17 mars 2018

La salle d'attente

Le chat-chat à son pépère

Visite agitée chez le vétérinaire. (Photo: Yago Hernandez)
Visite agitée chez le vétérinaire. (Photo: Yago Hernandez)
Temps de lecture 3 minutes

Détenir un chat, c’est avoir un tas d’emmerdes (crottes puantes qui se ramassent à la pelle, poils morts qui s’accrochent aux jambes de pantalon, coups de griffes sur MON canapé, etc.) et quelques obligations. Minou, par exemple, doit être suivi médicalement, faire ses vaccins et autres contrôles de routine. Comme les humains, sauf que moi je prends mes rendez-vous tout seul!

Donc, à un moment donné, plus possible de reculer, de fuir ses responsabilités, il faut agir, appeler le véto qu’on a repéré dans l’annuaire, celui qui s’occupe des petits animaux et pas des grosses vaches. La fille au téléphone est plutôt sympathique.

Le jour J, je vais chercher la cage de transport à la cave, glisse à l’intérieur une couverture sur laquelle Zouc a l’habitude de se vautrer et vais capturer le fauve. Mais la bête joue les filles de l’air, elle a senti le danger. Je la cherche partout dans la maison (malin, j’avais pris la précaution de fermer la chatière à double tour) et finis par la repérer, planquée sous un meuble. Comme je sais maintenant qu’elle ne résiste pas à l’appel d’une balle de ping-pong qui rebondit devant sa truffe, je la piège en deux temps, trois mouvements. En voiture Simone!

La réceptionniste ne ressemble pas à l’image que je m’étais faite d’elle au téléphone. Ne vous fiez jamais aux voix suaves qui essaient de vous fourguer des trucs inutiles au bout du fil! Elle a l’air aussi sympathique qu’un douanier suisse en proie à un excès de zèle (oui, oui, ça leur arrive). Je m’attends d’ailleurs à ce qu’elle me demande si j’ai quelque chose à déclarer. En lieu et place, elle me désigne la pièce adjacente d’un index autoritaire.

Je ne sais pas si vous êtes déjà entré dans la salle d’attente d’un vétérinaire. Eh ben, c’est quelque chose! Je me suis assis entre une mémé à chien-chien qui trimballait un chihuahua déprimé dans son sac Vuitton et un jeune rappeur flanqué d’un rottweiler dont la tête disparaissait au fond d’une collerette plastique. «C’est pour pas que mon Attila se gratte!», me précise-t-il.

Evidemment, à l’arrivée de Zouc, les canidés ont commencé à s’agiter. Le premier a poussé de petits glapissements énervants et le second s’est mis à baver abondamment (j’avais peur qu’il se noie dans son entonnoir, ahahah!). J’étais un peu mal à l’aise là au milieu. Pire, je commençais même à m’apitoyer sur le sort de ma bestiole, coincée entre deux ennemis de sa race.

Heureusement, l’irruption d’une jeune femme en pleurs a permis de faire diversion. Elle était aux cent coups, s’en voulait à mort d’avoir écrasé sa souris. «Comment vous avez fait?», a demandé la dame au chihuahua. «Comme chaque matin au saut du lit, j’enfile mes pantoufles. Et là, j’ai senti qu’il y avait quelque chose de doux à l’intérieur. J’étais encore un peu endormie, alors j’ai cru que c’était une chaussette et j’ai poussé mon pied à fond.» Nouvelle crise de larmes.

La souris est amenée d’urgence en salle d’opération. «Pas vous mademoiselle!» On ne désobéit pas à un ordre aboyé par un sergent-major, même s’il porte des talons aiguilles. La jeune femme renifle et s’accroche au meuble de la réception comme Kate Winslet au bastingage du Titanic. Et avec elle, c’est toute la salle d’attente qui a fait naufrage…

Benutzer-Kommentare

Articles liés

Les chats aussi ont des problèmes de voisinage. Pas vrai Zouc? (Photo: Yago Hernandez)

Le chat-chat à son pépère

Le spectre de la stérilisation plane sur Zouc (Photo: Yago Hernandez).

Le chat-chat à son pépère

Le garde-manger secret de Zouc. (photo: Yago Hernandez)

Le chat-chat à son pépère

L'art et la manière d'empêcher Zouc de jouer avec la nourriture. (Photo: Yago Hernandez)

Le chat-chat à son pépère