18 novembre 2017

Brigitte Bardot, sors de mon corps!

Le chat-chat à son pépère

Alain Portner et sa squatteuse aux dents longues. (Photo: Yago Hernandez)
Alain Portner et sa squatteuse aux dents longues. (Photo: Yago Hernandez)
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Mon dieu, que les débuts furent laborieux! Après sa capture et son transfert, Zouc a dû appréhender son nouveau logis. Enfin, elle a surtout commencé par se réfugier sous des armoires et en haut de nos escaliers. Toute tentative d’approche – même à quatre pattes avec des friandises – se soldait immanquablement par d’atroces feulements et une fuite éperdue, direction la planque suivante.

Et plus on insistait, pire c’était! Je ne vous explique pas l’ambiance de la maisonnée: déprime à tous les étages. Tout le monde se demandait quelle technique user pour apprivoiser ce félin de poche aussi peureux qu’un arachnophobe face à une veuve noire au regard langoureux? Carotte ou bâton? Que je vous rassure tout de suite: «Aucun animal n’a été maltraité durant le tournage» comme précisé dans le générique de fin des films américains!

Collectionnant les échecs à l’image d’un Donald T. (nom connu de la rédaction) qui additionne les bourdes, nous avons cherché les causes de cette débâcle dans la prime enfance de ce chaton âgé d’à peine trois mois. Penchés sur un divan vide (notre patiente préférant pour l’heure les espaces étriqués aux canapés douillets), le regard dans le vide aussi, noircissant notre calepin de gribouillis informes, nous nous sommes donc mis à cogiter…

Et tout à coup, bing!, la révélation! En fait, cet animal n’avait pratiquement été en contact avec aucun humain, à l’exception de son ancienne maîtresse qui, parce qu’elle était alors accaparée par ses études et son travail, n’était que rarement disponible et présente. Par conséquent, elle n’a côtoyé que ses semblables. Et encore puisque sa mère biologique brillait également par son absence, préférant chasser le mulot plutôt que se coltiner ses mouflets!

Manque de socialisation, carence maternelle, telles étaient donc les deux mamelles auxquelles Zouc s’était abreuvée bébé! Seule éclaircie dans ce sombre tableau clinique: un gros chat norvégien qui avait joué la maman de remplacement auprès de cette fratrie un poil délaissée. On avait cerné le profil psychologique de la bestiole, mis le doigt sur ses traumas. Bon, ça ne nous servait à pas grand-chose, sauf peut-être à déculpabiliser et à reporter nos manquements sur autrui. Merci Sigmund!

Evidemment, ce n’est pas cette psychanalyse à deux balles qui nous a permis de résoudre le problème. Il a fallu s’armer de patience et d’une balle de ping-pong pour amadouer la bête. Plus quelques croquettes naturellement. Le hic, c’est que cet épisode aussi éprouvant qu’émouvant a fini par avoir raison de mon animosité à l’égard de Zouc. Je ne me reconnaissais plus, je commençais même à fondre pour cette boule de poils… «Brigitte Bardot, sors de mon corps!»

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