19 décembre 2017

Cet hiver, c’est déjà le printemps pour les champions d’automne

Avant Noël la plupart des championnats européens semblent déjà joués. Ou quand le foot étouffe de certitudes.

Commes les feuilles, le suspense sur le terrain semble être passé de vie à trépas.
Commes les feuilles, le suspense sur le terrain semble être passé de vie à trépas.

Les millions, si pas milliards, d’experts que compte la planète foot l’avaient plus ou moins prédit dès l’été dernier: la cuvée 2017-2018 des autoproclamés grands championnats –Angleterre, Espagne, France, Italie et Allemagne- risquerait de manquer de suspense.

On nous annonçait déjà le triomphe comme si c’était fait du Manchester City de Guardiola en Angleterre, du Real de maître Cristiano en Espagne, du PSG de Neymar en France, de la Juve de Buffon en Italie et du Bayern de… Munich en Allemagne.
A mi-parcours, il faut bien reconnaître que le pronostic n’était pas mauvais. En Angleterre, City se balade avec une insolence rare -17 victoires, 1 match nul, et 11 points d’avance. Bref voilà déjà la Premier League pliée de chez concassée.

En France, même rengaine: comme prévu le PSG du chèque ou de l'Emir, comme on voudra, n’a pas d'adversaire à sa taille: 9 points dans les gencives déjà pour les malheureux challengers. En Allemagne le Bayern a creusé l’habituel et considérable trou d’avant Noël -11 points là aussi- qui lui permet généralement d’être couronné dès carnaval. Auf Wierdersehen et prosit.

En Espagne, certes le Real est largué, mais si ce n’est lui c’est donc son faux frère catalan, le Barça, qui a pris la poudre d’escampette. Reste la seule exception, inattendue, l’Italie, où c’est un palpitant match à quatre qui se dessine entre Rome, Naples, Juventus et l’Inter, tous dans un mouchoir de poche. Pas difficile, pour l'amateur éclairé de savoir désormais où et quoi regarder.

C’est à tel point qu’un match avec Benevento, dernier de la Série A avec un seul pauvre point, s’avère bien plus passionnant que les démonstrations de City. Benevento certes perd tous ses matchs, mais a l’élégance de le faire généralement durant les arrêts de jeu et dans des conditions joyeusement rocambolesques. Au contraire des Blues qui semblent avoir pris la sale habitude de tuer sans vergogne toute incertitude avant même que les spécialistes de canapé les plus pointus n’aient le temps d’ouvrir leur première bière. Osons le dire: sauf en Italie, l’esprit du jeu n’est plus respecté.

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