Ce que comprennent les chats

Des recherches récentes ont confirmé que nos tigres de poche avaient une réelle capacité de reconnaître les signaux gestuels, faciaux et vocaux des êtres humains. L’inverse n’est malheureusement pas toujours vrai.

Certains messages sont plus clairs que d'autres. (Photo: Getty Images)

Ils sont 600 millions dans le monde. À peu près. On veut parler des chats vivant avec des êtres humains. Une cohabitation qui dure depuis plus de 9500 ans. À force, un système de communication plus ou moins sophistiqué s’est établi. C’est ainsi par exemple que le miaulement du chat domestique s’est fait peu à peu plus agréable à l’oreille humaine que celui du chat sauvage.

Il a aussi été démontré que le ronronnement pouvait présenter des différences acoustiques s’il était accompagné ou non d’une sollicitation, par exemple de nourriture, pouvant prendre alors des accents plus urgents et désagréables. Il est aussi admis que cet animal, contrairement au chien, regarde très rarement l’humain, en dehors des sollicitations de nourriture déjà évoquées.

Il semblerait pourtant que le chat se fasse plus sociable, cherche le contact humain en cas d’exposition à un danger ­potentiel, par exemple un objet effrayant, et puisse alors changer de comportement en bien ou en mal, en fonction de l’expression faciale de son propriétaire. Qu’il serait modérément sensible aux émotions et humeurs humaines.

Si l’interaction entre l’homme et le chien a fait l’objet de nombreuses études, celles concernant le chat sont plus rares. Des chercheurs japonais ont pourtant publié récemment dans la revue Scientific Reports le résultat d’expériences menées pour comprendre ce que comprennent les chats. Ou plus exactement pour savoir si nos petits félins étaient capables de distinguer les différents énoncés humains. En gros, il ressort que les chats domestiques «ont la capacité de reconnaître les signaux gestuels, faciaux et vocaux des êtres humains». Ils parviennent ainsi à distinguer leur nom des autres mots, même s’il est prononcé par une personne inconnue. Que ce serait donc les phonèmes, les sons du langage qu’ils distingueraient, plutôt que le son de la voix – même s’ils sont capables de reconnaître celle de leur propriétaire.

Les mots souvent prononcés

Outre les phonèmes, l’autre élément décisif est la familiarité, autrement dit la répétition fréquente. «Le nom d’un chat est un stimulus important, car il s’agit sans doute de l’énoncé humain le plus entendu par lui et souvent associé à des récompenses, telles que la nourriture, des caresses et du jeu». Le chat pourra également réagir à quelques mots souvent prononcés par son propriétaire ainsi qu’aux noms d’autres chats avec qui il cohabite. Les chercheurs ont établi qu’à ces différents types de stimuli vocaux familiers, les chats réagissaient majoritairement «en bougeant les oreilles et la tête», et dans une moindre mesure moins de 10% chaque fois «par un miaulement, un déplacement ou un mouvement de la queue».

Les auteurs de cette étude japonaise suggèrent également quelques applications pratiques de ce phénomène des sons familiers, «par exemple parvenir à apprendre aux chats que des objets ou des endroits dangereux sont désignés par un vocable spécifique». Et qu’en définitive «une meilleure connaissance de la façon de communiquer des chats pourrait permettre d’améliorer le bien-être aussi bien des chats que des humains». 

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