18 juin 2012

C’est la der pour trouver un job de vacances

Même s’il vaut mieux s’y prendre début avril, un jeune étudiant motivé et débrouillard peut encore dénicher un petit boulot d’été. Suivez le guide...

Dessin représentant des jeunes effectuant plein de travaux différents
La crise est passée par là et les jeunes en formation se voient désormais fermer toutes les portes des petits boulots. (Illustration: Konrad Beck)

Bientôt les vacances. Les cahiers au feu, etc. Pour certains, la grande pause estivale rime forcément avec copains et piscine. D’autres seront astreints à des devoirs de vacances, histoire de ne pas perdre la main. Restent les vacances laborieuses. Pour tâter un peu du monde professionnel ou se mettre de côté une petite cagnotte. Oui, mais ça c’était avant, entend-on souvent. Depuis lors, la crise est passée par là et les jeunes en formation se voient désormais fermer toutes les portes des petits boulots.

Oui, mais non. «Il est vrai que nous avons constaté une baisse d’offres de la part de grandes entreprises traditionnellement ouvertes à ce type d’embauche», explique le directeur du site de référence AdosJob.ch, Camille-Angelo Aglione. Ainsi, certains secteurs comme la banque ou les assurances, certaines multinationales fonctionnent désormais en «circuit fermé», proposant leurs postes d’extras aux enfants des collaborateurs ou aux proches.

Alarme sonnée devant le manque de petits jobs

Adosjob s’est donc retrouvé en septembre dernier avec une baisse de 10% des offres. «Comme jusqu’alors nous en avions au contraire 10% en plus, cela correspondait à un bon 20% de baisse. C’est pourquoi nous avons tiré la sonnette d’alarme.» Depuis, la situation s’est tout de même un peu arrangée. «Et de toute manière de nombreuses possibilités de boulots de vacances existent», ajoute Camille-Angelo Aglione.

On peut être engagé pour un petit job dès 13 ans.

Camille-Angelo Aglione, fondateur d’Adosjob

Désormais âgé de 27 ans, ce jeune Vaudois préside le site associatif à but non lucratif AdosJob.ch, qu’il a fondé il y a dix ans en Suisse romande (une version alémanique existe depuis peu). Le principe? Simple et facile d’emploi, comme un pendant au fameux «JobUp.ch», mais à l’intention des 16-22 ans encore en formation. «En Suisse, relève Camille-Angelo Aglione, on peut certes être engagé pour un petit job dès 13 ans. Mais la plupart des offres concernent les 16 ans et plus. Par contre il y a des restrictions jusqu’à la majorité, concernant le travail de nuit ou dans des environnements dangereux, par exemple.» Aux parents de se montrer attentifs, donc, en sachant par exemple que cela exclut tout environnement fortement alcoolisé comme un bar.

Donc, la mission n’a rien d’impossible. En tout cas en s’y prenant à temps. «Là, nous sommes mi-juin et c’est déjà un peu tard. Fin mars, début avril, c’est l’idéal, notamment dans les grandes surfaces qui reçoivent beaucoup de candidatures», relève Camille-Angelo Aglione. Avant, cela ne sert pas à grand-chose, parce que beaucoup de PME ou de petits patrons ne savent pas encore très bien de quoi l’été sera fait.

Après? L’espoir demeure, mais il vaut mieux chercher du côté de secteurs très sollicités en saison estivale comme le tourisme ou la restauration. «Des domaines où il peut y avoir des engagements au dernier moment, parce que la nécessité d’un extra se présente.» Fouiner aussi du côté des métiers de service, voire de l’agriculture qui offrira le bonus d’œuvrer au grand air.

Prendre son bâton de pèlerin et faire du porte-à-porte dans les magasins ou les bistrots? Prendre son téléphone après une petite sélection? Les vieilles méthodes fonctionnent, paraît-il, toujours. «Il faut montrer un peu de créativité, et un certain culot mais surtout veiller à ne pas en faire trop, à se montrer trop insistant. Et surtout avoir quelque chose à laisser en partant.»

Flexibilité exigée pour ce type d’emploi

Eh oui, petit boulot ou pas, un curriculum vitae – accompagné d’une lettre de motivation si l’on s’y prend à l’avance et que l’on fonctionne par envoi ou par e-mails – reste l’alpha et l’oméga qui pose le jeune en personne responsable apte à respecter un horaire et à «faire le boulot», comme on dit outre-Atlantique. «De manière générale, nous aimons rappeler aux jeunes qu’il faut au départ être prêt à travailler, cela va sans dire. Mais aussi montrer une certaine flexibilité, en termes d’horaires ou de secteur d’activité.» Reste l’épineuse question du salaire. Les patrons ont-ils tendance à profiter de cette main-d’œuvre corvéable à merci? Cela arrive sans doute, mais le directeur d’AdosJob.ch évoque plutôt de la méconnaissance: «Les employeurs nous appellent souvent pour nous demander si la rémunération proposée nous paraît correcte. Il est évident que cette dernière tient compte d’un moindre degré de responsabilités pour un travail de courte durée et ne demandant pas forcément de qualification précise. D’un autre côté, les patrons sont souvent sous le charme du dynamisme et de la curiosité des jeunes qu’ils emploient, il ne nous semble donc pas qu’ils se montrent particulièrement pingres.»

De toute manière, rappelle Camille-Angelo Aglione, les parents doivent signer le contrat d’un mineur, ou tout au moins être présents en cas d’accord oral. De leur côté, les employeurs sont tenus de déclarer le jeune, surtout les entreprises pour lesquelles ce n’est affaire que d’un coup de téléphone à l’assurance. «En principe les privés doivent le faire également, même si personne n’aura des ennuis pour quelques heures de baby-sitting.»

Un dernier conseil? Au-delà d’internet, du bon CV et de la débrouillardise, il y a l’éternel et toujours très efficace bouche à oreille, auprès des copains bien sûr, mais aussi des parents, des amis de ces derniers, de leurs collègues de bureau, et de tout ce qui peut sembler utile. Et peut-être tombera-t-on sur le petit job de rêve, suffisamment convaincant pour se transformer plus tard en premier vrai poste de travail. Ça a marché pour Camille-Angelo Aglione, pourquoi pas pour vous?

Sur internet: www.adosjob.ch

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