20 octobre 2017

Et toi, as-tu déjà nettoyé tes placards?

Qui dit nouveau couple, dit nouvelles règles. Un décrassage en bonne et due forme des vieilles habitudes est de mise. Fini la vie de célibataire ou les restes d’un couple fantôme. Pour accueillir un nouvel amour, on range ses placards, on fait place neuve.

Pour accueillir un nouvel amour, on range ses placards, on fait place neuve.
Pour accueillir un nouvel amour, on range ses placards, on fait place neuve. (photo: iStock)
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L’autre jour, je buvais un verre avec mon ami John que je n’avais pas revu depuis quelque temps. Dans la discussion, il m’annonce qu’il est en couple. Je tique quand il me dit qu’il est à présent dans la phase de «nettoyage des placards». C’est quoi ça? J’ai loupé un épisode?

- Tu déménages?

- (Il rigole.) Mais non! Le nettoyage des placards est une sorte de préambule de la relation durant laquelle on fait état de notre changement de statut. On se donne le temps de clarifier les ambiguïtés qu’il pourrait y avoir avec certaines personnes de notre entourage et de mettre un terme à des affaires en cours.

- Mouais, c’est pas encore un de ces moyens faciles de ne pas vraiment s’engager dans la relation au début, comme dans une phase test?

- (Il redevient sérieux.) Non pas du tout. L’engagement est là. Je suis en couple. Mais soyons honnêtes, lorsqu’on est célibataire, personne ne nous dis ce qu’on doit faire ou pas. On parle à plusieurs personnes parallèlement, les portes sont ouvertes aux rencontres. On est libre, quoi. Du coup, au moment de s’engager, notre passé est toujours là. Il faut se débarrasser de certaines habitudes et régler les éventuels conflits d’intérêt.

- Je vois. Et tu entends quoi exactement par conflit d’intérêt?

- Un type qui laisse des espoirs à son ex ou une serial-clubbeuse qui sort avec un homme casanier, il y a conflit d’intérêt. Ou bien quelqu’un qui s’est habitué à vivre en solo et à ne faire attention qu’à lui et à papillonner. Là aussi il peut y avoir conflit d’intérêt. Tu me suis?

- Comme pour le mangeur de steak qui sort avec la militante végane. C'est ça?

- Ouais. Tu as capté l'idée.

- Mais tu crois pas que tout cela va de soi?

- Non, car on part du principe qu’on arrive tout frais dans une relation. Mais c’est faux. On traîne tous des casseroles, on a des routines. Et ça demande un travail, une prise de conscience, il faut être prêt.

- C’est vrai que l’on ne parle jamais de l’importance de cette phase. Ça commence à m’intéresser. Continue…

- Beaucoup de couples ne durent pas à cause de ça. On accuse souvent les gens d’avoir «changé» par rapport à avant. Mais on doit tous s’adapter un peu pour rendre sa relation agréable. C’est une question de compromis. Sinon on est dans la lutte constante. Après ça se fait plus ou moins en douceur.

- Donc si on récapitule, durant cette période on fait de l’ordre dans notre bordel de célibataire, on balaie les ruines d’anciennes relations. On sort le singe du placard, on fait de la place sur les étagères pour ce nouvel amour. C’est ça?

- C’est exactement ça!

Le syndrome L’amour est dans le pré


Nettoyer ses placards... la discussion avec John continue de trotter dans ma tête. En regardant la dernière saison de L’amour est dans le pré, le postulat de mon ami me saute aux yeux: la vie de couple ne va pas de soi. Il y a des habitudes sacrément bien ancrées souvent rédhibitoires dans une relation. Et ce n’est ni Karine Lemarchand, ni les nombreuses prétendantes – déçues ou persévérantes – de l’émission qui diraient le contraire.

Au fil des épisodes, la réalité du quotidien rattrape vite les tourtereaux. Les sympathiques agriculteurs des portraits se muent en ours bourrus au petit matin, les belles des champs ont du foin dans les cheveux et des bottes en caoutchouc aux pieds et les gentils apprentis en amour deviennent des princes charmants de la goujaterie. Et pour couronner le tout, le paysage bucolique de champs dorés a fait place à une campagne morne embaumant le purin. On est bien loin du grand frisson des speed dating.

Je me rappelle la scène embarrassante d’un petit-déjeuner où l’un de ces bonhommes décroche à peine un bonjour aux dames venues le séduire, trop occupé à boire bruyamment son café. Dans leur environnement naturel, les agriculteurs offrent plus souvent des déceptions que du glamour. Certes, les prétendant(e)s devaient bien en être conscientes, mais la réalité est brutale.

Adieu tact, délicatesse et romantisme, bonjour veaux, vaches, cochons et désillusions.

La voix de John résonne alors à mon souvenir. Pourquoi ces agriculteurs ont-ils tant de mal à faire de la place à l’autre? Soit ils supposent que leurs prétendant(e)s savent dans quoi ils/elles s’embarquent en leur écrivant: le quotidien à la ferme est difficile et c’est comme ça. Et puisqu’ils/elles le savaient, ce n’est pas à eux de changer leur attitude. Ou soit leur vie les a modelés de telle façon qu’ils ont du mal à agir autrement. Solitude, dureté de leur profession, horaires difficiles, renfermement, décès, divorces, inexpérience en amour, par égoïsme ou par méconnaissance,l'étape où l’on fait de la place pour le partenaire peine à venir.

Et concrètement?


Laissons les étables et revenons à nos placards. Mise à l’épreuve de la réalité, la théorie de John semble prendre tout son sens. Alors on fait quoi durant ce préambule amoureux au parfum de Cillit Bang? On invite tous ses amis pour un barbecue informatif? On supprime les applications de rencontre de notre téléphone? On change son statut sur les réseaux sociaux?
Pourquoi pas. Mais au final, on peut résumer cette étape à un grand tri personnel. Il ne s’agit pas de tout jeter et de faire table rase mais plutôt de se débarrasser de ce qui risque d’obstruer cette nouvelle harmonie. On se remet en question. Le maître-mot est compromis. Ainsi, la clubbeuse invétérée pourrait sacrifier certaines de ses folles soirées pour des tête-à-tête romantiques et l'amateur de viande découvrirait les délices d'une alimentation végétalienne.


Bref, on pense en équipe et on se souvient que seul, on va plus vite mais qu’ensemble on va plus loin.

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