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Milan, l’insolite

La capitale lombarde réserve de nombreuses surprises à ceux qui sauront s’échapper des hauts lieux touristiques. La preuve avec cette balade de la basilique Sant’Eustorgio jusqu’aux quartiers très tendance de Brera et de Porta Nuova.

Milan, pour les touristes, se résume la plupart du temps à son dôme, à la galerie marchande Vittorio Emanuele II et l’opéra de la Scala. Au-delà de ces incontournables se cachent pourtant des curiosités qui valent largement le détour. Quitte à se perdre dans le dédale de ruelles pavées que forme la métropole italienne.

A quelques jours seulement de l’Epiphanie, notre périple démarre logiquement à la jolie basilique de style roman Sant’Eustorgio, à la hauteur de la Porta Ticinese. D’aucuns l’ignorent, mais c’est ici qu’ont été entreposés les corps (supposés) des trois Rois mages pendant plus de huit cents ans.

Les dimensions du sarcophage sont impressionantes.

L’histoire dit que les célèbres reliques ont été offertes par l’empereur Constantin en 343 à Eustorge Ier, évêque de Milan. Après un long voyage, quelques mètres avant d’entrer dans la cité antique, le chariot transportant le lourd sarcophage de pierre s’embourba dans le sol. Interprétant cet événement comme un signe divin, l’évêque décida alors de faire construire une basilique à cet endroit même.

Dès cet événement, Milan se transforma en un haut lieu de pèlerinage chrétien. Mais seulement jusqu’en 1164, date à laquelle l’empereur germanique Frédéric Barberousse offrit les précieuses reliques à la ville de Cologne après avoir mis à sac la capitale lombarde. Aujourd’hui encore, les reliques sont conservées dans la plus grande cathédrale d’Allemagne.

La finesse du travail et les matériaux du coffre laissent deviner à quelle point les reliques, si petites soient elles, étaient précieuses aus yeux des évêques.

A l’exception de trois os, restitués à Milan en 1906 après les demandes répétées de ses évêques. Avec le sarcophage de pierre, ils sont abrités à l’intérieur de la basilique, discrètement entreposés à la droite du chœur. Symbolisant ce riche trésor, le clocher de la basilique est toujours flanqué d’une étoile à huit branches (représentant l’étoile de Bethléem qui a guidé les Rois mages, ndlr) à la place de la traditionnelle croix.

Si pèlerins et touristes ne sont plus très nombreux à se déplacer jusqu’ici – le matin de la visite, nous étions seuls dans la basilique –, l’Epiphanie est encore célébrée en grande pompe dans la capitale lombarde. Tous les 6 janvier, un grand cortège en habits d’époque est organisé de la Piazza del Duomo jusqu’à Sant’Eustorgio, trois personnes endossant le rôle des Rois mages.

Les curiosités de Brera

Après l’histoire, place à un peu de shopping. Mais pas n’importe où… Si les touristes se dirigent généralement en masse vers le Corso Vittorio Emanuele, le Corso Buenos Aires ou la Via Torino, nous optons pour le vieux quartier de Brera et ses jolies ruelles pavées.

Impossible de se balader dans cet arrondissement de Milan sans prendre le temps d’admirer d’abord sa célèbre Pinacothèque, (lien en italien et en anglais) fondée sous l’ère napoléonienne. Le musée d’art ancien et moderne le plus fameux de Milan est aussi l’un des plus importants d’Italie.

Même si le temps manque pour visiter ce haut lieu de la culture, il vaut la peine de jeter au moins un coup d’œil à sa cour intérieure de style baroque et sa statue de Napoléon, signée Antonio Canova.

Nous poursuivons notre périple par la Via Brera. Sur toute sa longueur ainsi que sur son prolongement Via Solferino, l’artère multiplie les échoppes de mode, certaines abritant les marques italiennes connues à l’international, et d’autres, plus intéressantes, qui sont encore propriété de stylistes milanais indépendants.

A «L’Orto di Brera», on peut choisir soi-même les ingrédients frais de son repas.

La faim se faisant sentir en ce début d’après-midi, c’est un tout autre type de commerce qui retient notre attention, à quelques pas de là, via San Carpoforo. «L’Orto di Brera» (lien en italien), comme son nom l’indique («le jardin de Brera», ndlr), est d’abord un magasin de fruits et légumes.

Mais derrière les étals richement colorés, se cache une cuisine discrète. «On peut faire ici ses courses, mais aussi prendre le temps de s’asseoir et de goûter aux plats préparés par notre chef, explique Cesare Valente, responsable du point du vente. La quasi-totalité des produits provient d’Italie et ils peuvent être préparés sur place à votre convenance.»

