13 février 2020

L’éternelle acrobate

Depuis quarante ans, Brigitte Maillard joue les filles de l’air pour le cirque Helvetia. Une passion qui n’est pas près de s’éteindre à l’heure de repartir en tournée.

La voltige dans la peau


La chevelure rousse indomptable et une silhouette de jeune fille. Brigitte Maillard n’a pas fini de faire des tours de piste. À 61 ans, cette trapéziste-contorsionniste continue de s’élancer dans les airs, de passer jambes par-dessus tête et de braver les lois du rhumatisme. «J’ai envie de montrer que ce n’est pas parce qu’on vieillit qu’on doit décrépir. Même à mon âge, je continue d’avoir une activité physique intense», dit-elle d’une voix presque enfantine.

Le cirque, elle en rêve depuis toujours. À 20 ans, elle quitte un avenir de secrétaire pour se former aux arts circassiens à Paris. Et revient en Suisse en 1981, pour un numéro au cirque Helvetia , dont elle finit par épouser le chapiteau et son directeur, Daniel Maillard. Cerceau, boule en plexiglas, corde volante, elle se réinvente à chaque saison, avant de faire le grand écart entre les spectacles et la vie de famille. Deux fils biberonnés à la magie et au jonglage. C’est d’ailleurs Julien, l’aîné, qui a repris aujourd’hui les rênes, tandis que son frère David a monté sa propre compagnie.

«J’aime la vie nomade, je ne pourrais pas me fixer. J’ouvre la porte de la caravane, je suis dehors et si les voisins m’embêtent, ce n’est jamais longtemps», dit celle qui a même fait du trapèze sous un hélico et une montgolfière. «Le cirque, ça donne une capacité de s’adapter à toutes les situations, c’est l’école de la débrouille!» Le temps de quitter les quartiers d’hiver à Moudon et la nouvelle tournée démarrera le 12 mars à Bussigny sous le nom d’Imagine! On ne demande pas mieux.

9h30 En laisse

«Avec mon mari, on se lève avec le jour, sans réveil. On boit le café au lit et je sors le chien, un bichon qui s’appelle Flocon. Je me mets en route avec la balade, il marche vite et moi aussi. C’est un bon échauffement.»

11h En équilibre

«Chaque matin, je fais de la souplesse, des équilibres et, sous le chapiteau, j’exerce une discipline aérienne, trapèze, tissu ou sangles. Cela me permet de conserver la forme. Et je me sens bien après, ça me donne de l’énergie. C’est un entraînement que je fais chaque jour depuis quarante ans! Ce n’est pas un besoin, mais un plaisir.»

13h En page

«J’aime lire en peignoir dans la caravane ou dehors au soleil. Je lis de tout, des romans et des ouvrages de développement personnel. Mon mari va dans les bibliothèques ou pioche dans les boîtes à livres et me fait des recommandations. La lecture me détend plus que la télévision que je regarde rarement.»

15h En piste

«Les jours de spectacle, je dois être prête à 14 h pour la caisse ou le bar. Ensuite, je me change vite pour le numéro, c’est un vrai marathon! Pour ce spectacle, je fais l’étoile aérienne avec ma belle-fille Anaïs. On est en train de monter un numéro trois générations pour les quarante-cinq ans du cirque Helvetia, avec mon fils, son épouse et leurs deux enfants.»

17h En bleu de travail

«À la fin d’une représentation, quand on change de lieu, on décroche le rideau, on range les chaises et on plie la toile. On fait tout le boulot de démontage à neuf personnes. En deux heures, tout est rangé. Mais il faut quatre à cinq heures pour tout réinstaller.»

19h En position du lotus

«Je ne fais pas du yoga tous les jours, mais souvent avant de manger. Ça m’apporte un immense bien-être. D’ailleurs, je ne pourrais plus faire d’acrobaties à mon âge sans yoga. Je préfère ça aujourd’hui au stress et à l’effort de la contorsion.» 

Statuette

«Un de mes fils m’a offert cette statuette en bois, une contorsionniste qui tient la position du scorpion: en équilibre sur les coudes et pieds sur la tête. C’est une figure que j’aime bien et que j’arrive toujours à faire! Mon rêve aurait été de la réaliser sur le dos d’un éléphant…»

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