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Vienne, toujours impériale

Elue cette année ville la plus agréable à vivre au monde, la capitale autrichienne a aussi beaucoup à offrir à ses visiteurs, entre musées immenses, parcs tranquilles, larges avenues, cafés mythiques et culture omniprésente.

Attablé à une charmante petite table enfin dénichée dans l’un des boudoirs du très chic café Demel, le temps semble s’être arrêté en pleine période impériale. Le Hofburg, palais d’hiver du très aimé empereur François-Joseph, n’est qu’à quelques dizaines de mètres.

Centenaire de sa mort oblige, Vienne consacre plusieurs événements à la mémoire du monarque, personnalité la plus photographiée du XIXe siècle, dont le long règne - soixante-huit ans - s’est étendu jusqu’à sa mort en 1916.

Dans la belle salle de la bibliothèque nationale aux 200 000 livres, une exposition de photographies nous rappelle par exemple que son épouse, la fameuse impératrice Sissi, n’était guère portée sur la bagatelle. Et que François-Joseph se consola dans les bras de Katharina Schratt, actrice qui incarnait sur les planches Marie-Thérèse, son arrière-arrière-grand-mère.

Non loin de la bibliothèque, un crochet par l’église Saint-Augustin permet de découvrir à l’arrière de son chœur néogothique les galeries utilisées par la famille impériale pour assister à l’office. Un passage direct depuis le palais permettait d’éviter de traverser les cours extérieures. Cette église a d’ailleurs été le théâtre de nombreuses noces impériales.

Une ambiance très classique et tout en détente

De ses délicieux et nombreux cafés érigés ici au rang de culture jusqu’à ses larges avenues où il fait bon marcher en passant par une musique classique omniprésente, Vienne respire l’opulence et le bien-vivre. Pour la septième fois, la capitale autrichienne par essence multiculturelle – la Slovaquie se trouve à tout juste 60 kilomètres – a été sacrée cité la plus agréable à vivre au monde par la société de conseil Mercer.

Un siècle après la chute de l’empire, son opulence et sa grandeur résonnent encore dans les allées du Hofburg et de sa grandiloquente place des Héros et ses deux statues équestres: celle du prince Eugène de Savoie, qui batailla avec succès contre les Ottomans. Et, en face, la statue de Charles-Louis d’Autriche, frère de François Ier et plusieurs fois vainqueur des armées napoléoniennes.

Situé en plein centre-ville, le palais constituait le pendant hivernal de Schönbrunn et de ses célèbres jardins inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, popularisés par les films de Sissi. C’est aussi dans le palais du centre ville que se trouve le musée consacré à l’impératrice d’Autriche. Une visite permet de constater combien le septième art a pris ses libertés avec ce personnage bien différent de son incarnation à l’écran par l’actrice Romy Schneider.

Une grandeur pas seulement métaphorique

Avec ses vingt-trois arrondissements lovés autour de son centre historique, et sa population en passe de franchir le cap des 2 millions – soit le quart du pays – la capitale autrichienne offre bien sûr des visages multiples. A la belle saison, une balade à la découverte des bistrots branchés des bords du Danube suffit à s’en convaincre.

Tout comme une visite nocturne sur la place piétonne du Museumsquartier (quartier des musées), mélange très réussi entre passé et futur créé au tournant du millénaire en partie sur l’emplacement d’anciennes écuries impériales.

Entourée d’une part par le bâtiment blanc du musée Léopold (du nom de l’ophtalmologue qui fit don, entre autres, de quelques Klimt et Schiele) et de l’autre côté par le musée d’art moderne Mumok, tout de gris béton vêtu, elle s’anime le soir avec l’ouverture de toute une série de bistrots qui font le bonheur de noctambules de tout âge.

La modernité au coin de la rue Non loin de là, le quartier bohème chic du Spittelberg abrite de nombreux cafés, des boutiques d’artisans ainsi que des galeries branchées. Comme à Burggasse, Das Möbel, un bar où tout s’achète, lampes et mobilier design compris. L’ambiance est un peu moins alternative au Tian Bistrot, où une excellente cuisine végane est servie sous une verrière épurée.

Certains Viennois de souche, dont notre guide du jour, voient dans le quartier la plus authentique et intéressante partie du marché de Noël qui s’étend désormais jusqu’à la place de l’Hôtel-de-Ville et, de l’autre côté du Ring (le grand boulevard construit sur ordre de l’empereur François-Joseph qui entoure le centre-ville historique), de la Museumplatz au pied de la statue de l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche, la fille de Charles VI et seule monarque féminine héritière des domaines des Habsbourg, et dont le règne fut l’un des plus remarquables de l’empire austro-hongrois. Sa descendance, forte de dix enfants, formera beaucoup des grandes familles de l’aristocratie européenne.

Pour rejoindre le Spittelberg depuis le quartier des musées, il convient de passer par la salle de spectacle de la Kunsthalle où son étonnant bar de métal baigné de lumière bleutée jouxte une salle du XIXe siècle où subsiste encore la loge impériale. Mais aussi par le très branché Glacis Beisl, restaurant bistronomique à l’atmosphère intérieure moderne et cosy qui possède l’une des plus jolies terrasses fleuries et arborisées de la ville. De plus, la cuisine y est excellente. 

