3 mars 2018

Bête comme chat

Le chat-chat à son pépère.

Alain Portner et sa chatte Zouc.
Comment apprendre à un chat à franchir une chatière? Alain Portner raconte son aventure avec Zouc. (Photo: Yago Hernandez)

Je reviens à la maison avec ma chatière sous le bras. Le modèle bas de gamme à moins de 40 francs. Le blanc parce que le gris avait triste mine et l’imitation bois faisait vraiment trop toc. Plus qu’à l’installer!

Enfin, cette opération m’a quand même pris quasi une matinée (nous ne sommes pas bricoleurs de père en fils dans la famille, même pas du dimanche). Comprendre déjà les instructions rédigées dans un français Google traduction, poser le chablon fourni à sa juste place (trop haut, le chat s’encouble; trop bas, il s’assomme), dessiner un joli carré au crayon, percer des trous aux quatre angles, puis démarrer la scie sauteuse (je ne suis pas très habile de mes dix doigts, mais je suis bien équipé).

Après avoir pratiqué une ouverture dans la porte, j’essaie d’y emboîter la chatière. J’ai beau forcer, elle n’entre pas. Du premier coup, ça aurait été trop beau! Huile de coude et papier de verre seront nécessaires... Et pendant que je m’escrime sur ce foutu trou, cette satanée Zouc fait la sieste sur MON canapé.

Voilà, c’est fait! Je convoque toute la famille pour qu’elle puisse admirer mon bel ouvrage. En passant, je vante ce modèle basique avec ses quatre options d’ouverture et fermeture: une position pour entrer seulement, une pour sortir uniquement (ma préférée), une troisième pour faire les deux et une dernière qui verrouille le tout.

Notre chatte vient renifler le nouvel objet avant de s’en désintéresser pour aller faire ses griffes sur MON canapé. Grrrrr! L’utilisation de la chatière ne figure visiblement pas dans ses gènes. Et ce n’est pas sa mère qui l’aurait instruite en la matière, elle qui était déjà bien trop occupée à chasser le matou et le mulot pour encore s’encombrer de cette mission!

En tant que maîtres attitrés (à l’insu de mon plein gré, tiens-je à préciser) de ce félin, c’est donc à nous les bipèdes de cette maisonnée de nous charger de ce travail. Mes proches optent pour la méthode douce (des croquettes tendues d’une main amicale de l’autre côté de la chatière). Sans résultat. Moi, je choisis la manière forte (lui coller la truffe sur le battant et la pousser pour qu’elle comprenne le système). En vain également. Cet apprentissage promet d’être laborieux. Et il le sera!

On a beau lui répéter que la chatière lui offrirait davantage de liberté, Zouc s’entête à prendre la porte. Serait-elle bête comme chou? Sur Internet, on nous conseille de laisser dans un premier temps le vantail grand ouvert. L’invitation la laisse de marbre. Comme recommandé, on réitère alors le coup des friandises. Elle nous ignore.

De guerre lasse, après moult tentatives et autant d’échecs, on abandonne. Pas elle qui choisit justement ce moment-là – celui de notre capitulation – pour franchir avec souplesse l’obstacle. Ma parole, elle se fout de nous cette fichue bestiole!

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