23 septembre 2017

Z comme...

Le chat-chat à son pépère

Alain Portner et sa squatteuse aux dents longues. (Photo: Yago Hernandez)
Alain Portner et sa squatteuse aux dents longues. (Photo: Yago Hernandez)
Temps de lecture 2 minutes

Après moult aventures à rebondissements (voir les épisodes précédents), au cours desquelles j’ai fait preuve d’une résistance héroïque (non, non, ne ricanez pas!), me voilà dans la peau du vaincu, de celui qui doit ployer le genou devant plus fort que lui… Et oui, dans quelques jours (faut-il le rappeler?), je devrai céder une portion de mon territoire à un mistigri tout riquiqui!

Mais avant cela, il va falloir trouver un nom de baptême à cette bestiole, un blase à sa hauteur. Pour éviter des tirades meurtrières et des débats sanglants autour de la table de cuisine, je décide de prendre les devants, d’établir une liste de sobriquets pour minets. Enfin, pour cette satanée minette! Vingt minutes de réflexion, page blanche et désespoir.

De guerre lasse, je lance mon dernier neurone dans une recherche éperdue sur internet. J’étais alors loin d’imaginer (je sais, ma naïveté est touchante) qu’il existait de véritables catalogues de prénoms pour chats en ligne. Il y a même un site qui se vante de posséder «la banque de données la plus exhaustive du web, avec près de 30 000 références sans cesse enrichies ». Pas sûr qu’une chatte y retrouverait ses petits…

Un autre se propose de trouver à ma place (c’est tout ce que je demande!) un nom original à ma future colocataire en fonction de mes goûts et de ses couleurs. Qu’est-ce que je risque à essayer? Je sélectionne divers critères - genre, nombre de syllabes, robe, etc. -, tape OK et le truc me sort Choupette. Puissant, l’algorithme!!?

Retour à la feuille vierge, à l’angoisse de l’officier d’état civil au moment d’ouvrir son registre. Mais mes proches s’impatientent, ils prétendent avoir leur mot à dire et finissent par m’entraîner dans un échange musclé où les répliques fusent comme des rafales de kalachnikov. Ils suggèrent Câlina, je rétorque Cruella. Ils balancent Soja, je riposte Imelda (pas notre secrétaire bien-aimée, mais la collectionneuse de chaussures détestée). Ils susurrent Altesse, je réponds Lucrèce.

On pensait avoir épuisé l’ordre alphabétique, essoré nos méninges, ça sentait l’impasse, le conflit qui s’enlise… Jusqu’à ce que quelqu’un dégaine le prénom qui tue, celui que l’on signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire… ZOUC! Coup bas. Je reste sans voix. Comment refuser cette proposition malhonnête quand on est un fan inconditionnel de Mme von Allmen. J’ai donc conclu sobrement d’un trait piqué à cette humoriste qui nous manque: «Voilà, très bien, parfait, entendu, on en reste comme ça».

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