain, tout le monde sait ça! Pas du tout. A l’époque d’Astérix et Obélix, les cirques n’étaient d’ailleurs pas ronds, mais constitués d’une piste oblongue. Et en guise de spectacles, c’était des courses de chars qu’ils abritaient. A tort, on a fait la confusion entre le cirque et l’amphithéâtre, qui lui était rond, et lui accueillait les fameux et faussement nommés jeux du cirque – joyeux combats de gladiateurs ou d’animaux.

Après notre militaire anglais, qui séduit jusqu’à la reine Marie-Antoinette, mais bat en retraite à la Révolution française, c’est un Français qui reprend le flambeau du cirque. Un fameux Antonio Francioni et ses descendants. Puis le cirque devient cirque-ménagerie, mélange d’exhibitions zoologiques et ethnologiques dès le XIXe siècle. Les premiers animaux sauvages à fouler la sciure sortent des bateaux des colons. L’éléphant en tête.

Ou peut-être les phoques, avec un certain Carl Hagenbeck, poissonnier allemand. On raconte qu’un jour de 1848, il reçoit malencontreusement des chiens marins dans sa traditionnelle cargaison de poissons. Le marchand ne perd pas le nord, mais décide de les montrer, contre espèces sonnantes et trébuchantes.

(ci-dessous, un extrait de représentation dans les années 1950).

Tandis que les numéros équestres restent longtemps aristocratiques, les clowns – de l’anglais «clod» qui signifie bouffon de campagne ou paysan balourd – viennent aussi faire les pitres dans le cercle déjà avec Philip Astley, qui lance le mouvement avec un premier cavalier très maladroit.

Illustration: Konrad Beck

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