27 octobre 2014

Ce que vos yeux révèlent

Miroir de l’âme, les prunelles. Miroir du corps aussi, selon Hippocrate et certains praticiens qui utilisent l’iridologie comme méthode de dépistage, les organes étant reflétés dans l’iris.

Œil photographié en gros plan.
Joana Duriaux: «L'œil n’est pas une boule de cristal.» (Photo: Getty Images)
Temps de lecture 5 minutes

Elle vous regarde droit dans les yeux, d’abord en plantant ses mirettes dans les vôtres. Puis à l’aide d’une grosse loupe, enfin, à travers un appareil qui ressemble à celui des ophtalmologues, en plus simple: l’iridoscope.

Joana Duriaux est iridologue. Une méthode qui reprend de l’essor, utilisée de plus en plus par les jeunes générations de naturopathes. «L’iridologie est mentionnée dans les nouveaux projets de la formation fédérale de naturopathe», souligne la spécialiste (lire l’encadré).

Presque oubliée, cette technique était pratiquée par les anciens naturopathes depuis le médecin homéopathe hongrois du XIXe siècle Ignatz von Peczely. Elle s’est bien développée en France, avec une première école d’iridologie en 1950, ouverte par un certain professeur Verdier, dont l’élève André Roux enseignera à Joana Duriaux. Qui elle-même a fondé son école de naturopathie et de techniques de santé, à Yverdon, en 2000. L’an dernier, neuf naturopathes, tous iridologues, en sont sortis diplômés.

Tels sont tes yeux, tel est ton corps,

disait déjà Hippocrate, le père de tous les médecins, au IVe siècle avant J.-C. Comme le pied, la main ou l’oreille, l’iris – la partie colorée de l’œil – est une zone réflexe: tous les organes du corps s’y reflètent, y ont une place bien précise. Des taches, des creux, des signes marquent leur état.

«Ce n’est pas une boule de cristal, on ne fait pas de prédiction ni de diagnostics, mais des pronostics.

On voit le capital santé d’une personne et comment elle l’utilise, à travers son mode de vie.

Schéma de la place des organes dans l'iris.
L’aspect de l’iris est foncièrement individuel à chacun de nous et peut être considéré comme une topographie de notre bilan de santé.

L’homme peut mentir, ses yeux jamais», assène Joana Duriaux. «Miroir du corps et de l’âme», l’iris donne selon elle un bilan de santé, reflète les prédispositions d’une personne, sa constitution, ses forces et faiblesses, comment les organes réagissent au stress, l’hérédité, les résistances immunitaires, le système hormonal, le métabolisme en général, le tempérament, l’état émotionnel aussi. Les maladies chroniques ou dégénératives et leur évolution. Le dépôt de toxines, les excès de sucre ou de graisse.

Un concentré d’informations qu’il reste encore à analyser

Une iridiolgue examine l'iris de sa patiente avec un instrument prévu à cet effet.
Plus que l’emploi d’instruments sophistiqués, c’est l’expérience qui est surtout déterminante dans cette pratique.

Bref, un bilan physique, psychique et émotionnel en regardant l’œil de très près avec son appareil qui grossit la vision jusqu’à 40 fois. L’iris apparaît comme une grosse terre qui respire en fonction de la lumière, avec des cratères, des nuances de couleurs, de fins filaments. On y distingue la densité du tissu appelé la trame, le volume de la collerette entourant la pupille ou du liseré sur les bords extérieurs.

«Attention aux excès de glucides, un pancréas et un foie fatigués, annonce Joana Duriaux à son bec à sucre de patient. Avez-vous des migraines? Je note des signes au niveau de la tête, du système nerveux. Des anneaux de tension révèlent aussi votre bonne capacité d’adaptation, de résistance.»

Il faut beaucoup d’expérience pour une interprétation qui tienne la route, reconnaît cette naturopathe qui emploie l’iridologie comme méthode de dépistage. Elle lui permet de donner un traitement très personnalisé, des conseils de prévention, de nutrition, «pour éviter qu’une prédisposition ne devienne pathologie, pour accompagner une personne afin qu’elle retrouve son équilibre.»

Texte: © Migros Magazine - Isabelle Kottelat

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