11 janvier 2018

En ballon au-dessus de Château-d’Œx

À quelques jours de la 40e édition du Festival international de ballons, «Migros Magazine» a embarqué à bord d’une montgolfière pour un survol enchanteur d’une heure et demie de notre pays.

Des touristes en ballon au-dessus de Château-d’Œx
Un moment inoubliable passé entre ciel et terre.
Temps de lecture 5 minutes

Dix-neuf jours sans escales. Voilà combien de temps avait duré, en 1999, le tour du monde en ballon de Bertrand Piccard. Dix-neuf jours qui l’avaient mené de Suisse en Espagne, de Mauritanie en Chine et de Jamaïque à Dakhla, en Égypte. Un périple à la hauteur des rêves de l’aventurier helvétique. Si nous avons opté aujourd’hui pour le même point de départ, Château-d’Œx (VD), nos ambitions sont nettement plus modestes: nous nous contenterons d’un vol d’une heure et demie et ne quitterons pas nos frontières. Moins exotique certes, mais largement suffisant pour que la magie opère…

L'intérieur de la fine enveloppe qui porte la nacelle.

C’est que nous l’avons attendue, cette sortie! Depuis le début du mois de décembre, le vent, les nuages et la neige se sont donné le mot pour retarder notre escapade aérienne. Mais ce matin, enfin, le soleil brille sur la capitale suisse de la montgolfière, où a lieu chaque année, entre fin janvier et début février, un festival international réunissant des aérostiers d’une vingtaine de pays (lire ci-dessous). Certes, quelques bandeaux de brume s’accrochent aux blanches crêtes du Pays-d’Enhaut, mais ils ne nous empêcheront pas de nous envoler.

Larguez les amarres

D’ailleurs, à deux pas du jardin des neiges de Château-d’Œx, un immense ballon aux couleurs de la commune prend peu à peu de la rondeur sous l’impulsion de grandes souffleries. «Nous commençons par le remplir d’air ambiant, avant d’y ajouter de la chaleur pour le faire monter», explique François Chappuis, pilote instructeur chez Ballon Château-d’Œx, l’entreprise organisatrice de ces virées d’un genre particulier. Et de préciser le volume total de la sphère une fois gonflée: 9000 m3, soit l’équivalent, approximativement, de trente-six appartements de 100 m2… Saisissant!

Le pilote Simon Drake gonfle la toile du ballon à l’aide de puissants brûleurs.

L’heure est venue d’embarquer. Retenue par des cordages, tel un bateau amarré au port, la nacelle s’élève déjà de quelques centimètres dans les airs. Nous sommes douze à prendre place à bord, nous répartissant dans les quatre compartiments entourant la partie centrale allouée au pilote Simon Drake – François Chappuis officiant aujourd’hui comme observateur – et à sa réserve de bonbonnes de gaz. À une poignée de Suisses désireux de découvrir leur pays sous un autre angle, s’est mêlée une famille de touristes indonésiens. «Cette activité n’étant pas proposée chez nous, c’était l’occasion!»

Nous décollons! Les toits de Château-d’Œx deviennent de plus en plus petits, tandis que le vent nous entraîne doucement vers le sud-ouest et la vallée du Rhône.

Lors d’un tour en ballon, nous ne savons jamais très bien à l’avance où nous atterrirons.

François Chappuis

«C’est Éole qui nous guide, prévient François Chappuis. Il appartient donc au pilote de réguler l’altitude pour attraper les bons courants.» Régulièrement, Simon Drake envoie un coup de brûleur pour réchauffer l’air du ballon et reprendre de la hauteur.

Un panorama à couper le souffle

Nous atteignons les 3000 mètres d’altitude et la plus spectaculaire terrasse panoramique que la Suisse puisse offrir.

Une vision à 360 degrés sur le riche relief de notre pays et sur celui de nos voisins, du Cervin au Chasseral, de l’Eiger aux Grandes-Jorasses et de la Jungfrau aux Dents-du-Midi.

Nous devinons même, au loin, se découpant à peine, le massif des Vosges. Devant nous s’étend à perte de vue une symphonie enneigée, un festival de sommets. Ainsi que le souligne joliment l’un des passagers, nous naviguons en apesanteur.

Notre parcours et le temps dégagé nous permettent d’admirer le Rhône se jetant dans le lac Léman.

«Vous êtes des privilégiés…» Loin de nous l’idée de contredire François Chappuis! D’autant plus que nous commençons à apercevoir le lac Léman, ou plutôt la mer de brouillard qui le recouvre. Nous n’échangerions notre place contre celle des riverains pour rien au monde.

Pourtant, il sera bientôt l’heure de rejoindre le plancher des vaches. Nous survolons à présent la plaine du Rhône qui, fort heureusement, est quant à elle bien dégagée: nous distinguons sans peine, à droite, Villeneuve et Le Bouveret, à gauche, Aigle et Vionnaz. «Puis-je avoir votre attention, s’il vous plaît?» En quelques mots, Simon Drake nous explique la position que nous devrons adopter à l’atterrissage: dos calé contre la nacelle, mains arrimées à des poignées, genoux légèrement pliés pour absorber le choc.

Nous amorçons la descente. Notre pilote actionnant moins souvent les brûleurs, l’air contenu dans le ballon refroidit vite. Nos oreilles commencent à se boucher. Sous nos pieds, les champs enneigés se rapprochent. «En hiver, nous pouvons nous y poser sans problème. En été, avec les cultures, les possibilités sont restreintes.»

Atterrissage sportif

«Prenez la position d’atterrissage!» Le premier impact, assez abrupt, nous surprend. Mais l’aventure n’est pas terminée. La montgolfière reprend un peu d’altitude, le vent l’entraîne sur une dizaine de mètres. La nacelle vacille, oscille… et finit par se coucher sur son flanc. «Un atterrissage un peu sportif, reconnaît François Chappuis. Mais ce n’est pas inhabituel.» Pas de quoi en entamer la bonne humeur des passagers: tous affichent un large sourire. «Nous venons de vivre une expérience rare, exceptionnelle», s’exclame le Lausannois Gérald Bovey. Idem pour sa fille Stéphanie, ainsi que pour Carole Combastel, originaire de Château-d’Œx mais établie à Nyon, venue avec son compagnon pour fêter ses 50 ans: «J’ai adoré!»

L’atterrissage peut s’avérer une expérience renversante.

Ne reste plus, une fois le ballon dégonflé et remballé, et la nacelle tractée sur la remorque du minibus qui nous mènera à bon port, qu’à partager l’apéro des survivants, ainsi que le surnomme malicieusement François Chappuis. Vin blanc – cuvée des aérostiers! –, saucisson et fromage L’Étivaz: quoi de mieux pour clore en beauté cette expédition hors du commun.

Le temps dégagé permet aux aérostiers d'admirer le Rhône se jeter dans le lac Léman.

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