Un quartier transformé

L’échoppe est un très bon exemple de l’innovation dont font preuve la plupart des commerçants du quartier. «Il s’est énormément développé ces dernières années, confirme le Milanais en nous préparant une délicieuse soupe à la courge. Autour de la Pinacothèque, de nombreuses galeries et restaurants ont ouvert leurs portes.» Les jolies rues piétonnes, aménagées dernièrement dans cet arrondissement de Milan, n’y sont pas étrangères.

La majorité des antiquaires a également choisi d’élire domicile dans ce quartier. A l’image de la boutique «Il Cirmolo», Via Fiori Chiari, le plus grand choix à Brera de meubles et objets vintage tels que jouets, lampes, enseignes publicitaires ou encore vaisselle. «Tout est d’époque, assure le gérant Matteo Giannelli. J’ai déniché la plupart de ces objets de type industriel en Italie, d’autres en France et en Angleterre.»

Il faut avoir le cœur bien accroché pourapprécier cette boutique, mais l’originalité de son inventaire vaut la visite.

Autre antiquaire, mais dans un tout autre style: le cabinet de curiosités «Antichi Vizi» (lien en italien), Via dell’Orso. Animaux dans le formol, collections d’insectes, fioles de pharmacie ou modèles d’organes en plastique: il y en a pour tous les goûts. Du moins pour ceux qui apprécient ce style de décorations... «La plupart des clients sont des hommes âgés de plus de 50 ans, explique la gérante Francesca Casati. Mais je reçois aussi de nombreuses jeunes personnes.

C’est très tendance aujourd’hui d’afficher chez soi d’anciens schémas de biologie ou de vieilles cartes géographiques, comme on en avait autrefois dans les écoles.»

Une tendance ultra-moderne

Pour ceux qui aimeraient aller à la découverte du visage le plus moderne de Milan, il est possible de poursuivre son chemin à pied jusqu’au Corso Como. Le long de la petite rue piétonne, de nombreuses maisons de haute couture ont établi domicile. L’adresse la plus célèbre reste probablement le 10, Corso Como (lien en anglais), qui regroupe au sein du même immeuble une galerie d’art, un restaurant et un concept store de mode et de design.

Sur la Piazza XXV Aprile voisine, ne manquez pas également le supermarché gastronomique Eataly (lien en italien et en anglais). Les amateurs de cuisine italienne seront comblés, grâce à son énorme assortiment de produits alimentaires répartis sur trois étages. Le complexe comprend également une librairie spécialisée dans les livres de cuisine et plusieurs restaurants.

Pour terminer la journée en beauté, il vaut la peine de jeter encore un coup d’œil au quartier ultra-moderne de Porta Nuova, à l’autre bout du Corso Como. Depuis 2009, les gratte-ciel de verre y ont poussé comme des champignons. Le plus emblématique reste le «Bosco verticale» de l’architecte Stefano Boeri (lien en anglais): deux tours de 110 et 76 mètres dont la façade sert de résidence à plus de 20 000 arbres et arbustes. Une preuve de plus que Milan, dans bien des domaines, reste à la pointe des nouvelles tendances.

Texte: © Migros Magazine | Alexandre Willemin

 

Publié dans l'édition MM 1
3 janvier 2017

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Traditions

La «Mère Noël» italienne

C’est une tradition purement italienne. Dans ce pays transalpin, la Befana, plus célèbre que le Père Noël, apporte des cadeaux aux enfants la veille de l’Epiphanie. Le personnage se présente sous les traits d’une vieille sorcière souriante.

Dans ses poches, elle transporte des friandises pour les bambins les plus sages et du charbon (aujourd’hui remplacé par de la réglisse) destiné à ceux qui ont manqué de discipline au cours de l’année.

Selon les historiens, la fête de la Befana dériverait d’anciennes traditions romaines, récupérées par les chrétiens.

Mais qui est cette «Mère Noël»? On explique aux enfants italiens que les Rois mages, sur la route pour Bethléem, avaient demandé leur chemin à une vieille dame. Cette dernière, malgré leur invitation, avait refusé de les suivre jusqu’à l’Enfant Jésus.

Prise de remords, elle a alors préparé un panier rempli de gâteaux et fruits secs et s’est mise à leur recherche. Malgré sa détermination, elle n’a jamais pu retrouver trace de la caravane des Rois mages et a donc décidé d’offrir ses présents aux enfants croisés sur son chemin.

A Milan aussi, la gentille vieille dame est célébrée de différentes manières. Ainsi, le 6 janvier, une Befana descend sur une barque les fameux Navigli (canaux) de la cité, profitant de distribuer au passage des friandises aux enfants présents sur les rives.

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1 Commentaire

Marie Antoinette Guillod [Invité(e)]

Ecrit le
29 décembre 2016

Milano è una magnifica città e la galeria Vittorio Emanuele un delizio.
I piccoli bar d'angolo per un ristretto un sogno.
Ci andrò con gran piacere se guadagno.

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