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

 

Publié dans l'édition MM 49
5 décembre 2016

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Au cœur des traditions

Cafés universels et gastronomie locale

Les niches typiques des anciens cafés viennois invitent à passer du bon temps. (Photo: Keystone)

Evidemment, qui dit Vienne, dit célébrissimes cafés. Ce pilier de l’art de vivre viennois se développe dès la fin du XVIIIe siècle et le départ des Turcs levant le siège de la ville. Au tournant du XXe siècle, l’effervescence intellectuelle locale leur doit beaucoup: des artistes et penseurs tels que Kokoschka, Trotski, et Karl Kraus les fréquentent assidûment. Il en existe aujourd’hui près de 1500, des plus historiques aux très branchés. Difficile de ne pas y trouver son bonheur! Nous avons aimé nous attabler, tout près du Museumsquartier, au Café Central, fief littéraire où flotte encore l’ombre d’Arthur ­Schnitzler et de Peter Altenberg et dont les viennoiseries maison sont exquises. Près de l’Hôtel de Ville, nous avons dégusté une délicieuse goulache au café Landtmann. Ouvert en 1873, il était alors le plus grand de la ville. Une institution très fréquentée par Sigmund Freud, qui a vu défiler son quota de stars, de Marlene Dietrich à Paul McCartney en passant par Romy Schneider. On peut y feuilleter de très nombreux quotidiens.

Enfin, le Café Museum et son charme éternel, qui a accueilli tout ce que Vienne comptait d’artistes, de Klimt, Schiele à Adolf Loos en passant par Elias Canetti. Quant à la meilleure escalope, elle se dégusterait au Café Impérial, classé monument historique.

A deux rues du luxueux Kohlmarkt, le Café Hawelka et son ambiance un peu arty où les Buchteln maison (spécialité à base de pâte levée et de marmelade, pendant viennois de la boule de Berlin) en font un rendez-vous très prisé en soirée. Une façon très agréable de profiter des cafés viennois est d’y prendre le petit-déjeuner. Par exemple sous forme d’un copieux brunch, qui peut être classique avec viennoiseries et Semmeln (petits pains blancs) ou carrément goulache et saucisses comme au Café Drechsel sur le Naschmarkt. Quant au Joma (Hoher Markt 10-11), il propose notamment des œufs sous toutes leurs formes.

En chemin en hiver, plutôt que des marrons chauds, on achètera aux multiples marchands de rue une Kartoffelpuffer, soit une galette de pommes de terre cuite.

Y venir, s’y loger

La compagnie Easy Jet propose depuis Genève des vols directs vers Wien Schwechat à des horaires idéaux. Le «CAT» (City Airport Train), mène en moins de vingt minutes à Wien Mitte, le nœud ferroviaire et métropolitain du centre. Il est pratique de s’installer près du Ring et du centre historique, par exemple à l’hôtel 25hours. Comme les autres établissements de cette chaîne présente de Zurich à Amsterdam, la décoration est astucieusement décalée, l’ambiance branchée chic et les chambres parfaites. Nous avons adoré le prêt d’un sac en bandoulière, le copieux buffet du petit-déjeuner et le bar sur le toit à l’ambiance aussi géniale que sa vue.


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3 Commentaires

Antoinette Paillard [Invité(e)]

Ecrit le
25 décembre 2016

Vienne....il y a tellement à en dire......Sissi....ses mélodies viennoises, la cathédrale St.-Etienne, ses pâtisseries succulentes, ses concerts
symphoniques, ses magasins attrayants , bref une ville enchanteresse où il ferait bon aller.
Qui sait si cette fois la chance me sourira???

Maurice Burnier [Invité(e)]

Ecrit le
11 décembre 2016

Qui ne connaît pas l'enjôleuse et riante ville de Vienne, la cité de la musique et de l'amour et de l'insouciance? Ses valses ont conquis l'univers; les mélodies viennoises charment toutes les oreilles, le film sur Sissi, l'impératrice assasinée à Genève, touche toujours nos coeurs.Le magnifique édifice gothique du Stefans-Dom (cathédrale de St-Etienne) indique aux touristes qui visitent la ville la voie à suivre pour atteindre les quartiers mondains et mouvementés du centre, où se trouvent les somptueux étalages des magasins élégants, où le luxe qui s'y déploie donnent l'impression d'un jour éternel de fête.Le soir, l'immense cité est une étincelante mer de lumière. Sur la vaste Ringstrasse, les promeneurs se délassent des fatigues journalières. Le château de Schönbrunn renferme les souvenirs tragiques de la famille impériale et d'un Etat voué à l'effondrement. Vienne qui a pleuré, Vienne qui rit, on s'y sent bien aujourd'hui.

Marie A. [Invité(e)]

Ecrit le
2 décembre 2016

Une ville magnifique, une population accueillante, je me réjouis d'y retourner !!!

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