9 mars 2017

Chevauchée fantastique à… ski!

Vous avez dit ski joëring? Derrière ce nom barbare se cache une drôle d’activité sportive – un mélange de ski et d’équitation – qui se répand petit à petit dans les stations romandes. Nous l’avons testée à Siviez (VS), un hameau situé près de Haute-Nendaz.

Descendant d’une pratique ancestrale scandinave, utilisée par les paysans pour se déplacer 
en hiver, le ski joëring promet 
aujourd’hui de belles sensations fortes.
Descendant d’une pratique ancestrale scandinave, utilisée par les paysans pour se déplacer en hiver, le ski joëring promet aujourd’hui de belles sensations fortes. (Photo: Gregory Collavini)

- - -> Ne manquez pas notre démonstration en vidéo ci-dessous!

Partis un jour de brouillard pour découvrir le ski joëring (du ski nautique sur neige avec un cheval en guise de hors-bord), nous émergeons au soleil à l’entrée du Valais. Non, les météorologues ne sont pas payés par l’Office du tourisme de ce canton pour dire qu’il y fait toujours beau! «Quoique», penseront sans doute tout haut les mauvaises langues.

Le car postal vide sa cargaison d’amateurs de glisse à Haute-Nendaz (VS). Il faut encore se rendre jusqu’à Siviez (1733 m), un hameau situé à deux pas de là. Soit à ski, soit en empruntant la navette gratuite. Pour l’anecdote, il y a un car de la compagnie des bus de Monaco qui roule ici. Sans doute n’était-il plus assez chic pour arpenter les rues de la Principauté…

Le ski attelé est un sport hybride orignaires des pays nordiques qui mélange spatules et sabots.
Le ski attelé est un sport hybride orignaires des pays nordiques qui mélange spatules et sabots. (Photo: Gregory Collavini)

Gaëlle Perrier et Delphine Bertrand nous attendent déjà de pied ferme. Elles piaffent probablement d’impatience à l’idée de nous initier au ski joëring ou ski attelé en français, un sport hybride originaire des pays nordiques qui mélange spatules et sabots. D’où la présence à leurs côtés de Kasar et Nikita, deux magnifiques Franches- Montagnes à la robe tabac, respectivement âgés de 7 et 13 ans.

A l’aventure!

Nos drôles de dames nous invitent à faire connaissance avec ce hongre et cette jument. Nous passons donc nos doigts dans leur pelage d’hiver, puis nous nous reniflons mutuellement histoire de voir si nous avons quelques atomes crochus. A première vue, ça a l’air de coller entre nous.

Nous quittons la «chotte» (un abri d’alpage en parler valaisan) pour rejoindre le sentier tassé qui se trouve un peu plus haut. Pieds nus (ils ne sont pas ferrés), les coursiers grimpent allégrement. Chaussés de souliers de ski, nous avançons péniblement. Sur le plat, nous glissons nos petits petons dans les fixations pendant que Gaëlle et Delphine fixent les harnais, sortes de trapèzes composés de deux longes et d’une barre en bois.

Pour le ski joëring, les chevaux marchent pieds nus (ils ne sont pas ferrés).
Pour le ski joëring, les chevaux marchent pieds nus (ils ne sont pas ferrés). (Photo: Gregory Collavini)

L’heure est aux conseils de sécurité que nous écoutons religieusement (pas comme dans les avions!): ne pas passer derrière les chevaux, s’approcher d’eux en les prévenant, garder à ski une distance raisonnable avec les animaux, éviter qu’ils ne se prennent les pattes dans le harnais, etc.

Nous agrippons le trapèze comme si notre vie en dépendait. «Restez relax, nous n’allons pas démarrer en trombe! D’ailleurs, c’est vous qui nous dicterez l’allure.» Nous nous décrispons un poil. Nos hôtesses se mettent en selle, les bêtes s’ébranlent, nos bras se tendent…

Après une marche d’approche, nous arrivons sur le terrain de jeu proprement dit. Soit des chemins damés qui se croisent et s’entrecroisent dans une clairière paradisiaque bordée de mélèzes ensommeillés. Avec vue sur les Alpes d’un côté et sur le barrage de Cleuson de l’autre. Ici, à la belle saison, broutent des vaches de la race d’Hérens.

Au pas, au trot, au galop!

Comme le terrain est vallonné, nous alternerons descentes et montées.

«Lorsque ça descend, vous irez plus vite que les chevaux. Donc, vous devrez freiner en faisant le triangle, le chasse-neige ou la pizza comme on dit aujourd’hui.»

Nous aurons aussi à slalomer entre les petits tas de crottin tout fumants qui fleuriront le long du parcours.

Notre reportage en vidéo (Images: Gregory Collavini)

Kasar et Nikita s’élancent au petit trot. Début mollo, mollo. Comme les amazones en doudoune voient que nous prenons de l’assurance (on arrive très bien à se débrouiller sans être un pro du ski ou de l’équitation), elles poussent un peu leurs montures. «Ça va?» Plutôt que ça va, on aimerait bien accélérer le tempo. «Prêt pour un galop?» On opine du chef.

C’est parti et ça déménage! Nous plions les genoux et nous cramponnons à la barre. L’instant est magique, la chevauchée fantastique: il y a cette odeur si caractéristique des équidés, leur souffle puissant lorsqu’ils expulsent l’air par leurs naseaux dilatés, le bruit étouffé que font leurs sabots en labourant la piste, et la neige qui vole dans tous les sens… Autant de sensations qui nous transportent, nous font voyager jusque dans les steppes mongoles.

«Le galop, c’est rigolo! Mais les chevaux ne fonctionnent pas comme des remontées mécaniques, ils ont besoin d’intervalles plus tranquilles pour récupérer…» Le hongre et la jument ralentissent de concert et nous émergeons de nos pensées aventurières. Encore quelques tours et puis nous retournons gentiment au point de départ.

Descendant d’une pratique ancestrale scandinave, utilisée par les paysans pour se déplacer en hiver, le ski joëring promet aujourd’hui de belles sensations fortes.
Descendant d’une pratique ancestrale scandinave, utilisée par les paysans pour se déplacer en hiver, le ski joëring promet aujourd’hui de belles sensations fortes. (Photo: Gregory Collavini)

Delphine et Gaëlle dessellent leurs destriers. Nikita en profite pour aller s’ébrouer dans la neige. «Ils aiment cette activité, ils sont heureux de travailler.» Du foin, de l’eau, quelques granulés et une couverture sur le dos: les cavalières sont aux petits soins pour ces Franches-Montagnes au caractère si affable.

Il est déjà l’heure de se quitter. Nous n’avons pas vu le temps passer. Poignées de mains et petites tapes amicales sur l’encolure des chevaux. Nous nous reverrons peut-être un jour pour une nouvelle échappée belle que l’on rêverait cette fois-ci plus longue et plus intense encore…

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