27 mai 2018

Ce Real qui fait mal

La bande à Zidane remporte sa treizième Ligue des Champions. Avec l'aide calamiteuse de Karius et en détruisant Salah. Une victoire statistiquement énorme mais sans trop de gloire. Malgré un but de martien.

Sergio Ramos réglant le problème Salah (Capture d’écran)
Sergio Ramos réglant le problème Salah (Capture d’écran)

Les bienheureux supporters du Real Madrid vont encore ne pas être contents, mais il faut bien l'écrire à nouveau: la baraka, sous forme d'éléments extérieurs systématiquement favorables, a encore accompagné la maison blanche.

Une sorte de fatalité cette saison qui fait par exemple que les gardiens adverses semblent s'être donné pour étrange consigne d'aider à tout prix les Madrilènes à marquer. Comme si cette grandiose équipe n'y arrivait pas toute seule, ne possédait pas dans ses rangs 4 ou 5 attaquants de classe mondiale. A ce petit jeu force est de reconnaître que Loris Karius, le prétendu gardien de Liverpool, s'est surpassé, osant deux monumentaux pataquès qui le poursuivront toute sa vie.

Même si l'oeil de ce cyclone d'événements soufflant dans le sens du Real, aura été plutôt la brutale sortie sur blessure de Mohamed Salah. Perdre Salah, ce n'est pas comme perdre Carvajal. Dès la disparition de l'Égyptien, Liverpool qui avait plutôt bien empoigné le match, n'a plus guère existé. Salah, ce n'est pas seulement le buteur et le passeur de l'équipe, c'est l'étincelle qui donne vie au grand corps rouge, l'âme qui met en branle une machine sinon limitée et banale. Il semble que la chose n'ait pas échappé à Sergio Ramos, le viril taulier des Merengue, judoka d'un soir. Plus d'homme, plus de problème, disait déjà Staline.

Bien sûr face à un tel Real, une telle maîtrise, une telle fluidité, un tel niveau technique, un tel esprit de compétition, on a de la peine à imaginer comment Liverpool même avec Salah serait parvenu à renverser la table. Surtout avec un gardien pareil, ce pauvre Karius qui finit le match en larmes et que Klopp, entraîneur charismatique perdant toutes ses finales (déjà trois rien qu'avec les Reds), a imposé dans les cages au détriment du titulaire des dernières saisons, le certes pas toujours flamboyant Mignolet.

Le club le plus titré du monde l'est donc encore plus depuis ce 26 mai, et les aficionados s'en réjouiront à juste titre. Les autres, tous les autres, et ils sont nombreux de par le monde, commencent à se demander non sans impatience qui parviendra, et surtout quand et comment, à arracher des mains des Madrilènes cette coupe aux grandes oreilles qui leur va si bien.

Surtout si le Real ajoute à la dose de vice qui facilite les victoires -tonton Ramos pourquoi tu tousses?- la vertu du sublime. Telle cette bicyclette stratosphérique de Bale, le Gallois surgi du banc comme d'autres tombent du ciel.

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