Contribution de lecteur
31 mai 2018

Cancer: VIVRE plutôt que survivre

Les témoignages que j’ai eu le privilège de recueillir m’ont amenée à penser que l’on peut vivre et même bien vivre en étant atteint de cancer.

Un arbre amputé d'une partie de se branches planté sur une petite colline enneigée.

Voilà exactement deux ans, l’imprimerie m’appelle: 3 exemplaires de notre ouvrage «Au nom du corps, du cœur et de l’esprit» sortent de presse. Sachant ses jours comptés, je saute dans ma voiture et les amène à mon amie Suzanne, héroïne principale du livre.

Mais commençons par le commencement. Janvier 2015, alors que je survole le journal en buvant mon café à la hâte, comme beaucoup de jeunes mamans, le témoignage de Suzanne me saute aux yeux et au cœur. Dans cet article, sa façon de lutter contre son 5ème cancer fait résonner ma propre expérience. Elle y explique comment elle lie les traitements traditionnels à différentes approches complémentaires pour combattre la maladie. Notamment à la clinique Lukas des anthroposophes à Arlesheim. La spécificité de la médecine anthroposophique est de travailler sur la globalité de l’humain. Parfois, il suffit en effet d’un nœud interne pour que le corps le manifeste de manière tangible. C’est ce que relève par exemple le Dr Hamond lorsqu’il dit que «le stress et les troubles conditionnent notre être jusqu’à se traduire par des modifications anatomiques et physiologiques». Suzanne en faisait personnellement l’expérience. Par le passé, moi aussi. Fidèle à ma spontanéité, je contactai immédiatement la journaliste pour qu’elle nous mette en contact. Je SENTAIS qu’il FALLAIT que nos chemins se rencontrent. De nature impatiente, après un mois, sans nouvelle, je commençais pourtant à déchanter.

Mi-février, alors que mon petit garçon me tourne autour en vociférant, le téléphone sonne. Au bout du fil, Suzanne. Après une conversation de plus de 20 minutes, un temps considérable pour de parfaites inconnues, notre premier rendez-vous est fixé. Son amie Denise y assiste également. Toutes deux souhaitent entre autres bénéficier d’une écoute empathique. Les médecins anthroposophes jugent en effet important de déposer ce qui peut peser sur le cœur. En tant que recueilleuse de récits de vie diplômée, je dis souvent que ce qui ne s’exprime pas, risque de s’imprimer. D’autre part, Suzanne et Denise avaient envie de faire connaître aux Romands la possibilité de se soigner autrement. De devenir acteur de son propre traitement. Il semblerait que les Alémaniques atteints de cancer soient plus enclins à se rendre, par exemple, à la clinique Lukas. Sans doute de par sa situation géographique. Ils y reçoivent notamment des injections de gui complétées par des massages rythmiques, de l’eurythmie, des thérapies artistiques... Ce qui semble très efficace puisque, lors de notre première rencontre, mes interlocutrices ne semblaient ni l’une ni l’autre malades. Elles étaient rayonnantes et pleines d’énergie. Cet état ressortira à chacun de mes entretiens avec Suzanne. Ces derniers sont relatés dans le livre de manière chronologique et font office de fil rouge. Sa façon d’être permet un ton léger et plein de vie malgré la gravité du sujet. Quant à Denise, bien que son cancer du poumon ait été diagnostiqué à un stade 3 sur 4 et que ses chimiothérapies soient très agressives, elle ne connaissait que peu d’effets secondaires. Dès son retour de la clinique du Sonnenhof, elle partait en forêt pour en ramener des kilos de champignons. Convaincue de l’efficacité de l’Iscador (les injections de gui), elle en clamait les vertus à tous vents.

Si Suzanne décéda le 11 juin 2016, lendemain de la réception de nos 3000 exemplaires, elle VECUT (et non survécut) durant plus de 12 ans. La nuance de vivre ou survivre me semble importante. Boostée par ce traitement anthroposophique, elle sortait, jouait régulièrement aux cartes et jardinait pour son plus grand plaisir.

À leurs témoignages, se sont greffés ceux de plusieurs autres personnes touchées par le cancer et agrémentant les traitements traditionnels de thérapies alternatives, secrets, reiki ou naturopathie... L’on retrouve également une certaine philosophie de vie. Par exemple chez la maman du petit Matéo, 4 ans à l’époque et atteint de leucémie. En novembre passé, le garçon a reçu sa dernière chimio et est aujourd’hui en rémission. De même que la professeur de yoga Aija Mougeolles qui, depuis le diagnostic de son double cancer du sein, ne s’est nourrie que de nourriture vivante (pousses germées, légumes crûs, jus verts…). Cette hygiène de vie couplée à des séances de méditation quotidiennes l’ont complètement guérie. Elle relève également n’avoir loupé aucun jour de travail durant sa maladie et ne s’être jamais sentie vraiment malade.

Je relève que chaque malade et chaque cancer est différent. En aucun cas, je n’oserais prétendre détenir des solutions magiques. Cependant, les témoignages que j’ai eu le privilège de recueillir m’ont amenée à penser que l’on peut vivre et même bien vivre en étant atteint de cancer. Il est important de ne pas le laisser envahir l’intégralité de notre existence. Et je suis convaincue que traiter tous les plans, par différents moyens, augmente les chances de terrasser le crabe.

Caroline Mauron, recueilleuse de récits de vie

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