20 juin 2019

Une femme de fer

Bertille Laguet est à la fois designer industrielle et apprentie ferronnière d’art. Deux métiers complémentaires qui l’enchantent, et lui permettent une grande liberté de création.

«J’adore l'odeur du feu, et je sais toujours dès mon arrivée à la gare si la forge est allumée ou pas.»
«J’adore l'odeur du feu, et je sais toujours dès mon arrivée à la gare si la forge est allumée ou pas.»

«L’ambiance sombre de la forge, la fascination du feu, le son de l’enclume: c’est hyper beau!»: le métier de ferronnière d’art, la designer industrielle Bertille Laguet est «tombée dedans» il y a quatre ans, lors d’un apéro professionnel organisé à La Forge, à Chexbres. «Ça a été un véritable coup de foudre! J’ai commencé à venir régulièrement apprendre et travailler avec Philippe Naegele, le maître-artisan.»

La qualité de son travail lui ayant permis de recevoir la Bourse Leenaards il y a un an, la jeune femme a ensuite enfin pu s’investir à plein temps dans ses deux vocations. «Nous venons de terminer les armes pour la Fête des Vignerons. Il y a environ soixante hallebardes et soixante pics, ça a été un énorme travail!» Encouragée par son mentor, la jeune femme continue d’apprendre les ficelles du métier: «Il faut faire et refaire sans se décourager, pour que les gestes deviennent justes et précis. Ce n’est pas par hasard qu’on dit qu’il faut forger pour devenir forgeron! Mais j’ai de plus en plus de liberté pour certains projets… »

En parallèle, elle poursuit sa carrière de designer: «Dans le cadre d’une exposition intitulée «Esquimaux», à la galerie Palais, à Neuchâtel, j’ai été invitée avec d’autres designers à recréer des bâtons de glace. J’ai décidé de les faire en inox forgé, car c’est un travail du métal assez rare. J’ai la chance de pouvoir maintenant être designer, artisane et de fabriquer moi-même mes objets. Je peux ainsi avoir le contrôle de mes projets de A à Z, et c’est inestimable.»

7h: un départ en flèche

«Etant donné que j’habite à Lausanne, mon petit rituel du matin consiste à descendre à vélo jusqu’à la gare, puis à prendre le train jusqu’à Chexbres.»

8h: réseautage matinal

«J’ai pris l’habitude d’aller boire un café à la boulangerie Bidlingmeyer. De nombreuses personnes s’y retrouvent, dont le postier. C’est donc là que se passe une grande partie de la communication du village et si on cherche tout à coup une collaboration, le bouche à oreille y fonctionne bien, c’est un vrai réseau particulièrement précieux.»

10h: le bonheur des relations humaines

«Il arrive que nous devions apporter certains objets chez un client. Je trouve là une forme d’artisanat qui est au service de la population et permet un rapport très social, très humain. On a un aperçu immédiat de son travail, et un contact direct qui est très important pour moi.»

L'outil incontournable

«Utiliser un marteau, cela signifie taper juste, régulièrement et avec la bonne force. En fait, le savoir-faire doit entrer dans le corps, et c’est ce que je trouve fascinant dans le métier de forgeronne.»

Midi: après l’artisanat, le design

«Je profite de la pause de midi pour travailler sur mes projets de design. La plupart du temps, il s’agit de dessins que je crée sur ordinateur. C’est aussi le moment où je mets à jour mon site internet et où je gère ma communication.»

14h: anticipation des tâches

«Nous nous retrouvons ensuite avec Philippe pour faire le point sur ce que j’ai produit le matin. Il me parle également de commandes qu’il a pu recevoir et on fait le bilan de ce qui doit être fait l’après-midi, avant de nous lancer dans la production ou la soudure.»

19h: la danse dans la peau

«Ma seconde passion, c’est la danse swing, qui prend beaucoup de place dans ma vie. En parallèle, je répète actuellement pour mon rôle de danseuse effeuilleuse à la Fête des Vignerons. C’est mon investissement local pour rencontrer des gens qui vivent ici. Nous sommes ainsi 350 femmes de tous milieux et de tous âges, qui nous retrouvons toutes les semaines. Cela crée un lien exceptionnel.»

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