30 octobre 2017

Ce chair Harvey

Or donc, après avoir inondé Houston, la tempête Harvey a déferlé sur la Californie.

Martina Chyba, journaliste RTS.
Martina Chyba, journaliste RTS.
Temps de lecture 2 minutes

Oui, Harvey c’est vraiment le prénom pourri de l’année, d’abord un ouragan meurtrier, puis un producteur incontinent de la quéquette.

Tout a été dit sur ce mauvais scénario (et pourtant à Hollywood ce ne sont pas les mauvais scénarios qui manquent), mais il y a deux choses qui réussissent encore à me surprendre.

D’abord, immanquablement, après une révélation de ce genre, il y a chez pas mal de gens, a priori éduqués, époux, parents, occupant des postes à responsabilité,

un réflexe préhistorique pulsionnel genre touche pas à la testostérone.

Souvenez-vous de DSK, trousser une soubrette bof ce n’était pas si grave. Immanquablement, on finit par vous dire: elles n’avaient qu’à parler avant, elles n’avaient qu’à pas accepter, ce n’est pas nouveau que les gens couchent pour réussir, ce type est lynché comme si c’était Dutroux, etc. Et je vous la fais courte, si j’ose dire.

Immanquablement aussi, il y a des femmes qui se joignent au concert, comme la styliste Donna Karan en l’occurrence, qui a écrit que vu la manière dont les femmes s’habillent, faut pas qu’elles s’étonnent. Amies actrices, sachez-le, désormais vous êtes priées de venir sur le red carpet en training et en doudoune, sinon les producteurs seront obligés de vous faire signer les contrats en robe de chambre et en érection dans une chambre d’hôtel, les pauvres, pensez à eux, un peu de décence que diable. Au secours.

Ensuite, immanquablement aussi, comme dans les affaires Polanski ou Hamilton, on vient nous dire «c’était une autre époque» ou «les règles en matière de comportement au travail étaient différentes», dixit Harvey (pas l’ouragan l’autre). Euh, ce n’est pas parce que c’était tu que c’était permis. Moi je viens aussi de cette «époque», et c’est marrant, je n’ai pas le souvenir qu’on aimait être violé(e)s. Ni qu’on aimait coucher pour avoir un poste. Ni que les gosses aimaient être tripotés. Et on va préciser si jamais il subsiste un doute, on n’aime toujours pas. Ni être sifflées, ni être frottées dans le bus, ni qu’on nous dise «ça doit coucher aussi à la télé non?», ni qu’on nous traite de chiennes de garde à chaque fois que l’on ose évoquer le harcèlement. Et ne venez pas nous dire que toute tentative de séduction est désormais interdite.

Si ce chair Harvey avait juste fait des clins d’œil appuyés, il n’aurait pas eu besoin de faire taire les femmes à coup de contrats.

Cette affaire déverse le fond des égouts. Si vous craignez un repas de Noël morose, lancez le thème entre la dinde et la bûche. Evidemment ça sent pas bon. Ça sent aussi la panique. Oups les femmes parlent. Elles disent qu’elles ont le droit de porter la culotte. Et de décider de l’enlever. Ou pas. 

Benutzer-Kommentare

Plus sur ce thème

Martina Chyba, journaliste RTS
Martina Chyba

Tattoo compris

La chronique de Martina Chyba.

Articles liés

Tom le Jardinier

Bouturer un Saintpaulia

Informationen zum Author

une carte de jeux.

Le clitoris ou le droit de jouir

Steve Gaspoz

Après la fin, le renouveau

fred valet

Un père et manque(s)

Informationen zum Author