9 mai 2019

Témoin à charge

«50 nuances de regrets», c’est le titre du recueil de chroniques que vient de publier la comédienne et humoriste Claude-Inga Barbey. De sa plume tendre et acérée, elle y consigne avec drôlerie les petits tracas et grands tourments du quotidien.

Avec ses chroniques, Claude-Inga Barbey aimerait donner aux gens la force de rire des petits agacements de tous les jours (photo: Nicolas Righetti/Lundi13).

Claude-Inga Barbey est comédienne, écrivaine, maman, pendulaire et maîtresse d’un chien baptisé Monk. Elle est aussi ethnologue amatrice ou plutôt observatrice zélée de nos combats ordinaires, de nos existences contrariées par ces fichus bancomats qui avalent nos cartes, par ces satanés codes qui se multiplient comme des petits pains, par ces soirées de parents auxquelles on aimerait échapper, par ces ados qui sont scotchés à leur smartphone comme des moules à un rocher…

Et toutes ces petites choses qui pourrissent nos vies, toutes ces tartines qui retombent côté confiture, elle en fait des chroniques mordantes pour le Matin Dimanche (cinquante d’entre elles viennent d’être réunies dans un recueil publié aux Éditions Favre). Elle profite aussi de ces billets d’humeur pour avouer ses peurs ou encore secouer notre mauvaise conscience (face au racisme rampant, face aux drames devant lesquels nous restons les bras ballants…). Tout cela évidemment sur un ton pas très politiquement correct: «Les sportifs m’agacent, avec cette manière qu’ils ont de nous culpabiliser d’être alcooliques et fumeurs.»

En fait, en évoquant ses failles, ses emmerdes, ses interrogations, ses agacements, cette quinqua parle tout simplement de nous avec beaucoup d’humour, un peu de rage et pas du tout de désespoir. «Je suis une humoriste, et mon travail, c’est de consoler les gens, en leur disant par exemple: «Faites l’amour, pas les soldes…? Oui, mais il arrive un âge où on préfère faire les soldes.» Mon travail est de donner la force aux gens de rire d’eux-mêmes, en riant d’abord de moi-même.»

À lire: «50 nuances de regrets», Claude-Inga Barbey, Éd. Favre. En vente sur exlibris.ch

QUESTIONNAIRE DE PROUST

Quel est votre plus grand regret?

D’avoir vendu ma première maison, mon héritage.

Que changeriez-vous dans votre biographie?

Mon prénom, j’aurais aimé avoir un prénom normal comme Jeanne ou Simone.

Qui auriez-vous aimé être?

Un écrivain qui n’a pas besoin d’argent pour vivre.

Dans quelle autre branche auriez-vous aimé travailler?

La psychiatrie.

Et dans quel secteur vous aurait-il été impossible d’œuvrer?

La banque.

Quel est votre principal trait de caractère?

L’opiniâtreté.

Votre plus vilain défaut?

L’angoisse d’anticipation.

Le don de la nature qui vous manque?

La capacité d’abandon, de laisser aller...

Le rêve que vous aimeriez accomplir?

Écrire un grand roman pas drôle.

Votre pire cauchemar?

Les incendies.

Qu’est-ce qui vous fâche?

L’injustice.

Quelle est votre occupation favorite?

Lire, lire et encore lire.

Comment souhaiteriez-vous mourir?

Sans m’en rendre compte.

Si Dieu existe, que voudriez-vous qu’il vous dise?

«Je suis avec toi chaque instant, tu n’es pas seule.»

En qui ou en quoi aimeriez-vous être réincarnée?

En écureuil.

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