20 mai 2020

Un lien fort pour l’avenir

La Laguna: un petit village du nord-ouest du Honduras connu pour ses cultures de café. Au fil des ans, un partenariat étroit s’est noué entre les agriculteurs de cette région et Migros, à qui ils vendent leur production.

On reconnaît les cerises de café mûres à leur belle couleur rouge (photo: Sean Hawkey).
On reconnaît les cerises de café mûres à leur belle couleur rouge (photo: Sean Hawkey).

Le Honduras, l’un des pays les plus pauvres d’Amérique centrale, offre des conditions idéales pour la culture de cafés de qualité. Mais le changement climatique et l’instabilité des cours mondiaux compliquent souvent la vie des petits producteurs. C’est pourquoi Migros a mis en place un partenariat direct avec un groupe de trois cents paysans. Les agriculteurs reçoivent un meilleur prix pour leur café, et pour chaque achat d’un paquet de café du ­Honduras, 50 centimes sont ­reversés aux exploitants afin de ­financer des projets sociaux sur place.

Début 2020, nous avons pu rendre visite aux producteurs de café. Nous avons arpenté les champs d’Hermes, agriculteur plein d’espoir, bu le café chez José et Daisy, et discuté avec Elvira, au sujet de son statut de femme membre de la nouvelle coopérative. 

Paroles de cultivateurs

Elvira Yamileth Rivera Madrid est à ce jour la seule productrice de café de la région certifiée Fairtrade. «Être la seule femme ici n’est pas un inconvénient pour moi. Dans la coopérative, je m’entends bien avec tous les hommes.» Plus difficile pour elle: les mauvaises ­récoltes dues à des pluies insuffisantes. Pour compenser ce manque, elle cultive aussi de la cardamome (photo: Sean Hawkey).
Hermes Rolando Barahona Rivera compte parmi les ­agriculteurs les plus pauvres de la région. Il n’exploite qu’une petite parcelle de terre. La collaboration avec Migros et la certification Fairtrade lui garantissent une sécurité ­financière bienvenue. «Avec ce revenu supplémentaire, je souhaiterais construire ma propre maison. En ce moment, je vis avec ma femme et ma fille de 2 ans dans la maison de ma mère. Il faut avouer qu’on est plutôt à l’étroit.» Son rêve serait qu’un jour sa fille ait une bonne formation scolaire et décroche un ­diplôme universitaire (photo: Sean Hawkey).
Le chef de la coopérative, Alfredo Rivera Díaz, avait étudié la médecine. Son travail aurait dû être celui de son frère. Mais celui-ci a été tué lors d’un kidnapping. Un destin que connaissent malheureusement beaucoup de familles au Honduras. «Au début, je ne savais pas grand-chose sur le café, j’ai dû tout apprendre.» Aujourd’hui très compétent, il coordonne la culture du café dans la région et offre une oreille attentive à tous les ­soucis des agriculteurs (photo: Sean Hawkey).
Jesús Antonio Rápalo ­Murillo a 80 ans et est cultivateur de café au Honduras ­depuis un demi-siècle. Il est le ­visage du café hondurien de Migros. «Pendant toutes mes années en tant que cultivateur de café, les coûts des engrais et les salaires des cueilleurs ont augmenté régulièrement. Mais le prix du café n’a pas suivi la même évolution. C’est pourquoi il devient de plus en plus difficile de gagner assez d’argent.» La certification Fairtrade lui permet, à lui et à ses employés, de continuer de vivre de la culture du café (photo: Sean Hawkey).

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