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Quand les oreilles décollent

Pas toujours facile de vivre avec des oreilles qui ressemblent à des feuilles de chou. La chirurgie plastique permet de corriger un défaut esthétique qui gâche la vie des enfants complexés.

Au début, c’était mignon. Deux petites oreilles un poil décollées sur une tête de nourrisson, voilà qui donnait un petit air de Dumbo.

Mais avec le temps, le décollement s’est accentué et aujourd’hui, les oreilles du bébé devenu grand ne font plus rire personne. A commencer par le principal intéressé qui ne cesse de complexer en se regardant dans le miroir.

L’histoire est celle de nombreux adolescents qui, une fois passé la petite enfance, ne voient plus avec la même insouciance leurs oreilles décollées. Comme Garance (prénom d’emprunt, ndlr), dont le témoignage est à lire ci-contre, les ados sont nombreux à opter pour la chirurgie.

Une demande qui doit d’abord venir de l’enfant

Appelée otoplastie, la chirurgie du décollement des oreilles peut se pratiquer dès 7, voire 5 ans. Mais ces cas sont rares et c’est plutôt à la préadolescence que sont réalisées les interventions. La raison est simple: «L’une des conditions principales pour que nous acceptions d’opérer est que la demande émane de l’enfant, explique la doctoresse Eva Rüegg, médecin adjointe au Service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Vers 5 ou 7 ans, ce sont souvent plutôt les parents que les enfants qui souffrent de cette situation.»

Mais au fait, pourquoi les oreilles se décollent-elles? «Il s’agit d’une malformation du cartilage de l’anthélix, soit la saillie externe du lobe de l’oreille, qui, au lieu de prendre la forme souhaitée, n’est pas assez plié et donne cet aspect décollé, poursuit la spécialiste. Cette anomalie est purement esthétique et n’a aucune conséquence sur l’ouïe.»

En revanche, elle peut affecter durablement le moral et le comportement de ceux qui en sont victimes: «On les voit chez les jeunes garçons et les jeunes filles: ils n’osent pas se rendre à la piscine de peur que l’on remarque leurs oreilles une fois leurs cheveux mouillés et les filles renoncent à relever leurs cheveux.

Cela peut sembler anodin, mais pour certains, c’est une vraie souffrance.»

Plusieurs techniques possibles

Aujourd’hui, l’opération est réalisée en une heure trente et peut selon les méthodes comprendre des sutures ou des clips en métal. Cependant, aux HUG, comme l’explique la doctoresse Eva Rüegg, on évite l’ajout de corps étrangers.

Le cartilage est sculpté. Cette technique permet de donner une forme d’oreille plus naturelle.

De plus, tout corps étranger peut être source de complications.» Quant au coût, il varie entre 2000 et 4000 francs, selon le type d’intervention et le chirurgien. Une somme parfois prise en charge par l’assurance de base si la malformation est jugée suffisamment importante.

Les oreilles décollées ne sont donc pas une fatalité. Et si certains préfèrent remédier à ce qu’ils jugent être un défaut esthétique, d’autres en ont fait un atout charme. A l’instar de Gainsbourg, Kristen Stewart ou encore Will Smith qui ont su s’en accommoder.

Texte: © Migros Magazine / Vivianne Menétrey

 

Publié dans l'édition MM 40
3 octobre 2016

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Témoignage

«Je peux enfin faire des chignons»

Garance (prénom d’emprunt, ndlr) a 15 ans et, depuis quelque temps, sa vie a changé. Jolie ado aux longs cheveux noirs, elle ne se lasse pas de les relever en chignon ou en queue de cheval. Rien de bien original pour une jeune fille de son âge, sauf que pour elle, ces coiffures ont un goût de liberté.

Car jusqu’au mois d’août, Garance avait les oreilles décollées: «Cela me complexait beaucoup et je les cachais en laissant mes cheveux détachés.» Si elle n’a jamais dû faire face à des moqueries, des remarques sur sa petite différence l’ont blessée.

A la fin, je ne voyais plus que ça.»

Face à ce complexe grandissant, elle décide de demander à sa maman si une opération est envisageable. «Je savais que c’était possible, car elle m’en avait parlé quand j’étais petite, mais à l’époque, cela ne me dérangeait pas. Je me disais que c’était comme ça.» Rendez-vous est pris au Centre hospitalier universitaire de Lausanne. L’intervention se fera en ambulatoire avec une narcose complète.

«Au réveil, j’avais un pansement sur la tête que j’ai dû garder une semaine. Je ne pensais pas qu’il serait si gros!» A cela s’ajoute la douleur, rendue supportable par médicaments. «J’avais surtout mal au coucher, car mes oreilles appuyaient contre l’oreiller.»

Une semaine plus tard, le pansement est enlevé. Garance doit alors porter un bandeau le jour et un filet de protection la nuit. Aujourd’hui, l’opération n’est plus qu’un vieux souvenir: «Ma vie a changé: je peux enfin faire des chignons! Je suis soulagée, car je suis enfin telle que j’aurais dû être.»


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