12 septembre 2019

Un trésor en forêt

Bolets et chanterelles: nos forêts offrent des ingrédients de premier choix. Voici comment les trouver et pourquoi la chasse aux champignons peut agir comme un parcours de bien-être.

Après avoir récolté les champignons, on peut commencer à les préparer avec des outils adéquats déjà sur place. (Photo: Jorma Müller)
Après avoir récolté les champignons, on peut commencer à les préparer avec des outils adéquats déjà sur place. (Photo: Jorma Müller)

Quelque part dans l’Oberland bernois, un vendredi matin. La forêt se trouve encore plongée dans l’ombre des montagnes et, à part le klaxon d’un car postal, rien ne vient troubler son profond silence. Nous nous frayons un chemin à travers les épais branchages pour atteindre une clairière bien cachée. Il flotte déjà une odeur d’humidité tout automnale. De véritables œuvres d’art s’extraient du sol tapissé de mousse: des champignons jaunes, marron, orange, blancs, violets et rouges. C’est bon signe! La présence ici de ces divers spécimens, dont certains sont comestibles, d’autres non comestibles, voire toxiques, indique que le festin n’est pas loin.

Quand on a déniché une chanterelle, il n’est pas rare qu’on ait mis la main sur tout un gisement

Ma famille ramasse depuis des générations uniquement des bolets et des chanterelles. Pour nous, c’est le nec plus ultra. Nous ne prenons aucun risque ni ne tentons de nouvelles expériences, c’est-à-dire que nous cherchons seulement à repérer ce qui ressemble à des jaunes d’œufs et à des pommes de terre brunes. Les autres caprices de la nature? Nous nous contentons de les admirer; nous ne les cueillons pas et veillons même à ne pas les toucher. Les chanterelles resplendissent sur le sol, telles de petits jaunes d’œufs ou des pièces d’or. L’avantage avec ces champignons: quand on en a déniché un, il n’est pas rare qu’on ait mis la main sur tout un gisement. Il vaut en effet la peine de tenter de repérer le réseau souterrain qu’ils ont constitué. La plupart du temps, une autre chanterelle se trouve à quelques pas, puis une autre et encore une autre – comme si elles suivaient un versant. D’ailleurs, l’idée de la chasse au trésor est un excellent moyen de motiver les petits cueilleur en herbe! On ramasse les chanterelles à l’aide d’un couteau à champignons. Plus le spécimen est gros, plus il faut couper profondément. Le pied est tout aussi fameux que le chapeau – il serait donc fort dommage de couper les champignons trop haut. Quant aux bolets, on les dégage tout simplement avec les mains, en les saisissant à la plus grande profondeur possible et en les tournant pour les extraire du sol. Le couteau permet ensuite de retirer la terre.

Qui déniche quels champignons?

Il semble que personne n’ait encore mené d’étude sérieuse à ce sujet. Dans notre famille, il existe une nette séparation: il y a d’un côté les champions des chanterelles et les as des bolets de l’autre. Peut-être est-ce une question d’acuité visuelle, mais aussi de flair. Les bolets ne brillent malheureusement pas comme des pièces d’or; ils se cachent dans l’ombre de sapins, sous la forme de pomme de terre rabougries. Mais celui qui les repère est alors promis à une récolte exceptionnelle. À propos de récolte: quelques cantons définissent la quantité pouvant être ramassée par personne: par exemple, 2 kg dans le canton du Jura ou une limitation à la consommation familiale dans le canton de Vaud. D’autres, comme le canton de Neuchâtel, n’ont pas de réglementation à ce sujet. Pour champignonner, privilégiez un panier ou un sac en tissu et évitez les sacs qui ne laissent pas passer l’air. Avant de vous lancer, renseignez-vous absolument sur les temps de repos, qui diffèrent selon les cantons. Cette période, pendant laquelle toute cueillette est interdite, peut par exemple s’étendre du 1er au 10 du mois ou entre 20 h et 7 h du matin.

Cueillir les champignons permet de se détendre tout en se reconnectant à la nature

Au bout de trois heures, chacun a un sac rempli d’or ou de pommes de terre. Si les meilleurs emplacements sont un secret de famille, nous indiquons les nouveaux sites à l’aide d’une étoile sur Google Maps afin de les retrouver. Tout comme 2018, 2019 est une bonne année malgré notre cueillette plus modeste. Une chose en revanche ne change jamais: marcher paisiblement à travers la forêt, les sens en alerte, sans rencontrer âme qui vive, et oublier le temps permet de se reconnecter à la terre et de se détendre encore mieux que dans un centre de bien-être. Notre fils en est témoin: à chaque fois, il s’assoupit sur notre dos! Nous profitons alors de sa sieste pour faire une pause assis sur un tronc d’arbre et nous préparons les champignons en rendant à la forêt tout ce que nous ne mangerons pas. À savoir: l’extrémité terreuse du pied et les morceaux qui présentent des petits trous prouvant que d’autres gourmets ont déjà été à l’œuvre. Le soleil baigne maintenant la clairière. Nous nous remettons en route, cette fois en direction de la vallée. En chemin, un rayon de lumière éclaire justement une nouvelle pépite tapie près d’un sapin.

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